02/06/2020 15:46
La République démocratique du Congo a officiellement déclaré lundi 1er juin une onzième épidémie de fièvre hémorragique Ebola sur son sol, avec la résurgence d'un foyer dans le Nord-Ouest du pays, qui vient s'ajouter à la dixième toujours en cours dans l'Est, et à une envolée des cas de COVID-19.
>>"Nouvelle épidémie d'Ebola" dans le Nord-Ouest de la RDC

Une fillette congolaise vaccinée contre Ebola, Goma. Photo : AFP/VNA/CVN

Kinshasa a sollicité l'appui de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en annonçant le retour du virus de la fièvre hémorragique à Mbandaka, chef-lieu de la province de l'Equateur, à environ 600 km à vol d'oiseau au nord de la capitale congolaise. "L'OMS a déjà des équipes à Mbandaka pour soutenir la riposte face à la nouvelle épidémie d'Ebola", a assuré sur Twitter le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Huit cas ont été enregistrés depuis le 30 mai, dont quatre décès, a indiqué le ministre congolais de la Santé, Eteni Longondo. Il a précisé qu'il y avait dans le lot des cas confirmés et des cas probables (non confirmés en laboratoire, mais avec un lien épidémiologique avec un cas confirmé ou un autre cas probable).

Le ministre a évoqué un décès de cas confirmés et trois décès de cas probables, de même que deux cas confirmés et deux cas probables encore en vie. La province de l’Équateur a été touchée par une précédente épidémie d'Ebola entre mai et juillet 2018 (54 cas pour 33 morts et 21 survivants). "Nous allons leur envoyer très rapidement le vaccin et aussi les médicaments", a poursuivi le ministre, assurant vouloir se rendre sur les lieux en fin de semaine.

Deux vaccins non homologués ont été utilisés sur plus de 300.000 personnes dans l'autre épidémie d'Ebola encore en cours à un autre bout du pays, dans l'Est. Il s'agit de la deuxième épidémie la plus grave dans l'histoire de la maladie, avec 2.280 victimes depuis sa déclaration le 1er août 2018. Le 14 mai, les autorités sanitaires avaient relancé un compte à rebours de 42 jours pour déclarer la fin de cette dixième épidémie, qui a principalement touché la province du Nord-Kivu.

Compte à rebours arrêté

Au total, il y a eu 11 épidémies de fièvre Ebola déclarée sur le sol congolais depuis la découverte du virus dans ce pays alors appelé Zaïre en 1976, déjà dans la province de l’Équateur.  La RDC est également touchée par l'épidémie mondiale de coronavirus (3.195, dont 2.896 à Kinshasa, et 72 décès, selon les derniers chiffres officiels publiés lundi 1er juin).

La moyenne des nouveaux cas de COVID-19 est passé à une centaine par jour, avec une augmentation du nombre de tests. "Nous sommes en période ascendante de la courbe", a déclaré lundi 1er juin le ministre de la Santé, selon qui, il est "hasardeux" de lever les mesures mises en place le 20 mars face au coronavirus. Ces mesures prévoient une restriction des déplacements entre Kinshasa et le reste du pays, la province de l’Équateur compris.

Aucun cas de coronavirus n'a été enregistré dans cette province de l'Equateur de nouveau touchée par Ebola. Le responsable des équipes de prise en charge des patients atteints de COVID-19 est le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe, l'un des découvreurs du virus Ebola en 1976 avec le Belge Peter Piot. Le professeur Muyembe a été mobilisé à chaque épidémie d'Ebola dans son pays, notamment à Kikwit (Centre) en 1995 : "J'ai consacré toute ma vie et toute ma carrière à lutter contre Ebola".

La RDC fait également face à une épidémie de rougeole qui a tué plus de 6.000 personnes depuis début 2019, ainsi qu'à des épisodes de choléra et, comme tant d'autres pays africains, aux ravages du paludisme. "Cette épidémie nous rappelle que le COVID-19 n'est pas la seule menace sanitaire à laquelle les gens font face", selon le directeur général de l'OMS. "L'OMS continue de superviser et d'affronter de nombreuses urgences sanitaires".

AFP/VNA/CVN


 

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