>> Transition vers l'électrique : un levier stratégique face à la dépendance aux hydrocarbures
>> Renforcement des opportunités d’investissement entre Cân Tho et les partenaires indiens
>> Hô Chi Minh-Ville accélère le déploiement de 3.000 bornes d'échange de batteries
![]() |
| La perturbation des routes maritimes internationales affecte directement 52,2% des entreprises, avec des frais de logistique en hausse de 5% à 15%, et même des pics dépassant les 30%. |
Ruptures des chaînes d'approvisionnement, inflation par les coûts et chute des commandes constituent désormais une épreuve de force, exigeant des interventions stratégiques et immédiates pour protéger l'économie nationale des aléas géopolitiques mondiaux.
Un choc direct sur les capacités internes
Une enquête rapide, menée du 16 au 22 mars 2026 auprès de 228 entreprises représentatives des secteurs clés, dessine un tableau préoccupant. Environ 62,7% des sondés estiment que le conflit au Moyen-Orient impacte leurs activités à un niveau "important" ou "très important". Plus alarmant encore, 55,3% d'entre eux confirment que ces conséquences négatives sont déjà une réalité concrète et non plus un simple risque potentiel. Cette onde de choc frappe de plein fouet les secteurs les plus exposés : carburants, logistique, import-export, ainsi que les productions agricole et industrielle.
Le signe le plus tangible réside dans l'explosion des coûts de production. L'enquête révèle que 87,7% des entreprises luttent contre la flambée des prix des intrants. Parmi elles, plus de la moitié font état d'une hausse brutale, la majorité subissant une augmentation de 5% à 10%. Environ 18,4% des entreprises se trouvent même dans une situation avec des coûts bondissant de plus de 20%. Sans mesures d'adaptation, cette pression risque de fragiliser les bénéfices et de paralyser la trésorerie, particulièrement dans la logistique et le BTP (bâtiment et travaux publics).
L'aval n'est pas épargné. La perturbation des routes maritimes internationales affecte directement 52,2% des entreprises, avec des frais de logistique en hausse de 5% à 15%, et même des pics dépassant les 30% pour 8,1% des sociétés. En conséquence, la compétitivité s'effrite : 53,5% des entreprises enregistrent une baisse de leurs commandes sur des marchés pivots comme l'Asie et le Moyen-Orient. Cette incertitude a poussé 64,5% d'entre elles à adopter une posture défensive en gelant leurs investissements, alors que la résilience de près de 24% des entreprises est désormais jugée "faible".
Stratégies multicouches et opportunités de crise
Face à une instabilité géopolitique qui s'inscrit dans la durée, le Ban IV préconise sept piliers stratégiques. La priorité absolue reste la stabilisation des prix de l'énergie pour alléger les coûts de production, une mesure plébiscitée par 61,9% des chefs d'entreprise. Le gouvernement est appelé à utiliser avec flexibilité les leviers fiscaux pour amortir la volatilité des cours mondiaux du pétrole. Parallèlement, le déblocage des flux de crédits et le soutien à la liquidité pour les exportateurs et les PME doivent être accélérés via des bonifications d'intérêt et des rééchelonnements de dettes.
![]() |
| L'enquête révèle que 87,7% des entreprises luttent contre la flambée des prix des intrants. |
Un autre axe majeur repose sur le renforcement du partenariat public-privé à travers un canal de partage de données en temps réel sur l'énergie et les risques maritimes. Cela permettrait aux entreprises de diversifier leurs sources d'approvisionnement et d'explorer des routes alternatives. En outre, la réforme administrative doit se concrétiser par une réduction réelle des coûts de conformité. L'application rigoureuse de la Résolution 57 du Bureau politique sur l'innovation et la transformation numérique est également perçue comme un catalyseur indispensable à l'adaptation.
Enfin, l'Unité de recherche, de développement de l'économie privée souligne que "dans chaque crise réside une opportunité". Les perturbations alimentaires mondiales offrent au Vietnam une occasion unique de renforcer sa position sur l'échiquier international. Sous l'impulsion du gouvernement, les produits agricoles vietnamiens pourraient devenir des piliers de la sécurité alimentaire mondiale. Par ailleurs, face aux menaces de cyberattaques exacerbées par les divisions mondiales, le renforcement de la défense numérique devient un impératif pour protéger les acquis économiques. La synergie entre l'État et le patronat constitue, plus que jamais, le bouclier indispensable pour traverser cette zone de turbulences.
Texte et photos : Truong Giang/CVN





