>> TotalEnergies s'allie avec Daniel Kretinsky, qui s'installe au capital du géant des hydrocarbures
>> TotalEnergies publie ses résultats dans un contexte déprimé pour les prix du pétrole
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| Photo : AFP/VNA/CVN |
Le groupe français a déjà annoncé la couleur dans une note à ses investisseurs mi-avril en disant s'attendre à des résultats "en forte croissance" pour ses activités d'hydrocarbures, compte tenu de la hausse des prix et de la croissance de sa production. Et ce, malgré ses pertes de production de gaz et de pétrole dans la région du Golfe, équivalentes à 15% de son activité pétrogazière mondiale.
TotalEnergies devrait en effet plus que compenser ses pertes au Moyen-Orient "de l'ordre de 100.000 barils équivalent pétrole par jour en moyenne", grâce entre autres aux démarrages et à la montée en puissance de nouveaux projets au Brésil et en Libye, qui lui permettent de valoriser ces barils très rentables à des prix élevés.
Le conflit, déclenchée le 28 février par l'offensive des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, a entraîné en réaction le blocage par Téhéran du détroit d’Ormuz, corridor stratégique où transitent habituellement environ 20% du brut mondial, provoquant une chute brutale de l'approvisionnement et une flambée des prix.
Ce contexte a relancé le débat politique en Europe sur la taxation des superprofits pétroliers, idée à laquelle le Premier ministre français Sébastien Lecornu a dit ne pas avoir "d'objection de principe", le 8 avril devant le Sénat.
Il faisait alors référence à l'initiative prise par cinq pays européens (Espagne, Autriche, Allemagne, Italie et Portugal) qui appellent à taxer les bénéfices exceptionnels réalisés par les entreprises du secteur énergétique en raison du conflit au Moyen-Orient.
Volatilité
Mardi 28 avril, la compagnie britannique BP a ouvert le bal de la saison des résultats des "majors" pétrolières occidentales en présentant un bénéfice net trimestriel qui a plus que quintuplé sur un an, passant de 687 millions à 3,8 milliards de dollars, portés par les gains issus de son activité de négoce (achat-vente) de produits pétroliers, le "trading".
Au-delà de la forte hausse des cours du gaz et du pétrole, les traders de TotalEnergies ont eux aussi vraisemblablement tiré parti de ces fluctuations au premier mois de la guerre en mars. Elles leur ont permis d'enregistrer une "très forte performance dans les activités de négoce de brut et de produits pétroliers", et de "fortes activités de négoce" dans le GNL, le gaz naturel liquéfié transporté par bateau, a souligné le groupe mi-avril.
Début avril, le Financial Times avait révélé que le géant avait généré plus d'un milliard de dollars de gains en achetant au Moyen-Orient la quasi-totalité des cargaisons de pétrole exportables sans passer par le stratégique détroit d'Ormuz bloqué par Téhéran.
L'opération hors norme n'a pas été démentie par le groupe, qui a en revanche indiqué à l'AFP devoir "sécuriser ses approvisionnements pour elle-même comme pour ses clients".
AFP/VNA/CVN


