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| Un policier sécurise l'accès à un secteur du centre historique de Cracovie en Pologne, après une fusillade, le 7 novembre. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Cracovie, ancienne capitale historique de la Pologne qui a accueilli plus de 16 millions de visiteurs l'an dernier, était en état de choc samedi soir 7 novembre.
Les faits se sont produits vers 15H00 (14H00 GMT) lorsqu'un homme, un Polonais de 24 ans, a fait irruption en voiture sur la célèbre place du marché et s'est mis à tirer "au hasard", selon un porte-parole de la police locale.
Quatre femmes et deux hommes ont été tués. Parmi eux figure un ressortissant britannique.
Quinze blessés ont été hospitalisés, selon le ministre de l'Intérieur.
"En Pologne, nous n'avons pas connu de cas de terrorisme aussi radicaux, car c'est bien ainsi qu'il faut nommer cet atroce attentat contre la vie des gens ici, à Cracovie", a déclaré Donald Tusk lors d'une conférence de presse sur place.
Deux policiers ont été blessés, dont un grièvement, selon le ministre de l'Intérieur.
Une journaliste de l'AFP parvenue sur les lieux peu après les faits a vu des personnes allongées au sol, de nombreux véhicules de secours et policiers en armes ainsi que des hélicoptères survolant les lieux du drame.
Samedi soir, le quartier de la place du marché, au coeur de la vieille ville particulièrement prisée des touristes étrangers et très fréquentée en ce jour de week-end, restait entièrement bouclé.
Opinions radicales
L'auteur a été neutralisé par la police. Des images amateur circulant sur les réseaux sociaux montrent un policier tirant à plusieurs reprises et à courte distance sur un homme en tenue militaire, masqué et casqué, muni d'un fusil semi-automatique AR15.
D'autres armes et une grande quantité de munitions ont été également découverts dans sa voiture, a déclaré Katarzyna Cislo, de la police de Cracovie, sur la chaîne d'information TVN24.
Selon le ministre de l'Intérieur, "tout porte à croire qu'il avait des opinions très, très radicales".
"Tout indique qu'il était fasciné par des idéologies d'extrême droite. Même si cela devra encore être vérifié", a affirmé Marcin Kierwinski.
Au domicile du tireur, les policiers ont découvert trois corps, deux femmes et un homme. Probablement ses parents et sa soeur.
"C'est une tragédie pour Cracovie, on n'a jamais connu une chose pareille. J'ai vu un homme faire le tour de la place et tirer sur des gens", a raconté sur place à l'AFP, Annette, une Polonaise âgée d'une soixantaine d'années qui était sur place au moment des faits.
Comme elle, de nombreux témoins étaient très choqués, en pleurs, réfugiés dans les magasins du quartier.
Stella est venue de France avec un ami visiter le camp de concentration d'Auschwitz, qui se trouve à une heure de route de Cracovie.
"C'est en arrivant ici qu'on a découvert ce qui s'est passé. Ça fait très peur de se dire qu'il y a toujours des risques en Europe, des risques de nature terroriste", a dit à l'AFP la jeune femme de 22 ans.
Deuil national
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| Des policiers et des équipes de secours près du lieu d'une fusillade à Cracovie en Pologne, le 7 novembre. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
À la suite de la fusillade, la Pologne observera deux jours de deuil national, a déclaré à la presse le chef du gouvernement.
"Nous allons certainement tous traverser ensemble ces moments difficiles pendant ces deux jours", a-t-il dit.
La fusillade a provoqué une vague de réactions à l'international.
La cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, a déploré une "tragédie". Les répercussions de cet événement "se feront sentir bien au-delà des frontières de la Pologne", a-t-elle souligné sur X.
Le président français Emmanuel Macron, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni, le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre britannique Andy Burnham ont eux aussi publié des messages de soutien à Varsovie.
Les fusillades mortelles sont rares dans ce pays d'Europe de l'Est de 38 millions d'habitants, membre de l'UE et de l'Otan.
Mais le pays était en état d'alerte maximale après une série d'attaques au couteau en octobre, que Donald Tusk a dénoncées comme participant d'un "culte de la violence" alimenté par les réseaux sociaux.
Et la Pologne connaît une forte augmentation du nombre de permis de détention d'armes. En 2025, plus de 50.000 nouveaux permis ont été accordés, portant leur nombre à 411.000, selon des données de la police.
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| Des policiers examinent une voiture noire, qui appartiendrait au suspect d’une fusillade, dans le centre historique de Cracovie, en Pologne, le 7 novembre. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Cette tuerie survient par ailleurs en pleine crise politique en Pologne. Le gouvernement de centre-droit de Donald Tusk a fait intervenir la police au Tribunal constitutionnel de Varsovie pour empêcher des manifestants d'y pénétrer.
Son président, proche du parti ultra-conservateur Droit et Justice (PiS) qui soutient le chef de l'État nationaliste Karol Nawrocki, a été destitué, mais le face-à-face entre forces de l'ordre et manifestants se poursuit.
Le Tribunal constitutionnel hérité des années de pouvoir du PiS (2015-2023) est jugé incompatible avec l'État de droit selon Bruxelles, et le gouvernement Tusk cherche à le réformer.
AFP/VNA/CVN





