France
Tapis rouge à Paris au discret Charles Ray, figure de la sculpture contemporaine

Largement méconnu en France, malgré des ouvres qui ont fait le tour du monde et son "garçon à la grenouille" géant qui a fait scandale à Venise, le sculpteur américain Charles Ray est doublement à l'honneur à Paris, à travers deux expositions.

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Francois Pinault (droite) et Charles Ray avec Le garçon à la grenouille devant la Punta della Dogana à Venise

Les passants peuvent depuis mi-décembre se familiariser avec une de ses ouvres : une sculpture argentée le représentant juché sur un cheval ("Horse and Rider"), trônant devant la Bourse de Commerce, en plein centre de la capitale.

Le musée abritant la collection Pinault est un des deux, avec le centre Pompidou, à dérouler le tapis rouge, à partir de mercredi, à cette figure de l'art contemporain, réputée pour sa discrétion. Présent lors du vernissage réservé à la presse mardi, il s'est contenté de qualifier l'exposition de "rêve devenu réalité".

Une petite revanche, lorsqu'on sait qu'en 2013, la municipalité de Venise avait ordonné le retrait de sa sculpture Le garçon à la grenouille, que la fondation Pinault avait fait dresser à l'entrée du Grand Canal... car les habitants lui préféraient le réverbère préexistant. Au total, une vingtaine de photographies et de sculptures de l'artiste ont été sélectionnées pour chaque lieu, soit plus d'un tiers des 123 œuvres réalisées par Charles Ray en 50 ans de carrière.

Né en 1953 à Chicago, l'Américain, qui vit à Los Angeles et veut adopter la nationalité française, est surtout connu pour ces statues de nus réalistes, d'un blanc immaculé ou d'un argent éclatant, inspirées de la Grèce antique et de la Renaissance. Au sein de cette double exposition conçue comme une "promenade architecturale", ses ouvres se confondent avec l'espace qui les accueille.

Comme l'installation d'Hinoki, une reproduction monumentale de chêne centenaire récupéré dans un champ en Californie, et reproduite en bois de cèdre japonais par des artisans à Okinawa. L'arbre de 1,4 tonne a été transporté à l'aide d'une grue, et la salle d'expositions au centre Pompidou, construite autour de lui.

Acier, papier, fibre de verre, bois, aluminium, ciment... L'artiste s'essaie à tous les matériaux. L'une de ses ouvres les plus récentes Unbaled Truck a nécessité cinq années de travail, pendant lesquelles le sculpteur a compressé son vieux pick-up, avant de le déplier, redonnant forme à cette "ruine" mécanique.


AFP/VNA/CVN

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