France
Fusillade dans la banlieue de Metz : un mort et deux blessés graves

Un quartier sensible de la banlieue de Metz (France) s'est réveillé sous le choc dimanche 31 mai après une fusillade en pleine rue dans la nuit : un homme en état d'ébriété a tué une femme de 22 ans et blessé trois personnes, dont deux gravement, avant d'être maîtrisé et interpellé par la police.

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Le tireur présumé, qui portait sur lui un pistolet automatique d'un calibre 9 mm acquis frauduleusement et dont le port est interdit aux particuliers, avait ouvert le feu dans une rue du quartier Boileau, à cheval entre les communes de Metz et de Woippy.

Cet ouvrier du BTP sans emploi de 49 ans, déjà condamné notamment pour port d'arme illégal, a pu chercher à se venger après une "altercation sur fond d'alcoolisation" lors d'une fête dans le secteur, pour un motif apparemment "futile", a indiqué le procureur de Metz, Christian Mercuri.

Des véhicules de police municipale et de pompiers dans le quartier Boileau où un homme ivre a tiré sur des passants.

Outre la jeune femme de 22 ans morte après avoir été touchée par plusieurs balles, le frère de la victime âgé de 25 ans et un jeune homme de 18 ans se trouvaient dans un état très grave, l'un touché à la tête et l'autre à l'abdomen. Leurs jours étaient encore en danger dimanche après-midi, a précisé M. Mercuri.

Au total, une quinzaine de douilles ont été trouvées sur cinq scènes de crime différentes par les enquêteurs.

Tout avait commencé vers 22h00, alors que plusieurs fêtes avaient été organisées au pied des barres et dans une cage d'escalier par des habitants du quartier.

Selon plusieurs témoins interrogés par l'AFP, le tireur présumé, venu d'un quartier voisin, avait auparavant participé à l'une de ces soirées, fortement alcoolisée.

"Au début on a tous cru que c'étaient des pétards, et puis j'ai vu un homme armé qui tirait sur tout le monde", raconte Dylan, 20 ans, salarié dans une société d'entretien.

"Je ne voulais pas croiser le regard du tireur au risque de me prendre une balle", témoigne Louisa, 43 ans, qui rentrait chez elle avec la plus jeune de ses deux enfants quand elle a entendu les coups de feu.

De sa fenêtre, elle a ensuite aperçu les secours qui s'affairaient à tenter de ranimer la jeune femme de 22 ans : en vain.

Au moment où on tentait de la ranimer à coups de massages cardiaques, d'autres tirs étaient entendus dans un périmètre de 500 mètres et les policiers se lançaient aux trousses du tireur.


Maîtrisé au taser

Repéré par une patrouille équipée de pistolets taser à impulsions électriques, il a été neutralisé au moment où il était en passe de "s'en prendre peut-être à une nouvelle victime", a souligné un enquêteur.

"S'il avait eu le temps, il aurait sans doute ouvert le feu" sur les policiers, son arme étant encore chargée et prête à tirer, selon le commissaire de police à la Sécurité publique de Moselle, Olivier Saudreau.

Il avait également d'autres munitions de réserve dans les poches.

"L'agresseur a pris des risques énormes" en mettant en joue les policiers, a remarqué le sénateur-maire de Woippy, François Grosdidier (Républicains) tout en louant le "grand professionalisme" des forces de l'ordre.

Le procureur a salué leur "sang-froid exceptionnel" qui a permis d'éviter d'alourdir encore le terrible bilan du drame.

Placé en garde à vue, le tireur présumé devait être déféré devant un juge d'instruction en vue d'une mise en examen, probablement pour assassinat et tentative d'assassinat si l'enquête permet de retenir la préméditation du passage à l'acte.

L'homme avait déjà été condamné à une peine de cinq ans d'emprisonnement dont une partie avec sursis pour agression sexuelle et violences, ainsi qu'infraction à la législation sur les armes.

AFP/VNA/CVN

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