06/07/2022 12:34
Le gouvernement ne proposera pas d'autoriser les promotions à 50% sur les produits alimentaires, a appris une journaliste de l'AFP mardi 5 juillet auprès de Bercy, à la satisfaction des représentants des agriculteurs qui s'étaient vivement opposés à cette suggestion du ministre de l'Économie Bruno Le Maire.
>>France : vers une aide pour ceux qui prennent leur voiture pour aller travailler
>>France : le bonus écologique à 6.000 euros jusqu'à la fin de l'année, confirme Le Maire
>>Le gouvernement pense pouvoir dépenser plus cette année sans creuser le déficit

Dans un supermarché à Saint-Étienne dans la Loire. Photo : AFP/VNA/CVN

Après avoir reçu mardi matin 5 juillet la présidente de la FNSEA Christiane Lambert et Arnaud Gaillot, président des Jeunes agriculteurs (JA), le ministre "s'est engagé à ne pas mettre en oeuvre cette proposition, qui n'était encore qu'une suggestion, à l'issue de la mission confiée à l'Inspection générale des finances (IGF)" sur la formation des prix alimentaires, explique-t-on au ministère de l'Économie.

Actuellement, les distributeurs de produits alimentaires ne peuvent proposer des promotions qu'à hauteur de 34%, une règle censée protéger la rémunération des producteurs. Lundi, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, avait annoncé le lancement d'une enquête de l'IGF pour vérifier la formation des prix des produits alimentaires en cette période d'inflation, notamment après que le président du comité stratégique des centres E. Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, avait jugé "suspectes" certaines hausses de prix demandées par les industriels.

En parallèle, La France insoumise et le Rassemblement national avaient demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire. S'il s'avère que les dispositifs actuels ne profitent pas aux producteurs, "il faudra réfléchir à la possibilité de les modifier", avait indiqué lundi 4 juillet M. Le Maire sur France Inter, suggérant par exemple des promotions à 50%, au lieu des 34% autorisés.

La présidente de la FNSEA Christiane Lambert à Besançon, le 30 mars. Photo : AFP/VNA/CVN
Cette piste de réflexion a suscité une levée de boucliers dans le secteur agricole, Christiane Lambert ayant répondu que ce n'était "pas la bonne réponse".

"Cela reviendrait à renforcer la pression sur les entreprises et les agriculteurs, qui sont déjà étranglés par les hausses de leurs coûts de production",
s'inquiétait aussi l'Ania, principale organisation de l'agroalimentaire.

Le ministre a "entendu" et "compris les inquiétudes" des agriculteurs sur les conséquences éventuelles d'une telle mesure sur la juste rémunération des producteurs, explique-t-on à Bercy, où on juge inutile de "d'attiser les angoisses" dans le monde agricole.

Dans un communiqué, le syndicat majoritaire FNSEA et les JA se sont félicités d'une "clarification de la position du ministre" : "il était capital d'envoyer un message clair de soutien aux agriculteurs et aux entreprises".

"Il était également important d'adresser ce message à certains acteurs de la distribution qui n'ont de cesse de vouloir détricoter les EGAlim (la loi alimentation votée en 2018, ndlr) à leur seul profit", commentent-ils. L'entourage du ministre précise toutefois qu'il continue d'avoir à cœur de concilier prix bas pour les consommateurs et juste rémunération des producteurs en ces temps d'inflation.

La mission de l'IGF sera donc bien lancée pour examiner la fixation des prix d'un ensemble de produits du quotidien. La FNSEA et les JA "soutiennent pleinement cette mission", et "proposeront qu'un représentant de la profession participe à ces travaux". Bercy rappelle qu'un guichet unique est ouvert depuis ce mardi auprès de la DGCCRF, où les acteurs de l'alimentaire peuvent faire remonter des signalements sur les prix des produits.

AFP/VNA/CVN



 

Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
Souvenirs de Hanoï éclairés par Kirigami, l'art japonais du découpage de papier

Environ 260 stands attendus au Salon touristique international 2022 Environ 260 stands, dont 50 de l’étranger, seront installés au Salon touristique international de Hô Chi Minh-Ville 2022 (ITE-HCMC 2022), a annoncé le comité d’organisation lors d’une conférence de presse donnée mardi 16 août dans la mégapole du Sud.