07/12/2021 09:07
Le pape François a quitté la Grèce lundi 6 décembre, en bénissant la nation grecque, achevant une visite historique de deux jours et demi notamment sur l'île de Lesbos, marquée par son appel vibrant en faveur d'une meilleure intégration des migrants en Europe, thème central de son pontificat.
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Le pape François visite le Centre d'accueil et d'identification de Mytilène, sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 5 décembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Sur le tarmac avant de décoller pour Rome, le pape argentin François, âgé de 84 ans, a remercié la présidente Katerina Sakellaropoulou et l'ensemble du peuple grec pour leur "gracieuse hospitalité", avant d'invoquer "la bénédiction de Dieu sur la nation".

François était allé auparavant à la rencontre de jeunes d'une école catholique de la banlieue d'Athènes, qu'il a exhortés à ne pas se "contenter de rencontres virtuelles" mais à "rechercher les rencontres réelles".

Dans une ambiance joyeuse, rythmée par des chants religieux d'enfants et adolescents, il a souligné la nécessité de s'ouvrir à l'autre, "surtout ceux qui ont besoin" d'eux.

S'adressant à trois jeunes, Katerina, Ioanna et Aboud, qui lui ont fait part de leurs "doutes" ou de leur expérience, le pape, vivement applaudi, a estimé que "se consacrer aux autres, ce n'est pas pour les perdants, c'est pour les gagnants !".

Traditionnellement très proche des jeunes, François, tout sourire, a estimé qu'"aujourd'hui beaucoup sont très réseaux sociaux mais pas très sociables, repliés sur eux-mêmes, prisonniers du téléphone portable".

"Sur l'écran, il manque l'autre"

"Mais sur l'écran, il manque l'autre personne, ses yeux, son souffle, ses mains, a-t-il assuré devant un parterre d'adolescents. L'écran devient facilement un miroir, devant lequel tu crois être face au monde, alors qu'en réalité tu es seul".

S'adressant à Aboud Gabo, un jeune Syrien de 18 ans qui lui a raconté son "voyage périlleux jusqu'en Grèce" après avoir fui la guerre à Alep, le pape l'a appelé, à l'image de Télémaque dans l'Odyssée, à ne pas se "laisser paralyser" par ses peurs.

"Rêvez en grand et rêvez ensemble ! (...) Nourrissez le courage de l'espérance", s'est exclamé le pape, longuement acclamé par des "Papa Francisco" en grec.

La veille, sur l'île de Lesbos, François, ardent défenseur de la cause des migrants, a appelé à mettre fin à un "naufrage de civilisation" dans un vibrant discours au camp de Mavrovouni.

Il a longuement salué et béni des familles, parmi lesquelles de nombreux enfants dont certains l'ont enlacé. "Welcome !" (bienvenue), "We love you" (nous vous aimons), "Merci", pouvait-on entendre.

La Méditerranée "est en train de devenir un cimetière froid sans pierres tombales (…). Je vous en prie, arrêtons ce naufrage de civilisation !", a lancé le pape dimanche 5 décembre.

"Mare mortuum"

Le pape François dans le Centre d'accueil et d'identification de Mytilene sur l'île grecque de Lesbos, le 5 décembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Sous une tente du camp, il a écouté, visiblement ému, les chants d'une chorale d'exilés, avant de déplorer que la Méditerranée, "berceau de tant de civilisations" soit "désormais comme un miroir de la mort", rappelant "les images crues des petits corps gisant sur les plages".

"Ne permettons pas que la mare nostrum se transforme en une désolante mare mortuum, que ce lieu de rencontre devienne le théâtre de conflits! Ne laissons pas cette mer des souvenirs devenir la mer de l'oubli", a-t-il exhorté devant la présidente grecque, le vice-président de la Commission européenne, Margaritis Schinas, et le ministre grec des Migrations, Notis Mitarachi.

Arrivé samedi 4 décembre en Grèce après un voyage à Chypre, d'où 50 migrants seront transférés à Rome, François, lui-même issu d'une famille de migrants italiens, a été chaleureusement accueilli par une foule de demandeurs d'asile massés entre les conteneurs du camp qui abrite près de 2.200 personnes.

En avril 2016, François avait déjà visité un camp de migrants à Lesbos, celui de Moria, détruit par les flammes il y a un an, quand l'île était la principale porte d'entrée de migrants en Europe, et avait créé la surprise en ramenant avec lui 12 réfugiés syriens.

Au cours de ce 35e voyage, le pape a été reçu deux fois par le chef de l'Église orthodoxe grecque, Mgr Hiéronyme II, lui demandant à nouveau "pardon" pour les "erreurs commises par de nombreux catholiques", comme l'avait fait Jean Paul II en 2001 à Athènes.

Dans la capitale grecque, où c'était la première visite d'un pape en deux décennies, il a célébré une messe dimanche 5 décembre devant quelque 2.000 fidèles où il a prêché pour "la petitesse et l'humilité".

François a également rencontré lundi matin 6 décembre le président du parlement grec, Konstantinos Tassoulas, et le chef de l'opposition Alexis Tsipras, après s'être entretenu samedi 4 décembre avec la présidente et le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis. 

AFP/VNA/CVN
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