21/10/2020 16:28
Au plus haut dans certaines métropoles depuis la rentrée, l'épidémie de COVID-19 s'est étendue ces derniers jours sur le territoire français alors que les hôpitaux affrontent déjà une charge élevée de patients dans plusieurs régions.
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Dans le Service des urgences de l'hôpital Saint-André, à Bordeaux, le 20 octobre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Face à la dégradation, les appels de médecins à respecter les gestes barrières et les mesures de protection, notamment dans la sphère privée, se multiplient bien que près de 20 millions d'habitants soient déjà contraints de rester chez eux de 21h00 à 06h00 depuis samedi 17 octobre.

"La situation est grave. Il faut nous croire", ont lancé dans un texte commun des médecins et doyens de facultés de la région Auvergne-Rhône-Alpes à l'appel du président de la Commission médicale d'établissement des Hospices civils de Lyon, le Pr Olivier Claris.

Ainsi, pour la première fois depuis mai, le nombre total de malades du COVID-19 actuellement en réanimation a dépassé la barre des 2.000 lundi soir 19 octobre. C'est encore loin du pic de l'épidémie, quand plus de 7.000 patients COVID-19 se trouvaient en réa. Mais plus de 150 cas graves font leur entrée chaque jour dans ces services de pointe et ils étaient 278 de plus mardi 20 octobre.

Un nombre qui va "continuer à augmenter dans les deux prochaines semaines (du fait du délai entre la contamination et les complications)", a prévenu M. Véran.

Entre lundi 19 et mardi 20 mars, 163 personnes sont décédées du COVID-19.

Dans le département du Nord, aux Hospices civils de Lyon ou en région parisienne, le taux d'occupation des lits de réanimation par des patients COVID-19 dépasse les 50%, selon les informations recueillies par l'AFP.

"Il ne faut pas oublier qu'il y a des patients qui souffrent d'autre chose que du COVID et qu'on doit prendre en charge, ce sont les pathologies cardiovasculaires, la chirurgie lourde, les cancers", prévient Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille.

"Trop vite" 

En Auvergne-Rhône-Alpes, l'Agence régionale de santé (ARS) a demandé aux hôpitaux de cinq départements de déprogrammer les interventions non urgentes pour libérer de la place et les premiers transferts de malades ont eu lieu.

En région parisienne, où les déprogrammations ont commencé il y a plus longtemps, avec "655 malades en réanimation COVID+ ce (mardi 20 octobre) matin", soit 110 de plus que vendredi 16 octobre, "les chiffres montent désormais très vite, trop vite", s'est alarmé de son côté le directeur de l'ARS Île-de-France, Aurélien Rousseau.

"Il faut espérer que les mesures de confinement nocturne aient un impact, mais ça ne sera pas immédiat", prévient Philippe Amouyel qui en appelle aussi à la "responsabilité" individuelle.

"On peut contrôler que vous ne sortiez pas la nuit, que vous mettiez votre masque dans le métro ou au travail... autant dans la sphère privée il n'y a pas de contrôles possibles", constate-t-il.

Le gouvernement a averti que les couvre-feux, décidés dans huit métropoles, Paris et toute la région Île-de-France, n'auront pas d'effet avant deux à trois semaines.

"J'ai toute confiance dans les capacités de l'hôpital à tenir. La digue est solide. Mais la vague ne doit pas monter trop haut, c'est l'objectif du passage à l'état d'urgence sanitaire", a souligné le ministre de la Santé, Olivier Véran, dans un entretien aux Échos.

Personnes âgées 

Des gendarmes patrouillent dans les rues désertes de Montpellier, le 17 octobre.
Photo : AFP/VNA/CVN

En attendant, les chiffres des contaminations flambent.

Ainsi, le taux d'incidence, soit le nombre de nouveaux cas sur sept jours pour 100.000 habitants, dépasse le seuil d'alerte maximale (250) dans 22 départements au 16 octobre, contre 10 une semaine plus tôt - et seulement un deux semaines avant, selon les données disponibles sur Santé publique France (SpF).

Au plus haut dans certaines métropoles touchées par le couvre-feu, comme à Saint-Étienne (716), Lille (675), Lyon (582), Grenoble (460), le taux d'incidence est aussi en hausse à Clermont-Ferrand (322), Tours (237) ou Nantes (194). Dans l'Eurométropole de Strasbourg, où il frôle désormais le seuil d'alerte maximale, le taux d'incidence "double chaque semaine", constate l'ARS du Grand est.

Cette dégradation s'observe aussi chez les plus de 65 ans. Le seuil d'alerte maximale, qui se situe à 100 nouveaux cas pour 100.000, est dépassé dans 18 des 22 métropoles.

"C'est dans cette population qu'on va avoir les patients qui vont avoir besoin d'être hospitalisés et d'aller en réanimation", souligne Philippe Amouyel.

AFP/VNA/CVN

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