21/01/2017 16:31
Donald Trump, nouveau président des États-Unis, a signé vendredi 21 janvier un premier décret contre l'emblématique loi "Obamacare" de son prédécesseur, engageant la politique de rupture présentée plus tôt au monde dans un discours aux accents populistes et nationalistes.
>>Donald Trump à Washington, aux portes de la Maison-Blanche

 Après sa prestation de serment et son discours au Capitole en milieu de journée, il a assisté au défilé traditionnel suivant l'investiture des présidents américains, puis a rapidement signé son premier décret en début de soirée, dans le Bureau ovale.

Il y ordonne à son administration d'accorder le plus d'exemptions possibles à la réforme du système de santé de 2010, détestée des conservateurs pour son coût et sa lourdeur, en attendant son abrogation par le Congrès. Avant de dormir pour la première fois à la Maison Blanche, le milliardaire devait encore participer à trois grands bals dans la capitale fédérale.

Quelques heures plus tôt, main gauche sur la Bible, main droite levée, le magnat de l'immobilier, qui arrive au pouvoir sans la moindre expérience politique, diplomatique ou militaire, avait prêté serment en plein air, sur les marches du Capitole.

L'homme d'affaires républicain de 70 ans succède à la tête de la première puissance mondiale au démocrate Barack Obama, 55 ans.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Rendre le pouvoir au peuple"

"Je jure solennellement de remplir fidèlement les fonctions de président des États-Unis et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des États-Unis", a-t-il déclaré. Ceux qui espéraient découvrir un "président Trump" profondément différent du "candidat Trump" ont été déçus : le septuagénaire a entamé son mandat sur la même tonalité, promettant de "rendre le pouvoir au peuple".

"À compter d'aujourd'hui, ce sera l'Amérique d'abord et seulement l'Amérique !", a lancé le magnat en énonçant "deux règles simples : acheter américain et embaucher américain". "Ensemble, nous rendrons sa force à l'Amérique. Nous rendrons sa richesse à l'Amérique. Nous rendrons sa fierté à l'Amérique. Nous rendrons sa sécurité à l'Amérique. Et, oui, nous rendrons sa grandeur à l'Amérique", a-t-il conclu, brandissant le poing, image surprenante dans ce contexte.

La cérémonie, suivie en direct par des millions de personnes à travers le monde, avait un goût de revanche pour celui dont l'annonce de candidature, en juin 2015, avait été accueillie par des ricanements. Des dizaines de milliers de partisans s'étaient rassemblés malgré une très fine pluie sur le National Mall, coloré du rouge de leurs casquettes.

Chez ces partisans de la première heure, l'espoir était sincère, avec la conviction d'assister au début "d'une nouvelle ère". Après la cérémonie, M. Trump a déjeuné au Capitole avec élus et dignitaires, notamment Bill et Hillary Clinton qu'il a fait longuement applaudir, assurant qu'il avait pour eux "beaucoup de respect". Tout au long de la campagne, il avait systématiquement affublé cette dernière du surnom de "crapule".

Puis, suivant scrupuleusement le protocole habituel, il a lentement remonté dans sa limousine blindée l'artère Pennsylvanie Avenue jusqu'à la Maison Blanche, sortant quelques minutes à pieds, avec son épouse Melania et ses enfants, pour saluer ses partisans.

Le nouveau président des États-Unis a signé vendredi 21 janvier un premier décret contre l'emblématique loi "Obamacare". Photo : AFP/VNA/CVN

Dans la soirée, le président et son épouse Melania ont sacrifié à la dernière étape du rituel d'investiture en participant à des bals en leur honneur. Donald Trump et son épouse, robe de soirée couleur ivoire, ont dansé sobrement sur le tube immortalisé par Frank Sinatra, My Way. Le nouveau président américain a même fredonné quelques paroles de la chanson. "Nous avons gagné et aujourd'hui a été un jour formidable", a-t-il lancé à ses partisans.

Ministres confirmés

En fin de journée, le Sénat a également confirmé à de très larges majorités les deux premiers ministres du gouvernement Trump: les généraux à la retraite James Mattis (Défense) et John Kelly (Sécurité intérieure). Ils ont prêté serment dans la foulée à la Maison Blanche. Le week-end du 45e président américain devrait être plus calme.

À son agenda officiel, Donald Trump n'a qu'un office oecuménique (National Prayer Service) samedi matin 21 janvier à la cathédrale Nationale de Washington. Son équipe a annoncé que les premières grandes décisions seraient prises à partir de lundi 23 janvier, peut-être dans les domaines de l'immigration, du climat ou du travail.

Le changement de cap s'annonce ardu pour l'auteur du best-seller "The Art of the Deal", qui a promis, avec un sens de la formule qui enchante ses partisans et consterne ses détracteurs, d'être "le plus grand créateur d'emplois que Dieu ait jamais créé". La constitution de ses équipes a été difficile tant la victoire a pris le camp républicain par surprise. Les premières semaines pourraient être chaotiques.

Après huit années au pouvoir, Barack Obama a quant à lui indiqué qu'il entendait rester à l'écart de la "mêlée" pour laisser son successeur gouverner, mais à condition que certaines lignes rouges ne soient pas franchies. Juste après la cérémonie, il s'est envolé pour Palm Springs, en Californie, où il a prévu de passer en famille ses premières vacances d'ancien président. "Notre démocratie, ce ne sont pas des monuments ou des bâtiments, c'est vous", a-t-il lancé juste avant de monter à bord de son avion.


AFP/VNA/CVN

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