14/03/2021 18:06
Israël tiendra mardi 16 mars ses quatrièmes élections législatives en moins de deux ans, qui se dérouleront cette fois sur fond d'intense campagne de vaccination contre le COVID-19, devenue un précieux argument pour le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu.
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Affiche électorale à Tel-Aviv le 12 mars 2021. Photo : AFP/VNA/CVN

Le 2 mars 2020. Le virus commence à déferler sur le Moyen-Orient quand les Israéliens sont conviés aux urnes pour une troisième fois en quelques mois, après un nouvel échec des partis à s'entendre sur un gouvernement.

Israël, qui compte alors une poignée de cas de contamination, tient les premières grandes élections au monde pendant la pandémie. Des bureaux de vote spéciaux pour les électeurs soupçonnés d'être infectés sont mis en place sous la supervision de personnel en combinaison spéciale donnant au scrutin des airs de science-fiction.

Un an plus tard, Israël retourne aux urnes le 23 mars et le virus est toujours là. Mais, cette fois, le gouvernement mène tambour battant une campagne de vaccination à la faveur d'un accord ayant permis d'assurer un approvisionnement rapide en doses des laboratoires Pfizer/BioNTech, en échange de données biomédicales sur les effets du vaccin.

"Laboratoire du monde"

À la tête du "laboratoire du monde", le Premier ministre Netanyahu, chef de gouvernement le plus pérenne de l'histoire du pays avec quinze années au pouvoir dont les douze dernières sans discontinuer, joue à fond la carte, dit-il, de la "Vaccine nation" - le pays du vaccin.

Âgé de 71 ans et en procès pour corruption dans une série d'affaires qui a provoqué des manifestations contre lui, Benjamin Netanyahu a lancé sa campagne en se faisant vacciner le premier, en direct à la télévision. Aujourd'hui, plus de quatre millions d'Israéliens (45% de la population) ont reçu les deux doses du vaccin Pfizer dans un pays par ailleurs critiqué pour avoir fourni un nombre limité de doses aux Palestiniens.

"Savez-vous combien de Premiers ministres et de présidents appellent Pfizer et Moderna? Ils ne répondent pas, mais moi, ils ont pris mon appel et je les ai convaincus qu'Israël serait un modèle pour le vaccin (...). Qui continuera à faire ça? Ce ne sera pas Lapid, Bennett ou Gideon", a martelé cette semaine M. Netanyahu, citant ses adversaires.

Lors des trois derniers scrutins, le Likoud (droite) de M. Netanyahu avait terminé presque à égalité avec le parti centriste "Bleu-Blanc" de l'ancien chef de l'armée Benny Gantz. Disant vouloir unir le pays pour affronter la tempête coronavirus, M. Gantz avait finalement formé au printemps 2020 un gouvernement de coalition avec M. Netanyahu. Ce cabinet a tenu sept mois avant d'imploser, d'où les nouvelles élections. Et, cette fois, les appuis de M. Gantz sont en chute libre.

En conséquence, M. Netanyahu n'a pas un opposant mais trois: le centriste Yaïr Lapid, le conservateur Gideon Saar et le chantre de la droite radicale Naftali Bennett. Les derniers sondages créditent M. Netanyahu de la pole position, avec 27 à 30 sièges sur les 120 de la Knesset (Parlement), contre environ 17-20 pour Yaïr Lapid, une douzaine pour le parti Yamina de Naftali Bennett, une dizaine pour Gideon Saar, et le reste pour près d'une dizaine d'autres formations.

"Abou Yaïr"

Mais "les Israéliens sont extrêmement sceptiques quant à ces dernières élections qui pourraient se terminer dans une nouvelle impasse politique", note Yohanan Plesner, directeur de l'Institut démocratique d'Israël (IDI), évoquant une "fatigue électorale". Dans l'état actuel des intentions de vote, M. Netanyahu et ses alliés de la droite religieuse n'ont pas suffisamment d'appuis pour atteindre le seuil de la majorité (61 sièges), ni d'ailleurs Yaïr Lapid, ce qui pourrait faire du non-aligné Naftali Bennett le nouveau "faiseur de roi".

Autre nouveauté pour ce scrutin: les accords de normalisation ces derniers mois entre Israël et des pays arabes (Emirats arabes unis, Bahreïn, Soudan, Maroc), un succès diplomatique sur lequel M. Netanyahu, critiqué dans la rue pour sa gestion économique de la pandémie, essaie aussi de capitaliser.

Le Premier ministre a multiplié les déplacements dans les villes arabes, un électorat qui lui est historiquement réfractaire, assurant que la normalisation apporterait de nouvelles opportunités pour la minorité arabe (20%), et se targuant même de s'y faire appeler familièrement "Abou Yaïr" - "le père de Yaïr" (en arabe), prénom de son fils.

AFP/VNA/CVN
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