>> Hô Chi Minh-Ville déploie un suivi de santé annuel pour toute la population
>> Mois d'action pour les enfants 2026 : la sécurité des enfants à l'ère numérique
Chaque matin, Mme Hoà (Hô Chi Minh-Ville) emmène son fils aux classes de compétences et d'orientation professionnelle du Club An. Quatre mois se sont écoulés et Dung, son fils de 20 ans atteint d'autisme, est passé d'un état non coopératif à un comportement joyeux, sociable et enthousiaste lors de chaque séance. Mme Hoà raconte que bien que l'autisme de son fils ait été détecté dès l'enfance, ce n'est que ces dernières années qu'il a montré des signes d'instabilité tels que des troubles du comportement et du sommeil. Les médecins lui ont conseillé de chercher un nouvel environnement pour lui. Après prospection, elle a rejoint le Club An fin 2025. "En seulement quatre mois ici, mon enfant a fait des progrès notables. Il est plus heureux, plus sociable avec ses amis et commence même à plaisanter avec eux. À la maison, il demande à m'aider pour balayer ou préparer les légumes... Notre famille est très heureuse d’observer ces signes positifs", partage Mme Hoà.
"Deuxième maison" des enfants VIP
![]() |
| Le Club An ouvre des classes professionnelles pour les personnes autistes. |
Le Club d'orientation professionnelle An a été fondé en 2024 pour répondre au besoin des familles d’avoir accès à un lieu permettant aux enfants autistes à acquérir des compétences de base et à développer leur potentiel professionnel. Le club cible les enfants de plus de 10 ans, qui ne sont plus acceptés dans les structures d'intervention classiques.
Tu My Khánh, fondatrice et directrice exécutive du Club An, explique qu'au Vietnam, les structures pour les moins de 10 ans sont nombreuses, mais qu'il est très difficile d'en trouver pour les adolescents et les adultes. C'est pourquoi, après avoir étudié divers modèles au Vietnam, en Chine et à Singapour, elle a décidé de créer ce club.
Au Club An, les enfants apprennent l'autonomie, l'orthophonie et la dextérité. Ceux qui en sont capables sont guidés vers des tâches plus complexes comme la peinture, l'artisanat, le crochet, la préparation de boissons ou la cuisine. En parallèle, le club assure une éducation psychologique pour aider les jeunes à s'adapter aux changements de la puberté.
"Pour des enfants ordinaires, la puberté est déjà difficile, mais pour les enfants VIP (terme utilisé par les professionnels et les parents pour désigner les enfants ayant des besoins éducatifs spéciaux ou autistes), c'est cent fois plus complexe. Leurs frustrations liées à cet âge ne pouvant être exprimées, cela engendre des troubles du comportement. C'est pourquoi, en plus des compétences et de la santé, nous dispensons une éducation sexuelle directe pour les aider à évacuer ces tensions", informe Mme Khánh.
Semer des graines d'espoir
Duy Anh, un jeune adulte autiste de 23 ans, fréquente le Club An depuis près d'un an et demi. Autrefois dépendant, il aide désormais sa famille pour les tâches ménagères simples. Il réalise également des peintures et des objets artisanaux vendus lors de foires caritatives. Tel un grand frère, il se porte toujours volontaire pour les tâches difficiles et guide les plus jeunes. "Ici, j'apprends beaucoup de choses et je suis très heureux. Je sais fabriquer des porte-clés et j'espère gagner de l'argent pour m'occuper plus tard de ma mère et de ma grand-mère", confie-t-il avec innocence.
Dans l'espace d'exposition du club, de nombreux produits artisanaux réalisés par les élèves sont présentés : chapeaux décorés de lotus, carnets personnalisés, portefeuilles ou porte-clés en laine... Bien que certains traits soient encore hésitants, ils témoignent d'un effort persévérant.
Tu My Khánh précise que les revenus issus de la vente de ces produits sont reversés aux élèves selon leur contribution. Le club participe régulièrement à des foires caritatives où les produits sont bien accueillis. "Nous souhaitons ouvrir un showroom, puis un restaurant ou un café pour que les élèves puissent exposer leurs produits, s'exercer et, surtout, gagner de quoi subvenir à leurs besoins", partage-t-elle.
À plus long terme, le Club An aspire à bâtir un écosystème de soins et d'éducation complet pour les personnes autistes. Les familles y reçoivent un soutien pour l'éducation à domicile, tandis qu'au club, les jeunes acquièrent les compétences nécessaires pour devenir autonomes. Plus que tout, An espère rester un refuge sûr, un soutien moral et une lueur d'espoir pour ces familles.
Texte et photos : Quang Châu/CVN



