Tokyo : le quartier de Shinjuku va interdire plus de la moitié des locations de courte durée

L'arrondissement tokyoïte de Shinjuku, haut lieu touristique de la capitale japonaise, va interdire plus de la moitié de ses locations de courte durée, proposées sur Airbnb et d'autres plateformes, a indiqué lundi 7 septembre un responsable sur fond de nombreuses plaintes des résidents.

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Des néons dans une rue du quartier de Shinjuku, le 30 mars à Tokyo.  
Photo : AFP/VNA/CVN

Le quartier, l'une des zones les plus dynamiques de Tokyo, connu notamment pour son quartier nocturne de Kabukicho, accueille près de 10% des 42.000 locations de courte durée recensées au Japon.

Mais des habitants sont excédés par l'afflux de touristes, dont certains ne respectent pas les règles de tri des déchets, fument dans des zones interdites ou provoquent des nuisances sonores.

Un responsable de Shinjuku chargé de la supervision des locations touristiques a déclaré à l'AFP que l'arrondissement "prévoyait de réviser l'ordonnance actuelle (...) afin d'interdire les hébergements privés" dans les zones résidentielles et à proximité des écoles.

"Avec l'augmentation du nombre d'établissements de location privée, les plaintes et les problèmes qui leur sont liés se sont multipliés", a indiqué ce responsable qui n'a pas souhaité donner son nom.

Plus de 50% des locations de courte durée à Shinjuku sont potentiellement concernées par cette interdiction en vertu des nouvelles règles en projet, a-t-il précisé, ajoutant que le projet serait officiellement annoncé mardi par le maire de Shinjuku.

Le Japon vise à attirer 60 millions de touristes étrangers d'ici 2030, contre 42 millions en 2025, mais le surtourisme est devenu un défi majeur dans certaines destinations populaires nippones.

Des habitants de Kyoto et d'autres destinations très fréquentées ont exprimé leur exaspération face aux foules prenant des selfies mais aussi aux embouteillages et à l'envolée du prix des terrains.

À Shinjuku, le nombre de plaintes concernant les locations de courte durée a augmenté d'environ 40% au cours de l'exercice clos en mars, a indiqué le responsable.

"De nombreuses plaintes concernent le non-respect des règles sur les déchets, tandis que d'autres portent sur le tabagisme et les intrusions dans des propriétés privées", a-t-il expliqué.

Des touristes font un selfie dans le quartier de Shinjuku, le 11 août à Tokyo.  
Photo : AFP/VNA/CVN

Luke Jemison, un touriste américain de 24 ans interrogé par l'AFP, juge ces règles "logiques, à cause du bruit (...) des Américains bruyants".

Masaru Sato, un septuagénaire habitant Shinjuku, regrette que "de nombreux étrangers, y compris des exploitants d'hébergements privés, ne respectent pas les règles locales".

Elane Knok, une touriste de 28 ans originaire de Hong Kong, estime elle que "de plus en plus de gens séjournent à l'hôtel à cause des rumeurs sur les caméras cachées (...) des inquiétudes liées à la sécurité, à la propreté des chambres et aux problèmes avec les propriétaires".

L'Agence japonaise du tourisme a accordé en juillet aux collectivités locales le droit de réglementer les hébergements de courte durée lorsqu'un "environnement de vie et d'éducation paisible" est menacé ou lorsqu'ils "entravent le maintien d'une population permanente et de la communauté locale".

Kyoto envisage également d'interdire les hébergements de courte durée mais uniquement pour les nouvelles locations situées dans des zones résidentielles et industrielles.

Des restaurants dans une rue du quartier de Shinjuku, à Tokyo, le 11 août.  
Photo : AFP/VNA/CVN

Plusieurs hôtes Airbnb contactés par l'AFP ont refusé de s'exprimer sur le sujet.

Barcelone, l'une des villes les plus visitées d'Europe, prévoit d'interdire la location d'appartements aux touristes d'ici 2029 afin d'atténuer la pénurie de logements.

Des villes comme Berlin, Paris et Barcelone affirment que les plateformes de location entre particuliers destinées aux touristes privent les habitants de logements disponibles à la location de longue durée et font grimper les prix des biens encore sur le marché.

Et à New York, les règles adoptées en 2023, également destinées à réduire la pression sur l'offre de logements, interdisent les locations de moins de 30 jours à moins que l'hôte ne vive dans le logement.

AFP/VNA/CVN

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