Musique : la variété "Respire encore" avec Clara Luciani

L'âge d'or de la variété française, époque Michel Berger-France Gall, a bercé Clara Luciani : nul héritage poussiéreux avec cette chanteuse, mais un souffle nouveau, comme dans son hit Respire encore.

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La chanteuse Clara Luciani sur la scène des 37e Victoires de la Musique, à la Seine Musicale à Boulogne-Billancourt, à l'ouest de Paris, le 11 février.
Photo : AFP/VNA/CVN

La formule de la jeune femme (qui aura 30 ans cet été) lui permet le grand écart entre public élitiste et audience populaire. Aussi à l'aise pour revisiter son répertoire avec un orchestre symphonique à l'Hyper Weekend, festival de Radio France, ou pour enflammer la scène des Francofolies à La Rochelle.

C'est en toute logique qu'elle a soulevé vendredi 11 février deux trophées majeurs aux Victoires de la musique dans les catégories artiste féminine et album. Elle a donc désormais quatre Victoires dans sa carrière.

La mise à jour du logiciel de la variété française qu'elle opère s'entend parfaitement dans son dernier album, Cœur. Rencontrée par l'AFP, la chanteuse décrit ainsi son morceau "Le chanteur" comme "une petite sœur" de La groupie du pianiste de Michel Berger.

"Sur le coup, je n'y pensais pas du tout, mais après coup, oui ça m'est apparu. Ces artistes (Berger, France Gall, etc.) font partie de mes playlists, celles que j'écoutais pendant le confinement", confie-t-elle.

"Mes goûts portent l'héritage d'une variété française un peu snobée par les gens de ma génération et par un certain élitisme parisien alors que j'ai toujours été très sensible à ces chansons-là", déroule l'artiste originaire de la ville provençale de Martigues.

Auteure recherchée

Sa griffe ne laisse personne indifférent et elle est devenue ces dernières années une auteure recherchée par d'autres, comme Julien Clerc, pour qui elle écrit deux textes sur l'album Terrien.

La chanteuse française Clara Luciani
Photo : AFP/VNA/CVN

Nulle nostalgie sous sa plume, mais un regard lucide sur l'époque. Respire encore peut ainsi s'entendre comme un hymne au lâcher-prise post-confinement, mais suggère également la lumière retrouvée après l'obscurité d'une prison intime. Un message fort et féministe qu'on trouvait déjà dans La grenade, succès de son premier album au nom prédestiné "Sainte-Victoire".

"Je n'ai jamais voulu choisir entre grave et dansant, deux éléments qu'on retrouve dans des chansons comme +Marcia Baïla+ (cancer en toile de fond) ou +Le petit train+ (évocation de la Shoah) des Rita Mitsouko, ou +Heart of glass+ (rupture/harcèlement) de Blondie", développe-t-elle.

Le morceau-titre de l'album Cœur est dans la même ligne, un appel au dancefloor et une dénonciation des violences conjugales.

L'ambiance néo-disco de Cœur évite aussi le piège du regard dans le rétro. Pour soigner son emballage musical, Clara Luciani a collaboré avec des figures de la scène électro comme Yuksek ou Breakbot.

"Ce sont mes contemporains, ils contrebalancent des références que j'ai, très vintage, et permettent d'éviter l'écueil du pastiche ou de faire un disque des années 1970 dans les années 2020. Ils me reconnectent à la modernité".

AFP/VNA/CVN

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