05/03/2017 16:44
Des dizaines de milliers de civils, avec leur maigres bagages, fuient les violents combats accompagnant l'avancée de l'armée syrienne soutenue par l'allié russe face aux jihadistes du groupe État islamique (EI) dans la province d'Alep.
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Une enfant syrienne ayant fui les combats à Kharoufiya, près de Minbej, le 4 mars 2017.
Photo : AFP/VNA/CVN

Depuis une semaine, "plus de 30.000 civils, en majorité des femmes et des enfants, ont fui l'avancée de l'armée" dans l'est de la province d'Alep", a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

En voiture, en moto ou dans des pick-up, de nombreux civils, en majorité des femmes et des enfants, se dirigeaient samedi 4 mars vers Minbej, aux mains des Forces démocratiques syriennes (FDS, alliance de combattants kurdes et arabes), selon un journaliste de l'AFP.

Le visage fatigué, ils attendaient dans de longues files l'autorisation de pouvoir entrer dans la ville, les FDS procédant aux vérifications nécessaires pour s'assurer qu'aucun jihadiste ne se trouvait parmi ces civils.

"Le nombre de déplacés a atteint plus de 40.000 et ne cesse de croître à cause des combats entre le régime et Daech", un acronyme en arabe de l'EI, a affirmé Ibrahim al-Qouftane, co-président de l’administration civile de Minbej. "Leur situation est très difficile", a-t-il ajouté.

"Nous avons quitté nos maisons les mains vides, sans fioul, sans pain. Nos enfants sont affamés", raconte Joumana, qui a fui avec ses deux enfants son village tenu par l'EI.

Les enfants "sont toujours effrayés quand ils entendent le bruit des avions", poursuit cette femme de 25 ans qui s'est réfugiée dans le village de Kharoufiya, près de Minbej.

Combats très violents

Les jihadistes de l'EI occupent une grande partie du sud-est de la province d'Alep. En janvier, les troupes du régime de Bachar al-Assad, soutenues par les aviations syrienne et russe, ont lancé une offensive pour les chasser de la province. Elles ont fait la jonction avec les FDS, au sud de Minbej, située dans l'est de la province d'Alep.

Les combats étaient samedi 4 mars d'une très grande violence, a indiqué l'OSDH, sans fournir de bilan. Les forces gouvernementales ont pris samedi 15 villages et villes dans la province, selon l'agence officielle Sana.

L'objectif de l'armée est d'atteindre la localité d'al-Khafsa, à une vingtaine de km au sud de Minbej, où se trouve une station de pompage d'eau alimentant la capitale provinciale d'Alep, mise hors service par l'EI depuis un mois et demi. Selon l'OSDH, elle se trouvait samedi 4 mars à 13 ou 14 km d'al-Khafsa.

À Minbej, la situation risque de se détériorer, selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane : "la ville accueille déjà des dizaines de milliers de déplacés, qui ont fui les affrontements précédents". "Cela va être difficile d'accueillir cette nouvelle vague de déplacés", a-t-il ajouté.

À l'ouest de Minbej, d'autres protagonistes se font la guerre depuis mercredi 1er mars : des rebelles syriens aidés par l'armée turque livrent des combats aux FDS, appuyées par la coalition internationale dirigée par Washington.

Civils tués

Des blindés des forces militaires de Minbej, alliées des Forces démocratiques syriennes, patrouillent à Minbej, le 3 mars 2017.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les soldats turcs et leurs alliés voudraient s'emparer de Minbej, un point central pour affaiblir les forces kurdes, avant de faire mouvement vers Raqa, principal fief de l'EI en Syrie, pour participer à la bataille et s'assurer ainsi une large zone sous son autorité dans le Nord syrien.

La Turquie veut empêcher notamment la création d'une bande frontalière tenue par des combattants kurdes qu'elle considère comme des "terroristes".

Sur un autre front, dans la ville antique de Palmyre (Centre), reprise jeudi 2 mars par l'armée après en avoir chassé une nouvelle fois l'EI, les forces du régime ont totalement pris le contrôle de l'aéroport après avoir fini le travail de déminage, selon l'OSDH.

Les aviations syrienne et russe menaient samedi 4 mars des raids au nord et à l'est de Palmyre contre des positions jihadistes, a indiqué la même source. 

La coalition internationale a par ailleurs reconnu samedi 4 mars avoir tué "au moins 220" civils depuis le début des opérations militaires contre les jihadistes à l'été 2014.
 
AFP/VNA/CVN
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