19/06/2021 14:53
L'Office national des forêts (ONF), qui gère les forêts publiques françaises, va supprimer 475 postes sur 8.400 dans les cinq ans, a-t-on appris vendredi soir 18 juin auprès de la direction de l'établissement, lourdement endetté.
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L’Office national des forêts envisage de supprimer près de 500 postes dans les cinq prochaines années. Photo : AFP/VNA/CVN

"Ce n'est pas un plan social, ce sont des départs à la retraite et des départs naturels", a indiqué la direction. Les suppressions de postes se feront en tenant compte "des enjeux stratégiques de l'établissement", dont le "maillage territorial est préservé", précise-t-elle.

Cette annonce a été faite le 10 juin par les cabinets de différents ministères, dont l'Agriculture, ministère de tutelle de l'établissement, lors d'une réunion au sujet du prochain contrat d'objectifs et de performances (COP) 2021-2025, avec la Fédération nationale des communes forestières (FNCOFOR), a indiqué cette dernière dans un communiqué vendredi 18 juin.

"Les annonces qui nous ont été faites sont inacceptables!", a déclaré cette fédération, selon laquelle une "contribution supplémentaire des collectivités au financement de l'ONF" a été demandée.

"Le projet d'augmentation de la contribution des communes s'élèverait à près de 30 millions d'euros", selon la FNCOFOR. "Pour faire bon poids, le futur COP Etat-ONF prévoit la suppression de près de 500 emplois temps plein à l'ONF. Payer plus pour avoir moins !", a-t-elle conclu.

Cette annonce vient confirmer des craintes exprimées début février par l'intersyndicale de l'ONF. Elle avait estimé que cette décision était "de nature à amplifier gravement la dégradation des conditions de travail et à porter atteinte à la santé des personnels de l'ONF".

Elle avait notamment souligné que "le changement climatique et le dépérissement des forêts vont nécessiter de plus en plus de travail pour assurer le suivi sanitaire et le renouvellement des peuplements forestiers".

Le volet agricole du plan de relance engagé par la France pour faire face à la crise du COVID prévoit 200 millions d'euros pour la forêt, dont 150 millions d'euros pour reboiser des forêts parfois gravement touchées par la sécheresse et des attaques d'insectes sur les arbres, comme les scolytes, des coléoptères qui creusent des trous dans les arbres fragilisés par la sécheresse.

Ce budget tranche par son ampleur avec les moyens engagés ces dernières années pour le reboisement.

Le ministère de l'Agriculture a indiqué avoir mobilisé 60 millions d'euros de "subvention exceptionnelle" afin de "soutenir l'ONF et renforcer la subvention d'équilibre", dans le cadre du COP, lesquels viennent s'ajouter aux 31 millions d'euros versés dans le cadre du plan de relance à l'ONF pour financer les forêts qui ont subi des crises sanitaires.

"On va essayer de renforcer cette partie-là", a indiqué le ministère, qui a ajouté que la subvention d'équilibre d'environ 150 millions d'euros versée chaque année à l'établissement a par ailleurs été reconduite pour les cinq prochaines années.

L'ONF employait fin 2020 8.400 personnes, dont environ la moitié sont des fonctionnaires ou des contractuels de droit public. Les forêts publiques représentent environ 25% des forêts françaises.
 
AFP/VNA/CVN
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