14/01/2022 08:18
La Cour suprême des États-Unis a bloqué jeudi 13 janvier la décision de Joe Biden d'imposer le vaccin anti-COVID dans les entreprises de plus de 100 salariés, infligeant un revers de taille au président démocrate et minant ses efforts pour endiguer la pandémie.
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La Cour suprême des États-Unis à Washington le 11 janvier.
Photo : AFP/VNA/CVN

La haute juridiction a en revanche validé l'obligation de vaccination pour les employés des structures de santé qui bénéficient de fonds fédéraux.

Aux États-Unis, où le virus a fait plus de 845.000 morts, seulement 62% de la population est totalement vaccinée en raison de fractures politiques très marquées sur la question.

Après des mois à tenter de convaincre les réticents, Joe Biden avait annoncé en septembre vouloir rendre la vaccination obligatoire pour les employés de grandes entreprises, du secteur médical et les fonctionnaires fédéraux.

Au pays des libertés individuelles, sa décision avait immédiatement été dénoncée comme un abus de pouvoir par les élus républicains et par une partie du monde économique.

La Cour suprême leur a donné raison jeudi 13 janvier, au moins en ce qui concerne les quelque 84 millions de personnes employées dans des entreprises comptant plus de 100 salariés.

L'administration leur a "ordonné de se faire vacciner contre le COVID ou de subir des tests toutes les semaines, à leurs propres frais. Ce n'est pas l'exercice quotidien du pouvoir fédéral, mais une intrusion dans la vie et la santé d'un large nombre d'employés", a-t-elle écrit dans son arrêt.

La décision a été prise avec une majorité de six magistrats sur neuf, tous conservateurs. Dans un texte distinct, les trois juges progressistes de la Cour les ont accusés d'avoir agi "en dehors de leur champ de compétence et sans base légale".

Biden "déçu"

"Je suis déçu que la Cour suprême ait choisi de bloquer une requête de bon sens, susceptible de sauver des vies", a commenté Joe Biden qui a fait de la lutte contre la pandémie un des priorités de son mandat.

Joe Biden à la Maison Blanche le 3 novembre 2021.
Photo : VNA/CVN

Les experts se sont montrés encore plus pessimistes. "Cette décision va entraîner plus de souffrances, de morts et d’hôpitaux débordés", a ainsi tweeté Ashish Jha, chercheur en santé publique à l'Université Brown.

Les républicains, à l'inverse, jubilaient.

"La liberté a gagné !", a tweeté l'ancien vice-président républicain Mike Pence, illustrant un point de vue largement partagé à droite selon lequel il revient aux individus de choisir leurs moyens de leur protection aussi bien sur le port du masque que sur le vaccin.

Petite consolation pour le président : la Cour suprême a validé, avec les voix des trois juges progressistes et deux conservateurs, l'obligation vaccinale dans les centres de soins, qui concerne environ 10 millions de personnes.

"Faire en sorte que les centres de soins prennent des mesures pour éviter de transmettre à leurs patients un virus dangereux est un principe fondamental de la profession médicale : d'abord, ne pas causer de mal", ont-ils justifié dans leur arrêt.

AFP/VNA/CVN
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