15/11/2016 10:31
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) dues aux énergies fossiles ont stagné pour la troisième année consécutive : un signal encourageant dans la lutte contre le changement climatique mais insuffisant pour stopper la hausse du thermomètre mondial, qui devrait battre un nouveau record en 2016.
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L'année 2016 devrait battre un nouveau record de chaleur avec une température planétaire moyenne supérieure d'environ 1,2°C au niveau de l'ère pré-industrielle. Photo : AFP/VNA/CVN

En 2015, les émissions dues aux énergies fossiles (les trois quarts des émissions globales) avaient déjà plafonné et, selon une étude du Global Carbon Project publié lundi 14 novembre en marge de la conférence de l'ONU sur le climat (COP22) à Marrakech, elles vont à peine augmenter en 2016 (+0,2% prévu) malgré des prévisions de croissance économique mondiale de l'ordre de 3%. En 2014, la croissance des GES avait été de tout juste 0,7%.

Cette quasi-stagnation constitue une rupture avec la décennie 2004-2013 (2,3% de hausse annuelle moyenne), montrant qu'il est possible de dissocier croissance économique et production de gaz à effet de serre issues des activités humaines.

"Cette 3e année quasiment sans croissance d'émissions est sans précédent en période de forte croissance économique", souligne l'auteure principale de l'étude, Corinne Le Quéré, de l'université britannique d'East Anglia.

Cette "rupture claire" a été possible grâce à la Chine, premier émetteur mondial, qui a réduit son recours au charbon, souligne le Global Carbon Project.

Pour autant, l'urgence d'une action globale de plus grande ampleur n'a jamais été aussi forte.

Une stagnation des émissions, "ce n'est pas assez", poursuit Corinne Le Quéré, rappelant que "les émissions mondiales doivent maintenant baisser rapidement" pour contenir la hausse de la température mondiale en deçà de 2°C.

Au-delà de ce seuil, les chercheurs estiment qu'il sera extrêmement difficile de s'adapter aux nouvelles conditions climatiques dans de nombreuses zones du monde, du fait de la multiplication des sécheresses, des vagues de chaleur, des inondations et de l'augmentation du niveau de la mer.

L'objectif de 2°C, voire de 1,5°C, est inscrit dans l'accord de Paris, mais au rythme actuel des émissions il sera atteint dès 2030. Et largement dépassé ensuite.

Un rapport publié lundi 14 novembre par l'Organisation météorologique mondiale (OMM) illustre la course contre la montre en cours.

L'Arctique en surchauffe

Selon l'OMM, 2016 devrait battre un nouveau record de chaleur avec une température planétaire moyenne supérieure d'environ 1,2°C au niveau de l'ère pré-industrielle. "Si cela se confirmait, le XXIe siècle compterait 16 des 17 années les plus chaudes constatées depuis le début des relevés" à la fin du XIXe siècle, relève l'organisation.


Au-delà de la température moyenne du globe, l'OMM met en avant d'autres indicateurs marquants en 2016 : la concentration des principaux gaz à effet de serre dans l'atmosphère atteint des niveaux sans précédent, l'étendue de la banquise arctique a été la deuxième plus faible (après celle de 2012) et la fonte des glaces du Groenland "très marquée".

"Dans de nombreuses régions arctiques et subarctiques de la Russie, de l'Alaska et du Nord-Ouest du Canada, la température a dépassé la normale d'au moins 3°C", a aussi souligné Petteri Taalas, le secrétaire général de l'OMM.

Sur terre, des records de chaleur absolus ont été battus dans plusieurs régions : 42,7°C à Pretoria, 38,9°C à Johannesbourg, 44,6°C en Thaïlande, 51°C en Inde.

Provoquée par le réchauffement, la modification des régimes climatiques qui se profile va de pair avec des catastrophes naturelles plus fréquentes et plus intenses, alertent les spécialistes.

La Banque mondiale a d'ailleurs révélé lundi 14 novembre une nouvelle estimation des pertes liées aux cataclysmes naturels, selon une approche prenant davantage en compte les dégâts subis par les plus pauvres. Ces pertes atteignent 520 milliards de dollars par an et font basculer chaque année 26 millions de personnes dans la pauvreté, estime l'institution.

À Marrakech, ces chiffres sont venus alimenter les difficiles débats sur le financement de l'adaptation au changement climatique, très insuffisant au regard des besoins.

Le négociateur chinois, Xie Zhenhua, a affirmé que son pays était engagé dans des projets de coopération avec les pays en développement et a confirmé les objectifs de Pékin de réduction des émissions.

Mardi 15 novembre, les représentants - chefs d'État et ministres - des pays signataires de l'accord de Paris, ainsi que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, sont attendus à Marrakech pour lancer la phase plus politique de la COP22.

AFP/VNA/CVN

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