>> Le kérosène temporairement exclu du calcul du prix de base des carburants
>> L'indice des prix à la consommation en hausse de 3,51% au premier trimestre
>> Gouvernement : l'approvisionnement en carburant garanti jusqu'à fin avril
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| Dans un contexte marqué par la volatilité persistante des prix mondiaux de l’énergie, les pressions inflationnistes devraient se maintenir dans les mois à venir. |
| Photo : VNA/CVN |
Selon les données de l’Office national des statistiques du ministère des Finances, l’indice des prix à la consommation (IPC) a progressé de 1,23% en mars 2026 par rapport au mois précédent, de 2,44% par rapport à décembre 2025 et de 4,65% en glissement annuel. Il s’agit de la hausse la plus élevée enregistrée pour un mois de mars au cours des cinq dernières années, traduisant une intensification notable des tensions inflationnistes.
Cette évolution s’explique principalement par la hausse des prix des carburants sur le marché intérieur, en ligne avec les tendances internationales, ainsi que par l’augmentation des coûts des matières premières et du transport. "La hausse des prix de l’énergie a entraîné une augmentation des coûts de production et de logistique, se répercutant sur de nombreux groupes de biens et services", a indiqué l’Office national des statistiques (ONS).
Parmi les onze groupes de biens et services composant le panier de consommation, neuf ont enregistré des hausses, le groupe des transports affichant la progression la plus marquée (+12,85%). Cette augmentation résulte directement de la flambée des prix de l’essence (+29,72%) et du diesel (+57,03%), dans un contexte de perturbations de l’approvisionnement énergétique mondial liées aux tensions au Moyen-Orient.
La hausse des carburants a entraîné une augmentation significative des coûts de transport, avec des répercussions sur les services de transport de passagers : le transport aérien a progressé de plus de 23%, le rail de près de 14% et le transport fluvial de plus de 6%. Cet effet de diffusion contribue à une hausse généralisée des prix dans l’ensemble de l’économie.
Par ailleurs, le groupe logement, eau, électricité, combustibles et matériaux de construction a progressé de 0,77%, notamment sous l’effet de la hausse du prix du kérosène (+62%), du gaz (+5,56%) et des matériaux de construction. Le groupe santé a également enregistré une légère hausse (+0,38%), liée à l’augmentation des coûts d’importation et à l’ajustement des tarifs dans certaines localités.
À l’inverse, le groupe alimentation et services de restauration a reculé de 0,59%, en raison d’une baisse des prix des denrées alimentaires (-1,41%), contribuant ainsi à atténuer la hausse globale de l’IPC. Le groupe culture, loisirs et tourisme a également légèrement diminué, dans un contexte de repli de la demande après le Têt traditionnel.
Sur l’ensemble du premier trimestre 2026, l’IPC a progressé de 3,51% en glissement annuel, tandis que l’inflation sous-jacente a atteint 3,63%, dépassant légèrement l’inflation globale. Cette évolution souligne la persistance de pressions inflationnistes structurelles au sein de l’économie.
L’analyse de l’ONS montre que la hausse de l’IPC est principalement tirée par les biens essentiels. Le groupe logement et matériaux de construction (+5,69%) a contribué à hauteur de 1,29 point de pourcentage à l’inflation globale. Cette progression s’explique par l’augmentation des loyers (+6,55%), liée à la hausse des coûts d’exploitation, ainsi que par le renchérissement des matériaux de construction (+12,26%), dans un contexte de forte demande et d’augmentation du coût des intrants. Les tarifs de l’électricité ont également progressé de 5,55%, accentuant le coût de la vie.
Le groupe alimentation et services de restauration a, quant à lui, augmenté de 4,55%, constituant la contribution la plus importante à l’IPC (+1,63 point de pourcentage). La hausse des prix du porc (+7,14%), liée à des contraintes d’offre et à l’augmentation des coûts d’élevage, ainsi que celle des produits avicoles et des services de restauration hors domicile, expliquent en grande partie cette évolution.
D’autres groupes, tels que l’éducation, les boissons, les équipements ménagers, l’habillement et le tourisme, ont enregistré des hausses modérées, tandis que le groupe des transports a rebondi sous l’effet de la flambée des prix des carburants en mars.
En revanche, le groupe information et communication a reculé de 0,2%, grâce à la baisse des prix des équipements technologiques, contribuant à contenir partiellement l’inflation.
Selon l’Office national des statistiques, une poursuite de la hausse des prix du pétrole, notamment en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, pourrait entraîner une augmentation supplémentaire de l’IPC de 1 à 2 points de pourcentage, rendant plus difficile l’objectif de contenir l’inflation en dessous de 4,5% en 2026, fixé par l’Assemblée nationale.
Dans ce contexte, Nguyên Thu Oanh, responsable du département des statistiques des services et des prix, a souligné la nécessité d’un suivi étroit des pressions inflationnistes et d’une réponse proactive. Elle a insisté sur l’importance de surveiller l’évolution des prix des carburants sur les marchés national et international afin d’ajuster en temps opportun les politiques de régulation.
Elle a également mis en avant la nécessité de garantir un approvisionnement stable en carburants pour le marché intérieur et de renforcer la gestion du marché, afin de prévenir les hausses de prix injustifiées des biens et services et d’éviter les comportements opportunistes.
Sur la base de l’analyse des coûts des intrants et de l’offre de biens essentiels, l’ONS recommande enfin au gouvernement d’envisager des mesures de soutien aux entreprises, notamment à travers une gestion plus flexible des prix des carburants, des coûts de transport et des frais logistiques, afin de limiter les répercussions inflationnistes sur l’économie.
VNA/CVN




