Le budget alimentaire des Français pourrait bondir de 224 euros en 2022

"Le pire est à venir" : dans un contexte de forte inflation, le coût de l'alimentation pourrait flamber en 2022 de plus de 200 euros par personne en France, avertit l'assureur crédit Allianz Trade dans une étude publiée mardi 24 mai.

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Faire des achats dans un supermarché en Europe.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Les prix des distributeurs alimentaires pourraient croître de 8,2%, ce qui engendrerait une hausse des dépenses alimentaires annuelles de 224 euros par personne cette année, pour un total atteignant 2.963 euros", détaille Aurélien Duthoit, conseiller sectoriel chez Allianz Trade.

Par rapport au reste du Vieux Continent, les Français ne seraient pourtant pas les plus mal lotis : la hausse moyenne du budget alimentaire au sein de l'Union européenne s'afficherait ainsi à 243 euros, et les Allemands paieraient même 254 euros supplémentaires en 2022.

Un différentiel qui s'explique entre autres par une "structure de marché très concentrée en France, qui donne une surface financière importante aux distributeurs et leur permet d'absorber une partie de la hausse des coûts d'achat", décrypte Aurélien Duthoit.

"Les synergies réalisées par les groupes au niveau de leurs centrales d'achat" permettent aussi de circonscrire l'impact de la hausse des coûts de production sur les prix de vente, ajoute-t-il.

Les estimations de hausse du budget alimentaire en 2022 se basent sur l'hypothèse que les distributeurs répercutent sur leurs prix de vente 75% de la hausse des prix qu'ils paient aux industriels du secteur agroalimentaire.

Or à l'heure actuelle, moins de la moitié de cette hausse des prix de production a été répercutée sur les consommateurs.

En effet, "les industriels du secteur agroalimentaire européen ont augmenté leurs prix de 14% depuis le début de l'année 2021", là où "les distributeurs de produits alimentaires n'ont en revanche augmenté leurs prix que de 6%", précise Aurélien Duthoit.

Besoins vitaux

Selon l'assureur crédit, le rythme auquel les prix de vente s'aligneront sur les prix de production demeure "très incertain, vu la volatilité de l'environnement" économique actuel marqué notamment par les tensions entre la Russie et l'Ukraine.

Le conflit, qui oppose deux grandes puissances agricoles, a déjà eu des conséquences très concrètes sur les prix : les industriels facturent ainsi les huiles et graisses 53% plus cher qu'en 2021.

Le coût des farines pour les distributeurs a quant à lui bondi de 28%, et celui des pâtes de 19%.

Selon les dernières données de l'Insee, l'inflation a progressé de 4,8% sur un an en avril et les prix alimentaires de 3,8%.

Et la hausse n'est pas près de s'arrêter selon Allianz Trade, puisque les distributeurs, sortis de deux années de pandémie "très profitables à leur chiffre d'affaires comme à leur bénéfice", n'ont pas besoin de maintenir coûte que coûte leurs volumes de vente en abaissant les prix.

Par ailleurs, les stratégies de définition des prix de vente sont de plus en plus fines grâce à l'évolution de la technologie.

Les rabais consentis par les distributeurs ont donc tendance à être nettement plus sélectifs que par le passé, puisqu'ils sont adaptés à chaque magasin voire même à chaque consommateur.

"Pour certains, la hausse des prix de l'alimentation ne pèsera que sur leur capacité à épargner ; pour d'autres, elle pourrait menacer encore davantage leur capacité à assouvir leurs besoins vitaux", conclut Allianz Trade.

Un avertissement lancé alors que le gouvernement prépare pour la fin juin un budget rectificatif qui devrait notamment aboutir à la distribution d'un chèque alimentaire.

AFP/VNA/CVN

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