Quatre transformations stratégiques témoignent de la vision profonde du dirigeant Tô Lâm

Le dirigeant Tô Lâm a fait preuve d’une vision stratégique profonde en appelant à une transformation du modèle de développement du Vietnam afin de maintenir une croissance soutenue, a déclaré le Professeur Huang Rihan, directeur de l’Institut de la Route de la soie maritime de l’Université Huaqiao, dans la province chinoise du Fujian.

>> Un expert japonais salue les quatre transformations stratégiques du Vietnam

Les « quatre transformations stratégiques » présentés par le secrétaire général du Parti et président de la République, Tô Lâm, dans son discours d’ouverture au 3e Plénum du Comité central du Parti du 14e mandat, le 20 juillet à Hanoi, constituent une chaîne cohérente visant à moderniser la gouvernance, a-t-il dit à l’Agence vietnamienne d’information (VNA).

Le Professeur Huang Rihan, directeur de l’Institut de la Route de la soie maritime de l’Université Huaqiao, dans la province chinoise du Fujian. Photo : VNA/CVN

La première transformation vise à renforcer le leadership du Parti et à optimiser le fonctionnement des institutions. Il s’appuie sur deux années de rationalisation vigoureuse de l’appareil administratif et sur un nouveau modèle d’administration locale à deux échelons. Ce cadre étant désormais en place, l’objectif est d’en assurer le bon fonctionnement.

La deuxième vise à unifier la gouvernance des espaces de développement. Elle s’attaque à la gestion fragmentée des terres, des mers et des ressources naturelles, source de longue date de goulots d’étranglement et de gaspillage de ressources précieuses.

La troisième transformation réoriente l’économie vers un modèle fondé sur la productivité, la connaissance, la technologie et une main-d’œuvre qualifiée. Il s’attaque à un enjeu fondamental, la prospérité nationale reposant en fin de compte sur l’innovation et les talents hautement qualifiés.

La quatrième fait passer la gestion des risques d’une logique de réaction à une approche de prévention proactive, permettant de déceler les problèmes en amont et d’agir bien avant qu’une crise n’éclate. Dans un monde où les risques peuvent se propager de manière virale en un instant, il s’agit d’une stratégie pragmatique.

Le professeur Huang Rihan a souligné que la Chine et le Vietnam, deux nations socialistes dirigées par des partis communistes, cherchent chacune une voie de développement adaptée à leurs réalités propres. L’apprentissage mutuel constitue un atout précieux dans les relations entre les deux partis et les deux nations.

Il est facile d’annoncer une véritable transformation, mais difficile de la concrétiser. L’accent mis par le leader vietnamien sur la nécessité de traduire les conclusions du 3e Plénum en changements tangibles témoigne d’une compréhension fine, de la part des dirigeants vietnamiens, tant de la situation internationale que de la conjoncture intérieure. Cela a considérablement renforcé la confiance des observateurs étrangers, y compris chinois, dans l’avenir économique du Vietnam, a-t-il ajouté.

Pour la Chine voisine, la dynamique économique du Vietnam constitue une excellente nouvelle, a-t-il affirmé.

Avant tout, la mise en œuvre doit être totale et sans réserve. Les récentes fusions et réformes institutionnelles ont touché tous les échelons de l’administration, mais la nouvelle structure nécessite un soutien concret - notamment en termes de personnel, de financement et de données - au niveau des communes et des quartiers, qui constituent la première ligne de contact avec les citoyens. Or, force est de constater que ces ressources sont souvent insuffisantes pour répondre aux besoins.

La décentralisation et la délégation de pouvoirs doivent s’accompagner d’une autonomie réelle concernant les ressources financières, la gestion du personnel et les systèmes d’information. À défaut, plus le transfert de compétences vers le bas sera important, plus les autorités locales risqueront de se heurter à des goulots d’étranglement.

La directive du leader suprême vietnamien, exigeant que chaque décision précise clairement ses objectifs, les tâches à accomplir, les pouvoirs délégués, les responsabilités et les délais, vise à résoudre un problème récurrent : celui de politiques séduisantes sur le papier mais vouées à l’échec lors de leur déploiement. Il a souligné qu’il s’agissait là d’une boussole claire et essentielle.

Deuxièmement, la transformation doit être substantielle. Passer d’un modèle fondé sur une main-d’œuvre bon marché à un modèle axé sur la productivité et l’innovation exige un engagement à long terme en faveur de l’éducation et des investissements scientifiques et technologiques.

Lorsqu’il cherche à attirer des capitaux étrangers, le Vietnam ne doit pas se contenter d’accueillir des usines d’assemblage. Les négociations devraient plutôt intégrer le transfert de technologies, l’intégration aux chaînes d’approvisionnement locales et le développement des talents, afin de bâtir progressivement ses propres moteurs de croissance.

La Chine et le Vietnam disposent d’une vaste marge de manœuvre pour coopérer dans ces domaines. Le secteur ferroviaire, l’économie numérique et les énergies vertes offrent d’immenses opportunités pour la modernisation industrielle du Vietnam.

Troisièmement, le Vietnam doit maintenir avec persévérance sa position. Dans le monde actuel, les enjeux de sécurité traditionnels et non traditionnels sont étroitement imbriqués, tandis que les risques liés aux chaînes d’approvisionnement, au climat et aux données peuvent aisément déclencher des réactions en chaîne. En poursuivant une politique étrangère fondée sur l’indépendance et l’autonomie, tout en préservant un environnement extérieur pacifique et stable, le Vietnam se donne les moyens de mener à bien sa transformation intérieure - une démarche d’autant plus cruciale dans un contexte mondial marqué par l’instabilité.

Alors que les deux pays bâtissent une Communauté d’avenir partagé Chine-Vietnam de portée stratégique, la transformation réussie du Vietnam contribuera également à la prospérité et à la stabilité de la région, a-t-il déclaré.

Les deux parties disposent d’un important potentiel de réussite commune grâce au partage d’expériences en matière de gouvernance nationale et à la synergie entre l’initiative « la Ceinture et la Route » et le plan « Deux corridors, une ceinture économique ». Si cette démarche est menée à bien, la croissance de chaque pays ouvrira de vastes perspectives à l’autre, a-t-il encore indiqué.

VNA/CVN

Rédactrice en chef : Nguyễn Hồng Nga

Adresse : 79, rue Ly Thuong Kiêt, Hanoï, Vietnam

Permis de publication : 25/GP-BTTTT

Tél : (+84) 24 38 25 20 96

E-mail : courrier@vnanet.vn, courrier.cvn@gmail.com

back to top