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| Des visiteurs admirent les estampes populaires de Dông Hô. |
| Photo : VNA/CVN |
Selon de nombreux spécialistes, le principal paradoxe réside dans le fait que le Vietnam dispose d’un patrimoine particulièrement riche, mais que celui-ci reste souvent cantonné à la conservation. Or, un patrimoine qui n’est que préservé sans être réinterprété ni adapté aux besoins contemporains peine à générer de nouvelles valeurs. Pour intégrer pleinement la vie économique, il doit être transformé en produits, services ou expériences répondant aux attentes du marché actuel.
Du patrimoine au produit : un parcours semé d'obstacles
Cependant, le passage du patrimoine au produit culturel se heurte à plusieurs obstacles : manque de conception créative cohérente, absence de normes communes, faiblesse des réseaux de distribution et difficulté à atteindre une échelle commerciale suffisante. À cela s’ajoute un problème plus fondamental encore : l’absence d’identification juridique claire de nombreuses ressources culturelles.
D'après l’avocat Lê Quang Vinh, spécialiste de la propriété intellectuelle, de nombreux motifs décoratifs, savoir-faire artisanaux ou connaissances traditionnelles possèdent une valeur économique réelle. Toutefois, lorsqu’ils ne sont pas clairement identifiés et protégés, ils ne peuvent ni être évalués, ni faire l’objet de transactions, ni bénéficier d’une protection juridique. Cette situation entretient un cercle vicieux : faute de marché, le patrimoine ne génère pas de revenus suffisants pour les artisans, limitant ainsi les capacités de transmission, d’innovation et de préservation.
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| Nguyên Huu Dao, héritier de l’art de l’estampe populaire Dông Hô, en plein travail de gravure. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Valoriser le patrimoine pour assurer sa pérennité
Pour la Docteure Lê Thi Minh Ly, membre du Conseil national du patrimoine, l’un des principaux freins réside également dans une conception ancienne de la conservation, fondée sur une logique de mise sous cloche des biens patrimoniaux. Isolé de son environnement naturel et social, le patrimoine devient progressivement un simple objet d’observation, perdant son lien vivant avec les communautés, en particulier les jeunes générations.
Selon elle, conservation et exploitation ne sont pourtant pas contradictoires. Au contraire, une valorisation raisonnée constitue un moyen efficace d’assurer la pérennité du patrimoine. Lorsqu’un patrimoine génère des revenus, les communautés ont davantage intérêt à le préserver et à le transmettre. De même, si les artisans peuvent vivre de leur métier, les savoir-faire traditionnels ont davantage de chances de survivre.
L’exemple des estampes populaires de Dông Hô, dans la province de Bac Ninh, illustre cette approche. Au sein du centre culturel fondé par l’Artisan émérite Nguyên Dang Chê, les techniques traditionnelles sont préservées tout en étant adaptées aux attentes du public contemporain. Les visiteurs peuvent participer au processus de création et découvrir les valeurs culturelles de cet art ancestral. Les motifs de Dông Hô sont également déclinés sur des calendriers, carnets et objets souvenirs. Cette adaptation permet au patrimoine de trouver sa place dans l’économie contemporaine tout en préservant son identité culturelle.
VNA/CVN




