>> Vietnam - R. de Corée : coopération renforcée dans des secteurs économiques clés
>> Vers une prospérité partagée et durable entre le Vietnam et la République de Corée
![]() |
| Le Professeur Park Yeon Kwan, chef du Département de vietnamien de l’Université des études étrangères de République de Corée. |
| Photo : VNA/CVN |
Selon le Professeur Park Yeon Kwan, dans le contexte où les relations Vietnam - République de Corée ont été élevées au niveau de Partenariat stratégique intégral, l’éducation, notamment l’enseignement des langues et la formation des ressources humaines, constitue désormais un fondement important pour promouvoir un développement durable des relations bilatérales.
Évoquant son parcours lié au Vietnam, le Professeur a indiqué avoir choisi le vietnamien et les études vietnamiennes comme spécialité en 1988, à une époque où les deux pays n’avaient pas encore établi de relations diplomatiques et où leurs échanges étaient encore limités. Il avait alors constaté que la République de Corée manquait cruellement de spécialistes du Vietnam et estimé que la politique de Renouveau (Dôi Moi), lancée peu auparavant par le Vietnam, ouvrirait de nouvelles perspectives pour les relations entre les deux pays.
Selon le Professeur Park Yeon Kwan, l’évolution des relations Vietnam - République de Corée au cours des dernières décennies a confirmé la pertinence de ce choix. Les deux pays connaissent aujourd’hui des échanges entre leurs peuples d’une ampleur considérable. Quelque 190.000 Sud-Coréens vivent au Vietnam, tandis qu’environ 340.000 Vietnamiens résident en République de Corée. En 2025, quelque 4,33 millions de Sud-Coréens se sont rendus au Vietnam, tandis qu’environ 630.000 Vietnamiens ont voyagé en République de Corée.
Dans ce contexte, les échanges parlementaires jouent un rôle important en permettant de mieux refléter la voix et les intérêts des populations, tout en complétant la diplomatie de haut niveau et la diplomatie gouvernementale. Selon le professeur, les deux Assemblées nationales peuvent renforcer leurs échanges sur des questions directement liées à la vie des citoyens, telles que l’éducation, l’emploi, les entreprises, l’immigration et les échanges culturels.
La forte progression de l’enseignement du coréen au Vietnam constitue l’un des exemples les plus révélateurs du développement des relations bilatérales. En 2025, 48 universités vietnamiennes proposaient des formations en langue coréenne et/ou en études coréennes, avec 27.222 étudiants inscrits. En incluant les personnes étudiant le coréen en dehors de leur cursus principal, le nombre total d’apprenants dépassait 50.000. Quelque 60 établissements d’enseignement supérieur, de formation collégiale et de formation professionnelle proposaient des formations spécialisées dans ce domaine.
De leur côté, les étudiants sud-coréens apprenant le vietnamien disposent eux aussi de nombreuses perspectives professionnelles. Ils peuvent travailler non seulement dans de grands groupes tels que Samsung, Hyundai et POSCO, mais également dans des domaines comme la diplomatie, le droit, la comptabilité et le journalisme.
Le Professeur Park Yeon Kwan estime que l’enseignement des langues doit à l’avenir aller au-delà de la simple acquisition de compétences linguistiques. Il convient de former des ressources humaines maîtrisant les langues tout en possédant une connaissance approfondie de l’histoire, de la culture, de l’économie et de la société des deux pays. Ces personnes constitueront une force importante pour servir de pont entre le Vietnam et la République de Corée.
Concernant la coopération entre les établissements d’enseignement et de recherche, le professeur estime que les deux pays disposent de bases solides pour élargir leurs partenariats. L’Université des études étrangères de Corée entretient actuellement des relations d’échanges d’étudiants et d’enseignants ainsi que de coopération académique avec plusieurs grandes universités vietnamiennes, notamment l’Université nationale de Hanoï, l’Université nationale de Hô Chi Minh-Ville, l’Université pédagogique de Hanoï et l’Université pédagogique de Hô Chi Minh-Ville.
À l’avenir, la coopération devrait évoluer au-delà des échanges d’étudiants et d’enseignants pour privilégier des formes plus substantielles, telles que la recherche conjointe, la conception de programmes de formation communs et la formation conjointe de ressources humaines dans de nouveaux domaines.
Les secteurs tels que l’intelligence artificielle (IA), les technologies numériques, les semi-conducteurs, les biotechnologies et la santé, l’environnement et l’énergie offrent notamment d’importantes possibilités de coopération entre les universités et les instituts de recherche des deux pays en matière de formation et de recherche.
Soulignant le rôle de la jeune génération, le Professeur Park Yeon Kwan a estimé que les jeunes qui apprennent le vietnamien ne devraient pas considérer cette langue comme une simple langue étrangère, mais chercher à mieux comprendre le Vietnam. Avec des échanges commerciaux bilatéraux ayant atteint environ 94,6 milliards de dollars en 2025, les relations économiques entre les deux pays sont de plus en plus étroites, offrant aux jeunes de nombreuses possibilités de contribuer au développement des relations bilatérales.
Selon le Professeur, la coopération éducative de demain ne devrait pas se limiter à "échanger des personnes", mais évoluer vers la formation conjointe des ressources humaines et la recherche commune pour préparer l’avenir. Il adresse ainsi aux jeunes un message: au lieu de se demander pourquoi apprendre le vietnamien, il faut réfléchir à ce que l’on peut accomplir ensemble avec le Vietnam.
VNA/CVN



