20/07/2019 15:23
L'Iran a annoncé vendredi 19 juillet avoir "confisqué" un pétrolier battant pavillon britannique dans le détroit d'Ormuz, après 24 heures de polémique avec Washington à propos d'un drone "iranien" que les Américains disent avoir abattu.

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Le navire militaire américain USS Boxer, le 15 juin 2016 dans le Golfe. 
Photo: AFP/VNA/CVN 


Londres s'est dit "extrêmement préoccupé" par "la saisie inacceptable" de "deux navires" par l'Iran. Il s'agit d'un bâtiment britannique et d'un autre battant pavillon libérien, a précisé le ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt.

L'Iran n'a parlé que de la saisie d'un seul navire, le Stena Impero.

Le propriétaire britannique du deuxième pétrolier arraisonné, le Mesdar, a annoncé que ce navire avait été relâché et que tous les membres de l'équipage étaient sains et saufs.

Par le détroit d'Ormuz transite le tiers du pétrole acheminé par voie maritime sur la planète.

Les 
États-Unis ont dénoncé une "surenchère de la violence" et l'Arabie saoudite a annoncé que pour la première fois depuis 2003 et la fin de la guerre contre l'Irak, des forces américaines allaient prendre position sur son sol.

"Le roi Salman (...) a donné son accord pour accueillir des forces américaines afin d'accroître le niveau mutuel de coopération pour défendre la sécurité de la région et sa stabilité, et garantir la paix", a indiqué un porte-parole du ministère saoudien de la Défense, cité par l'agence de presse officielle SPA.

Cela "aura un effet dissuasif supplémentaire et renforcera notre capacité à défendre nos troupes et nos intérêts dans la région face à des menaces émergentes et crédibles", a indiqué dans un communiqué le commandement central des forces américaines.

Ce dernier a par ailleurs fait savoir que des "patrouilles" surveillaient depuis l'espace aérien international la situation dans le détroit stratégique d'Ormuz.

"La promesse du guide"

Le Stena Impero a été arraisonné vendredi 19 juillet par la force navale des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique, pour "non respect du code maritime international", selon un communiqué officiel iranien.

L'annonce de cette saisie est survenue quelques heures après la décision de la Cour suprême de Gibraltar de prolonger pour 30 jours l'immobilisation d'un pétrolier iranien, le Grace 1.

Le navire avait été arraisonné le 4 juillet par les autorités de Gibraltar, territoire britannique situé à l'extrême sud de l'Espagne, qui le soupçonnaient de livrer du brut à la Syrie en violation des sanctions de l'Union européenne contre Damas.

Téhéran nie cette accusation et dénonce un acte de "piraterie".

Mardi 16 juillet, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei avait déclaré que l'Iran répondrait "au moment et à l'endroit opportuns" à cet acte de "malveillance".

Sur son canal Telegram, l'agence semi-officielle Isna a publié une vidéo des propos de M. Khamenei avec ce commentaire: "La promesse du guide de la Révolution s'est réalisée aujourd'hui".

"Surenchère de la violence"

 

Le pétrolier iranien Grace 1 près des côtes de Gibraltar, le 6 juillet 2019. 
Photo: AFP/VNA/CVN 


À Washington, Garett Marquis, porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, a dénoncé une "surenchère de la violence du régime iranien".

Le président américain Donald Trump avait rejeté plus tôt les dénégations de Téhéran sur la destruction d'un drone iranien au dessus du détroit d'Ormuz, assurant n'avoir "aucun doute" sur le fait que le porte-hélicoptères USS Boxer avait abattu jeudi 18 juillet un appareil sans pilote iranien dans le détroit d'Ormuz.

Un responsable américain a indiqué sous couvert de l'anonymat que les 
États-Unis disposaient de "preuves claires" de la destruction du drone iranien.

La neutralisation du drone sans usage de missile, par le biais de brouilleurs puissants capables de rendre un appareil incontrôlable par exemple, pourrait expliquer l'absence de vidéo américaine, explique-t-on au Pentagone.

Le général de brigade et porte-parole des forces armées iraniennes Abdolfazl Shékarchi a qualifié d'"allégations délirantes et sans fondement" les affirmations américaines.

"Coup de poing"

La région du Golfe et du détroit d'Ormuz se trouve depuis plus de deux mois au coeur de vives tensions géopolitiques, sur fond de bras de fer entre l'Iran et les 
États-Unis, qui y ont renforcé leur déploiement militaire.

"Ce qu'il se passe cette semaine avec l'Iran n'a rien de surprenant", a tweeté vendredi 19 juillet Suzanne Maloney, du centre de réflexion Brookings. "C'est exactement la façon dont négocie l'Iran: le charme onctueux de (Mohammad Javad) Zarif (le ministre iranien des Affaires étrangères) en même temps qu'un coup de poing en pleine tête des Gardiens de la révolution".

Ce sont, selon l'experte, "les deux revers d'une même médaille".

Venu de New York où il s'était rendu à l'ONU, M. Zarif est arrivé vendredi soir 19 juillet au Venezuela. Le chef de la diplomatie iranienne, qui n'a fait aucune déclaration à son arrivée, doit donner une conférence de presse à Caracas samedi à 21h30 GMT.

Donald Trump et son homologue français Emmanuel Macron ont évoqué vendredi 19 juillet par téléphone "les efforts en cours pour s'assurer que l'Iran n'obtienne pas l'arme nucléaire", a indiqué la Maison Blanche dans un bref compte-rendu de l'échange.

Washington a accusé l'Iran d'une série d'actes de sabotage ou d'attaques ayant visé depuis mai six navires de part et d'autre du détroit d'Ormuz, dans le Golfe ou en mer d'Oman. Ce que Téhéran nie.

La tension entre les deux pays avait atteint un pic le 20 juin lorsque l'Iran avait abattu un drone américain qui, selon Téhéran, avait violé son espace aérien. M. Trump avait alors affirmé avoir annulé à la dernière minute des frappes de représailles le lendemain.

AFP/VNA/CVN 

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