15/04/2017 17:31
La République populaire démocratique de Corée (RPDC) est prête à répondre par le nucléaire à toute attaque nucléaire qui la viserait, a mis en garde samedi 15 avril Pyongyang, répondant indirectement au président américain qui a promis de "traiter" le "problème" nord-coréen.
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Avant le début de la gigantesque parade militaire organisée à Pyongyang à l'occasion du 105e anniversaire de Kim Il-Sung (fondateur de la République populaire démocratique de Corée, RPDC), la RPDC a déclaré qu'elle était "prêt à répondre à une guerre totale par une guerre totale".

"Nous sommes prêts à répliquer à toute attaque nucléaire par une attaque nucléaire de notre façon", a insisté Choe Ryong-Hae lors d'une cérémonie précédant cette parade militaire, alors que le porte-avions américain Carl Vinson et sa flotille font route vers la péninsule coréenne.

Dans une déclaration diffusée vendredi 14 avril par KCNA - l'agence de presse officielle de la RPDC -, l'armée nord-coréenne avait quant à elle assuré que les bases américaines en Républioque de Corée, "tout comme les quartiers généraux du Mal", tels que la présidence sud-coréenne à Séoul, seraient "pulvérisés en quelques minutes" en cas de guerre.

Ce discours de Choe samedi 15 avril a précédé la parade elle-même, lors de laquelle des milliers de soldats ont défilé au pas de l'oie devant le leader Kim Jong-Un, après avoir patienté des heures dans des centaines de camions alignés le long des rives du Taedong, le fleuve qui traverse la capitale nord-coréenne.
 
Depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953), Pyongyang assure avoir besoin de l'arme nucléaire pour se protéger d'une possible invasion américaine.
Photo : AFP/VNA/CVN

La Russie "très inquiète"

Outre la célébration du "Jour du Soleil", nom officiellement donné au jour de la naissance de Kim Il-Sung (15 avril 1912 - 8 juillet 1994), le grand-père de l'actuel numéro un Kim Jong-Un, il s'agit pour ce pays d'adresser un message sans équivoque aux États-Unis, à la République de Corée et au Japon sur sa puissance militaire.

Selon de nombreux observateurs, la RPDC, dont le programme nucléaire est à l'origine de tensions internationales grandissantes, pourrait profiter de cette date-anniversaire pour procéder samedi 15 avril à un nouveau tir de missile balistique, voire même à son sixième essai nucléaire, deux manoeuvres interdites par la communauté internationale.

Avant de promettre de "traiter" le "problème" nord-coréen, jeudi 13 avril, le président Donald Trump avait annoncé l'envoi vers la péninsule coréenne du porte-avions Carl Vinson et de trois navires lance-missiles, puis évoqué une "armada" comprenant des sous-marins. Un déploiement qualifié d'"insensé" par  Pyongyang.

De son côté, la Chine a averti vendredi 15 avril qu'un "conflit peut éclater à tout moment" : quiconque en sera à l'origine "devra assumer une responsabilité historique et en payer le prix", a martelé le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, répétant que "le dialogue est la seule issue".

"Très inquiète", la Russie a de son côté appelé toutes les parties à la "retenue" et mis en garde contre "toute action qui pourrait être interprétée comme une provocation".

Une bombe pour avertissement

Pyongyang est sous le coup de nombreuses sanctions imposées par les Nations unies en raison de ses programmes nucléaires et balistiques et de son ambition de se doter d'un missile capable d'atteindre les États-Unis. La RPDC a déjà effectué cinq tests nucléaires, dont deux l'année dernière. Fin mars-début avril, elle a effectué trois tirs de missiles balistiques qui ont atteint la mer du Japon.

Jeudi 13 avril, une semaine après avoir frappé la Syrie, les États-Unis ont utilisé en Afghanistan la plus puissante bombe américaine non-nucléaire jamais larguée, surnommée "la mère de toutes les bombes". Le largage de cette bombe, qui intervient au moment où les tensions sont exacerbées avec Pyongyang, a été largement interprété comme un signal adressé à la RPDC.

"Le vainqueur ne sera pas celui qui tient les propos les plus durs ou qui montre le plus ses muscles", a cependant insisté vendredi 14 avril Wang Yi, sans citer explicitement les initiatives américaines. "Si une guerre a lieu, le résultat sera une situation dont personne ne sortira vainqueur".


AFP/VNA/CVN

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