20/03/2021 19:56
Les incendies qui ont ravagé l'Australie en 2019-2020 ont été si massifs qu'ils ont projeté autant de fumée dans la stratosphère qu'une importante éruption volcanique, avec des conséquences importantes pour le climat, selon une étude publiée jeudi 18 mars dans la revue Science.
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Un important incendie alimenté par des vents soutenus aux environs de Perth, en Australie, le 2 février.
Photo : AFP/VNA/CVN

La stratosphère est la deuxième couche constituant l'atmosphère, au-dessus de la troposphère (dans laquelle nous vivons).

"Nous avons été extrêmement surpris" par ces résultats, a confié Ilan Koren, l'un des deux co-auteurs de l'étude et professeur au Weizmann Institute of Science en Israël.

La quantité de fumée est comparable à celle entraînée par l'éruption du Mont Pinatubo en 1991 dans les Philippines, la deuxième plus grosse éruption au XXe siècle.

La fumée "a quitté l'Australie par l'est, et est revenue sur l'Australie depuis l'ouest au bout de deux semaines, c'est incroyable", a déclaré le chercheur. "Je n'ai jamais vu une telle injection (de fumée) dans la stratosphère".

Elle a atteint cette hauteur à cause d'une combinaison de trois facteurs, selon l'étude. D'abord, l'intensité des feux. Ensuite, le fait qu'une partie d'entre eux aie été située au sud, là où la limite entre la troposphère et la stratosphère est plus basse. Enfin, car ils se situaient également près d'une région de fortes tempêtes, ce qui a contribué à élever les fumées en altitude.

Le fait qu'elles aient atteint cette hauteur est crucial : dans l'atmosphère basse, la fumée ne subsiste que quelques jours ou semaines. "Mais lorsqu'elle atteint la stratosphère, elle reste entre plusieurs mois ou années", explique Ilan Koren.

De plus, les vents y sont plus forts, ce qui a pour conséquence de diffuser la fumée loin et vite.

"Ce qu'on obtient, c'est une fine couverture de fumée qui couvre tout l'hémisphère sud pendant de nombreux mois", résume M. Koren.

Les chercheurs ont pu prouver l'existence de cette fumée de janvier 2020 à juillet, soit pendant six mois, grâce à des observations satellites. Ensuite, il devient trop difficile de séparer ces fumées d'autres sources, mais selon Ilan Koren, elles subsistent "très probablement" en partie encore aujourd'hui.

Cette couche de fumée a pour principal effet de refléter et renvoyer une partie du rayonnement solaire : "Cela a clairement un effet refroidissant", notamment sur les océans situés en dessous, dit le chercheur. Avec potentiellement de lourdes conséquences, par exemple sur les algues qui font de la photosynthèse, particulièrement présentes dans l'hémisphère sud, ajoute-t-il.

Par ailleurs, une partie du rayonnement peut-être absorbé par la fumée, et provoquer au contraire un réchauffement localisé, dont les conséquences "ne sont pas encore claires".

AFP/VNA/CVN

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