23/09/2020 11:36
Les députés britanniques ont adopté mardi 22 septembre un amendement leur donnant le droit d'opposer leur veto dans le cas où le gouvernement voudrait mettre en œuvre les dispositions prévues par son projet de loi contrevenant à l'accord du Brexit.
Le Premier ministre britannique Boris Johnson devant la Chambre des communes, le 9 septembre à Londres. 
Photo : AFP/VNA/CVN


Londres s'est attiré les foudres des Européens en présentant un projet de loi, en cours d'examen au Parlement, qui revient partiellement sur l'accord du Brexit signé en janvier, ce qui constitue de son propre aveu à une violation du droit international.

Ce texte a suscité la controverse au sein-même de la majorité conservatrice, certains députés menaçant de ne pas lui donner leur aval, par crainte que ce revirement n'entame la réputation du Royaume-Uni sur la scène internationale.

Mais les "Tories" ont finalement trouvé un compromis avec Boris Johnson, votant mardi 22 septembre un amendement proposé par le gouvernement qui rend désormais obligatoire leur approbation pour l'utilisation des pouvoirs conférés par le nouveau projet de loi.

Le projet de loi controversé, qui sera débattu jusqu'à mardi prochain par les députés avant d'être envoyé à la Chambre des Lords, confie au Royaume-Uni seul le pouvoir -censé être partagé avec les Européens- de prendre certaines décisions en Irlande du Nord, contrairement aux dispositions spéciales prévues pour cette région dans l'accord du Brexit.

Celles-ci visaient à éviter un retour à une frontière avec la République d'Irlande, qui pourrait fragiliser l'accord de paix de 1998 ayant mis fin à trois décennies de violences.

Selon Boris Johnson, le nouveau projet de loi ne sera utilisé que si l'Union européenne met à exécution ses menaces -que Bruxelles nie- d'instaurer un "blocus" alimentaire entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni.

Pour le député Robert Neill, chef de fil de la contestation conservatrice, l'amendement voté mardi permet de tirer "le meilleur d'un mauvais travail". Cependant, cet amendement ne devrait pas calmer l'ire de Bruxelles, alors que les dirigeants du Parlement européen ont menacé de bloquer tout pacte commercial post-Brexit si Londres ne tenait pas ses promesses.

Le Royaume-Uni a officiellement quitté l'Union européenne fin janvier, mais cherche à nouer avant la fin de la période de transition, fixée au 31 décembre, un accord de libre-échange avec ses ex-partenaires.
 

APS/VNA/CVN


 

 


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