28/11/2021 10:50
Le chorégraphe Vu Ngoc Khai souffle un vent nouveau sur la danse contemporaine du Vietnam en créant des œuvres impressionnantes comme Cai tô (Le nid) ou Nón (Chapeau conique) qui mettent en valeur la culture nationale.
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Une scène de "Cai tô" (Le nid).
Photo : HNM/CVN

En août dernier, sur la chaîne YouTube du Goethe-Institut (Hanoï), le public a eu l’occasion de profiter d’une pièce de danse et de musique contemporaine appelée Cai tô (Le nid), inspirée de la période de distanciation sociale causée par l'épidémie de COVID-19.

Cai tô a été interprétée par Vu Ngoc Khai, en collaboration avec le musicien-DJ Tri Minh et l’altiste Trân Thi Ngoc Thuy (Thuy Trân). Ngoc Khai a créé cette œuvre aux alentours de la mi-2020 alors que le monde faisait face à l’épidémie de COVID-19. À ce moment-là, sa femme venait d’accoucher. Il s’est ainsi mis à penser davantage, à la distance, à la cohésion, à l'affection et à la responsabilité des individus envers leurs familles et la société. L’artiste a donc essayé de trouver des moyens de transmettre ses pensées via le langage de la danse et de la musique.

L’œuvre a su faire parler d’elle, notamment grâce à une chorégraphie aux mouvements souples et délicats mais aussi à une mise en scène rythmée par des jeux de lumière et de musique captivants. La représentation transmet un message humain sur la force de la cohésion familiale et semble vouloir attacher une attention particulière aux moments paisibles, plutôt que conflictuels, de l’individu au cœur d'un monde instable. En effet, face à la pandémie de COVID-19, il est parfois nécessaire de ralentir ensemble et de prendre du recul afin de pouvoir faire front aux difficultés.

D’une durée d’environ 50 minutes, l’œuvre se compose de quatre parties : le balancement, le secret caché, le spectacle de la vie et, enfin, l’intérieur et l’extérieur d’un corps. L’espace dont il est ici question est connecté par l'amour, la liberté et les choses cachées dans l'âme. Il s’agit également du "nid", la maison d’où chacun sort et revient...

Selon Ngoc Khai, il est plus compliqué de se produire en ligne car les coûts de mise en scène sont plus onéreux, la connexion créative avec le public se fait également plus difficilement. Il s’agit cependant du seul moyen possible pour le moment.

"J’ai commencé par discuter du projet avec le musicien Tri Minh et Mme Thuy Trân. Nous nous sommes mis d’accord presque immédiatement et avons alors décidé de le réaliser dans les plus brefs délais. Nous nous sommes ensuite rencontrés directement à plusieurs reprises. Nous avons toutefois échangé nos idées principalement par Internet", a indiqué Ngoc Khai.

De son côté, le compositeur Tri Minh a fait savoir : "Vu Ngoc Khai et moi avons déjà collaboré plusieurs fois ensemble dans le passé, mais principalement en face à face. Ainsi, lorsqu’il m’a invité à rejoindre +Le Nid+, je n’ai pas caché mon inquiétude, notamment vis-à-vis de la mise en scène de la pièce. Nous avons énormément discuté. Il existe une myriade de modes d’expression différents entre le langage de la danse et celui de la musique… En particulier dans les œuvres contemporaines. Heureusement, nos idées sont très similaires".

Le chorégraphe Vu Ngoc Khai a ajouté : "Je voudrais vraiment que le musicien joue de la musique en direct. Je pense que les pièces de danse contemporaine sont difficiles à regarder et à comprendre car les actes se déroulent rapidement. Les danseurs professionnels et amoureux de la danse peuvent aisément comprendre leur contenu, mais ce n’est pas forcément le cas de tout le monde. C’est pourquoi j’ai suggéré à Tri Minh de placer les instruments sur scène afin de créer un espace de musique particulièrement attrayant. Si à un moment donné, le spectateur décroche de la scène de danse, son œil pourra toujours s’échapper mais il s’immergera dans un espace musical vivant".

Beauté traditionnelle et danse contemporaine

Les artistes de l'œuvre "Cai tô".
Photo : VOV/VNA/CVN
Revenir à la beauté des valeurs traditionnelles et trouver des moyens de l’exprimer à travers le langage de la danse contemporaine.

Tel est l’objectif du chorégraphe Vu Ngoc Khai et de l'organisation "1648 kilomètres". Il espère promouvoir la danse contemporaine vietnamienne dans le monde des arts et aider le public à mieux comprendre la culture et sa quintessence.

La pièce Nón (Chapeau conique), montée en 2015, est la combinaison parfaite entre danse contemporaine et musique populaire du Nord-Ouest et des hauts plateaux du Centre. Elle raconte l’histoire des gâteaux de riz, du chapeau conique, de l’áo dài (tunique traditionnelle du Vietnam) mais aussi de la vie contemporaine et de l’intégration internationale... Des sons issus d’instruments traditionnels comme le gong et le luth, ont subjugué bien des spectateurs. 
 
En ce qui concerne l’œuvre Da thuc (Méthodes multiples), le chorégraphe a combiné les mouvements de différentes danses, telles que le hip hop et le ballet notamment, créant ainsi une harmonie entre musiques contemporaine et traditionnelle des hauts plateaux du Centre.

Pour sa part, la pièce Dáy giêng (Au fond du puits) a fait ses débuts au Festival de danse de Hanoï en 2019. La performance mélange notamment mou-vements de danse et sons du tambour de combat de Tây Son.


"1648 kilomètres"

L’organisation "1648 kilomètres", fondée en 2019, a pour but de rapprocher les programmes d’art de la communauté. 1648 kilomètres, c’est la longueur du Vietnam à vol d’oiseau. Depuis sa création, de nombreux projets impressionnants de danse contemporaine, mettant en avant les valeurs culturelles traditionnelles du Vietnam, ont été diffusés et promus sur scène à travers le pays.

En plus des performances artistiques liées à la danse contemporaine, "1648 kilomètres"  mène régulièrement de nombreuses activités à but non lucratif en faveur de la communauté. Grâce à divers événements tels que "De moi à vous" et "Les arts pour les gens", l’organisation s’est coordonnée avec un certain nombre d’artistes nationaux et internationaux pour enseigner la danse mais aussi l’anatomie à destination des enfants malentendants afin que ces derniers puissent se protéger correctement des accidents.
 

Thao Nguyên/CVN


 

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