23/01/2022 09:13
Sous la dynastie des Nguyên, la cour royale faisait fabriquer des livres en métaux précieux (or ou argent doré), afin d’enregistrer les événements importants, les rites royaux… Contenant de riches informations, ils sont devenus un patrimoine inestimable.
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Le livre "Dê hê thi", en or, conservé au Musée national de l’histoire du Vietnam.
Photo : DHC/CVN

Après son intronisation, le roi Gia Long (1802-1820), premier empereur de la dynastie des Nguyên (1802-1945), fit fabriquer des livres à partir de métaux précieux pour enregistrer les grands événements de la cour royale, notamment les cérémonies d’intronisation du roi, la nomination des titres de princes héritiers, de reines ou de concubines…

Ces livres sont de forme rectangulaire, aux couvertures ornées de motifs de dragons ou de phénix. Les écrits sont rédigés en personne par le roi ou de grands mandarins. Et leur fabrication est l’affaire du ministère des Rites. La période historique de grand bouleversement des Nguyên, dernière dynastie féodale du pays, est reflétée en partie dans ces ouvrages.

Le but et le contenu de ces livres étaient mentionnés dans des documents administratifs rédigés par le Quôc Su Quán Triêu Nguyên (Annales de la Cour des Nguyên), tels que le recueil Đai Nam Thuc luc (Annales royales du Grand Vietnam) de la dynastie des Nguyên, Đai Nam liêt truyên (Recueil de biographies de la période des Nguyên) et Khâm Đinh Đai Nam hôi điên su lê (Répertoire officiel des institutions et règlements du Đai Nam), etc.

Đê hê thi, un livre sur la préservation de la lignée 

Le livre Đê hê thi, en or, est le plus lourd et le plus esthétique. Il a une valeur particulière parmi les 94 livres métalliques de cette dynastie actuellement conservés au Musée national d’histoire du Vietnam, car il raconte la nomination des descendants de la famille royale. L’ouvrage, long de 23,2 cm et large de 13,7 cm, a été publié en 1823, soit la 4e année du règne de Minh Mang (1820-1841). De forme rectangulaire, il comprend 11 feuilles (22 pages), deux couvertures, le tout assemblé par quatre anneaux. Les écritures sont en hán (idéogrammes chinois).

Une exposition de livres en or au Musée national de l’histoire.
Photo : VNA/CVN

Đê hê thi est un poème composé par le roi Minh Mang pour déterminer comment baptiser ses descendants, mettant en exergue la piété filiale, l’importance de la continuation et de la préservation de la lignée. L’ouvrage reflète non seulement les affaires internes de la famille royale, mais montre également clairement l’idéologie de cette dynastie dans la gouvernance du pays.

La nomination d’une concubine de Thiêu Tri

D’après le Musée des antiquités de la cour royale de Huê, province de Thua Thiên-Huê (Centre), la réglementation sur le format du livre métallique fut fixée en 1836, sous le règne de Minh Mang. Outre les ouvrages traitant des affaires politiques de la cour, un certain nombre de volumes ont été fabriqués pour les concubines lors de leur nomination aux grades les plus élevés.

Le format du livre varie en fonction du titre de la propriétaire. Par exemple, pour la Première dame (Hoàng Quy Phi), ce sera un livre en or composé de 6 feuilles (12 pages), d’un format de 27 cm x 14,8 cm, avec deux couvertures sculptées de phénix. Les ouvrages pour les premières et deuxièmes concubines (Nhât giai phi et Nhi giai phi), sont en argent doré et ont 5 feuilles (10 pages), un format de 21,6 cm x 12,96 cm.

Cependant, il y a un livre remis à Vo Thi Viên (1815-1880), Première concubine du roi Thiêu Tri (1841-1847) qui a une taille plus grande que prévu : 23 cm x 14 cm. C’est quelque chose de "spécial" pour les chercheurs, qui estiment qu’il s’agissait probablement d’une concubine très appréciée du monarque. 

Le livre en or remis à Vo Thi Viên, Première concubine du roi Thiêu Tri (1841-1847). Photo : CTV/CVN  
En 1846, Thiêu Tri nomma Vo Thi Viên au titre de la Première concubine impériale (Nhât giai Luong phi), de même rang avec Nguyên Thi Nhâm (Nhât giai Lênh phi), et après Pham Thi Hang (Nhât giai Quy phi) désignée comme "Première dame". Le contenu du livre aborde la nomination de Vo Thi Viên à ce titre en appréciant son origine noble, sa famille méritante, ses vertus, sa bonne conduite dans le harem, son honnêteté, et son respect au roi… Vo Thi Viên eut six enfants avec le roi Thiêu Tri : quatre garçons et deux filles. Elle mourut en 1880 à l’âge de 66 ans.

Auparavant, ce livre faisait partie de la collection de Hô Dinh Xuân qui le vendit à des enchères à Paris en 1996. En 2010, l’ouvrage fut de nouveau mis aux enchères et le collectionneur d’antiquités Cao Xuân Truong déboursa plus de 2 milliards de dôngs pour l’acquérir. Début 2013, M. Truong le revendit à un collectionneur d’antiquités à Hanoï, à un prix beaucoup plus élevé. 


La perte des livres en métaux précieux
 
Pendant la domination française, la cour des Nguyên dut remettre aux Français un important volume d’or et d’argent et même les fameux livres en métaux précieux. Actuellement, le pays en conserve 94, au Musée national d’histoire du Vietnam. Parmi les patrimoines nationaux préservés dans ce musée, les objets datant de la dynastie des Nguyên sont importants en termes de nombre et de valeur, notamment les livres en or ou argent doré. En 2016, pour la première fois, 22 de ces livres et 10 trésors nationaux ont été présentés pour la première fois au public dans le cadre d’une exposition.
 
                       

Linh Thao/CVN
 
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