13/03/2021 16:10
La France a dépassé vendredi 12 mars la barre symbolique des 90.000 morts du COVID-19 depuis le début de l'épidémie il y a un an et n'est toujours pas sortie d'affaire, puisque la situation de l'Île-de-France inquiète, au point de faire ressurgir l'hypothèse d'un confinement.
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Évolution en France du nombre de nouveaux cas, hospitalisations, entrées en réanimation et décès, totaux et tendances pour ces quatre indicateurs, au 10 mars. Photo : AFP/VNA/CVN

Selon l'agence sanitaire Santé publique France, 90.146 personnes sont mortes du COVID-19 depuis le début de l'épidémie dans les hôpitaux et les établissements type Ehpad (dont 64.835 à l'hôpital), sans compter les décès à domicile. Ce décompte ne va pas s'arrêter là : avec 20.000 à 30.000 cas par jour (25.000 vendredi 12 mars), l'épidémie est loin de faiblir, et la situation est jugée particulièrement inquiétante en Île-de-France.

"Nous suivons au jour le jour cette situation pour nous tenir prêts à tout moment à prendre les mesures que celle-ci appelle", a déclaré le Premier ministre Jean Castex après une visite à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. "Le trou de souris s'est rétréci (avant de confiner, ndlr). Là, on pousse le dernier curseur avec les transferts de patients", a indiqué un cadre de la majorité. Jeudi 11 mars, le ministre de la Santé Olivier Véran avait annoncé le transfert prochain "de dizaines, voire de centaines de patients" d'Île-de-France vers d'autres régions, pour éviter que les réanimations débordent. Et des opérations sont déprogrammées pour libérer des lits.

"On risque d'être dos au mur parce qu'à force d'attendre, il n'y aura plus de stratégie alternative au confinement", a déploré Anne Souyris, adjointe EELV à la mairie de Paris chargée de la santé publique, en réclamant "une vaccination à un niveau beaucoup plus important dans les zones très touchées". "Ce week-end, en Île-de-France, nous allons accélérer la vaccination comme le week-end dernier, avec 25.000 doses supplémentaires", a promis Jean Castex.

Les réas intriguent

Selon l'Agence régionale de santé (ARS), 1.082 malades sont hospitalisés en réa dans la région la plus peuplée du pays, et le taux d'incidence est de 365 cas pour 100.000 habitants (et même 464 en Seine-Saint-Denis) contre 220 au niveau national. L'exécutif a jusque-là voulu éviter un confinement strict, comme au printemps. Il a plutôt opté pour des confinements locaux le week-end, dans les Alpes-Maritimes, à Dunkerque et dans le Pas-de-Calais. En outre, la métropole vit depuis sept semaines sous couvre-feu de 18h00 à 06h00, et les restaurants, bars, lieux culturels et salles de sport sont fermés depuis quatre mois.

Vaccination avec AstraZeneca dans une pharmacie à Paris, le 12 mars.
Photo : AFP/VNA/CVN

Dans tout le pays, plus de 4.000 malades sont en réanimation, un niveau inédit depuis fin novembre. Cela reste en-dessous des pics de la première (7.000 au printemps) et deuxième vague (4.900 à l'automne), mais le rythme s'est accéléré. Nombre de médecins notent d'ailleurs que les admissions en réa augmentent plus vite que les hospitalisations ou le nombre d'infections. Et par endroits, ces patients gravement atteints semblent plus jeunes qu'avant. Tout cela pourrait en partie être dû au variant anglais, qui représente désormais plus de 67% des cas positifs.

"Le variant serait responsable de davantage de formes graves. Ceci expliquerait pourquoi les réanimations se remplissent plus vite", a avancé Olivier Véran jeudi. Il s'appuie sur une étude anglaise selon laquelle le variant est 64% plus mortel que le coronavirus classique, en plus d'être plus contagieux. "C'est difficile de conclure car il y a pas mal de facteurs qui s'entremêlent", a commenté vendredi 12 mars Daniel Levy-Bruhl, de l'agence sanitaire Santé publique France. Selon lui, "l'impact de la vaccination" chez les plus âgés, désormais mieux protégés, pourrait également expliquer pourquoi certains services de réa semblent accueillir davantage de jeunes.

Quatre vaccins

Même si cela semble de plus en plus difficile, les autorités parient sur une accélération de la vaccination pour contrer l'épidémie, avec un objectif de 10 millions de premières injections d'ici mi-avril.

Des intermittents manifestent et occupent le théâtre de la Colline à Paris, le 9 mars, pour demander la réouverture des théâtres. Photo : AFP/VNA/CVN

Pour l'instant, 4,8 millions de personnes en France ont reçu au moins une injection d'un des trois vaccins disponibles, et 2,2 millions deux doses. Et à terme, la France va disposer d'un quatrième vaccin, après l'autorisation accordée vendredi 12 mars à celui de Johnson & Johnson.

Mais la décision de plusieurs pays de suspendre l'utilisation du vaccin AstraZeneca, risque de nourrir la défiance. Ces pays ont pris cette mesure par précaution à cause de craintes liées à la formation de caillots sanguins. Mais il "n'y a pas de raison de ne pas utiliser" ce vaccin, a répliqué vendredi 12 mars l'OMS. En effet, ce risque de troubles de la coagulation n'est statistiquement pas plus fort chez les patients vaccinés avec AstraZeneca que chez les autres, insistent les autorités sanitaires européennes et françaises.

Alors que 87% d'entre eux ont reçu au moins une dose de vaccin, les résidents des Ehpad vont pouvoir retrouver une vie un peu plus normale puisqu'ils seront dès samedi autorisés à sortir de leur établissement, avec des protections supplémentaires pour les personnes non vaccinées, a annoncé vendredi soir 12 mars la ministre chargée de l'Autonomie, Brigitte Bourguignon.
AFP/VNA/CVN



 

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