La Pologne prend la tête de l'UE pour six mois

La Pologne a pris le 1 juillet les rênes de l'Union européenne pour six mois en conditionnant son entrée dans l'euro à un règlement durable de la crise de la dette et en exigeant de pouvoir participer aux conclaves des pays de la seule Union monétaire.

Bien qu'encore non membre de la zone euro, la Pologne a l'ambition d'être active et ne pas se laisser marginaliser dans les discussions en cours sur l'avenir de la monnaie commune, contrairement à la Hongrie qui l'a précédée à la tête des Vingt-Sept. Budapest a été rapidement éclipsé sur ces dossiers.

Les événements survenus dans la zone euro n'ont pas découragé la Pologne d'adopter la monnaie commune, a assuré son Premier ministre Donald Tusk à un groupe de journalistes étrangers le 1 juillet dernier.

Mais il a conditionné l'adhésion de son pays à un durcissement réel de la discipline budgétaire commune, afin de tirer les leçons de la crise de l'endettement excessif en Grèce et ailleurs, qui constitue "un des moments les plus difficiles" de l'histoire de l'UE.

"Nous adhèrerons (à l'euro) lorsque nous respecterons les critères" exigés "et quand nous aurons un système qui fasse appliquer de manière permanente ces critères" dans la zone euro, a-t-il martelé. "C'est le seul moyen d'être persuadé que ces critères sont dignes de confiance", a prévenu M. Tusk.

Or, "Aujourd’hui, il y a moins d'États membres qui ont respecté le Pacte de stabilité que d'États qui l'ont violé", a-t-il déploré.

En tant que présidente des Vingt-Sept, la Pologne aura la responsabilité d'animer les réunions des ministres des Finances de l'ensemble des pays de l'UE. En théorie, Varsovie n'a pas le droit en revanche d'assister à celles des seuls 17 pays de la zone euro, présidées par Jean-Claude Juncker, où se décide le sort de la Grèce notamment.

Mais le pays a exigé malgré tout d'en être. M. Tusk a fait état d'une "réunion assez violente" à ce sujet avec ses partenaires.

"On nous a dit que la zone euro a le droit de se réunir de manière indépendante", a-t-il expliqué. Mais "je vais continuer à dire à mes partenaires européens que parce que nous assurons la présidence, afin d'être informés, nous devrions participer aux réunions de la zone euro", a-t-il souligné.

Ces explications orageuses ont fini par porter leurs fruits. "M. Juncker a invité le ministre polonais des Finances, Jacek Rostowski, à participer à l'Eurogroupe", a indiqué son porte-parole, Guy Schuller.

La prochaine réunion de ce forum devait avoir lieu le 3 juillet sur la Grèce. Elle a finalement été avancée au 2 juillet et transformée en simple conférence par téléphone.

La Pologne a bien l'intention pendant sa présidence de marquer son empreinte et d'être acceptée au rang de grand pays au sein de l'Union européenne.

M. Tusk a promis d'œuvrer au renforcement au sein de l'UE du rôle des institutions européennes à Bruxelles comme la Commission, reléguée le 4 juillet au second plan par l'Allemagne et la France qui donnent le ton dans la gestion de la crise de la dette.

La Grèce, quant à elle, a obtenu le 2 juillet au soir l'assurance qu'elle recevrait avant mi-juillet l'argent dont elle a un besoin urgent pour éviter la faillite, avant un nouveau plan de sauvetage à plus long terme qui pourrait selon Berlin se faire attendre jusqu'à l'automne. Les ministres des Finances de la zone euro ont donné leur feu vert au versement "d'ici le 15 juillet" à Athènes de 8,7 milliards d'euros de prêts, selon un communiqué publié à l'issue d'une conférence téléphonique de leur forum de discussion, l'Eurogroupe.

AFP/VNA/CVN

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