Wall Street clôt en petite forme la dernière séance d'un mois volatil

La Bourse de New York a clos en petite forme mardi 31 mai la dernière séance d'un mois chahuté et volatil, alors que les inquiétudes sur l'inflation continuent de préoccuper les investisseurs.

>>Malgré l'inflation américaine, Wall Street termine en hausse, le S&P 500 à un record

>>Wall Street termine en très modeste hausse dans l'attente d'indicateurs

La façade du New York Stock Exchange.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'indice Dow Jones des valeurs vedettes a conclu en repli de 0,67% à 32.990,12 points. Le Nasdaq, à forte teneur technologique, a lâché 0,41% à 12.081,39 points et le S&P 500 a cédé 0,63% à 4.132,15 points.

Sur le mois, après les turbulences du marché provoquées notamment par la première hausse des taux d'un demi-point de pourcentage décidée par la banque centrale américaine (Réserve fédérale, Fed) début mai, le Nasdaq est en repli de 2%. Le Dow Jones et le S&P 500 sont eux parvenus à rester marginalement en hausse.

"L'inflation persistante qui a poussé la Fed à adopter récemment une politique monétaire sévère suscite des inquiétudes quant à un ralentissement de l'activité économique et à la possibilité de tomber en récession", ont résumé les analystes de Schwab.

C'est l'indice des prix à la consommation européens qui a tiré à nouveau le signal d'alarme mardi 31 mai en affichant une inflation à 8,1% sur un an en mai, un record, selon Eurostat.

Les Bourses européennes ont accusé le coup et à l'ouverture à New York, Wall Street a mal accueilli ces données avant de limiter les pertes.

Du côté du pétrole, les cours du Brent (variété européenne de référence) ont caracolé au-dessus de 124 dollars le baril, à un niveau plus vu depuis début mars, enflammés par l'annonce d'un embargo décidé sur l'essentiel du pétrole russe par l'Union européenne.

Ce bond des cours a encouragé les prises de bénéfices et les prix du baril se sont ensuite tassés pour terminer la séance en ordre dispersé.

Sensible à l'inflation, le prix des obligations du Trésor a baissé, tandis que les rendements des bons à 10 ans se sont sensiblement tendus à 2,87% contre 2,73% à la dernière clôture.

Et "les commentaires bellicistes du gouverneur de la Fed Christopher Waller ont montré son soutien pour une augmentation des taux de 0,50% lors des prochaines réunions", jusqu'en septembre, soulignaient les analystes de Wells Fargo.

Jusqu'ici les marchés anticipent plutôt deux hausses de cet ordre seulement, en juin et en juillet.

La rencontre inhabituelle du président Joe Biden avec le patron de la Fed, Jerome Powell, mardi 31 mai dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, a eu toute l'attention des investisseurs, l'inflation galopante étant au menu de la réunion.

À deux semaines d'une réunion du Comité monétaire de la Fed et d'une prochaine très probable forte hausse des taux, Jerome Powell s'est gardé de tout commentaire.

Quant au président américain, il a dit vouloir discuter de l'inflation, "sa plus grande priorité", tout en promettant de préserver l'indépendance de la Fed.

Au rang des indicateurs, la confiance des consommateurs s'est légèrement dégradée en mai aux États-Unis, ceux-ci prévoyant de moins dépenser dans les mois à venir à cause de la forte inflation persistante.

"Les intentions d'achat pour les voitures, les maisons, les gros appareils électroménagers, etc. ont toutes ralenti, ce qui reflète probablement la hausse des taux d'intérêt", a commenté Lynn Franco, responsable des indicateurs économiques au Conference Board.

"L'inflation reste une préoccupation majeure pour les consommateurs", a-t-elle ajouté.

Mercredi 1er juin, les marchés auront un avant-goût de l'état du marché du travail aux États-Unis avec l'enquête mensuelle d'ADP sur les embauches dans le secteur privé, avant les chiffres officiels de l'emploi pour mai attendus vendredi 3 juin.

Neuf des onze secteurs du S&P ont terminé dans le rouge mardi 31 mai, à commencer par l'énergie (-1,65%), les matériaux (-1,60%) et l'immobilier (-1,34%).

La plateforme de gestion des relations clients Salesforce a annoncé une baisse de son bénéfice, mais moins forte qu'attendue. Le titre gagnait 5,62% dans les échanges électroniques après la fermeture, alors qu'il avait terminé en baisse de 2,94% à 160,24 USD.

Le fabricant d'ordinateurs et d'imprimantes HP a lui publié des ventes trimestrielles meilleures que prévu. Le titre cédait 0,21% après la clôture.

Le fabricant de puces Qualcomm a gagné 2,48% à 143,22 USD, alors qu'il est intéressé par une participation dans le groupe de semi-conducteurs Arm à l'occasion de l'introduction en Bourse du fabricant britannique racheté par Softbank en 2016.


AFP/VNA/CVN