26/03/2021 21:09
"L'ambiance est à la fête !", sourit Hani, un quadragénaire de Benghazi, deuxième ville de Libye. Après un long embargo footballistique, la sélection libyenne a disputé jeudi 25 mars le premier match international sur son sol depuis sept ans.
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Les Libyens suivent à la télé le match opposant leur équipe nationale à la Tunisie pour les éliminatoires de la CAN à Benghazi, le 25 mars.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Cela nous donne de l'espoir. Nous avons grandement besoin de ces moments de joie", lance ce supporter benghaziote. Après une longue absence, il est "heureux" de revoir les "Chevaliers de la Méditerranée" (le surnom de la sélection libyenne) fouler à nouveau un stade du pays.

Et peu importe la large défaite jeudi 25 mars soir face au voisin tunisien (5-2), synonyme de non-qualification pour la prochaine Coupe d'Afrique des Nations qui aura lieu au Cameroun en janvier prochain. La Tunisie avait, elle, déjà validé son ticket avant la rencontre.

C'est le stade de Benghazi (Est), deuxième ville de Libye, qui a abrité cette première rencontre depuis la levée de l'embargo imposé par la Confédération africaine de football (CAF) pour des raisons de sécurité.

Depuis le début de 2014, les clubs du pays ainsi que la sélection ont disputé leurs matches internationaux à l'étranger, principalement chez leurs voisins tunisien et égyptien.

La fin des restrictions intervient au moment où la Libye essaye de tourner la page d'une décennie de chaos. Engluée dans les divisions après la chute du gouvernement de Mouammar Kadhafi en 2011, ce pays d'Afrique du Nord vient en effet de se doter, au terme d'un processus chapeauté par l'ONU, d'un gouvernement unifié chargé de mener la transition jusqu'à des élections nationales fin décembre.

"Énergie positive"

L'entraîneur de la Libye, Zoran Filipovic, dirige une séance d'entraînement au stade des Martyrs à Benghazi, le 18 mars, à trois jours du match contre la Tunisie.
Photo : AFP/VNA/CVN

C'est dans le sillage de cette embellie politique que la CAF a annoncé fin février la levée des restrictions.

"Il nous appartient de continuer à démontrer que nos stades sont sûrs", avait ensuite réagi le nouveau Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, chargé de mener la transition jusqu'à des élections nationales fin décembre. Lui-même avait dirigé le club tripolitain d'Al-Ittihad après la révolte de 2011.

À défaut de retrouver les gradins - la rencontre s'est déroulée sans public à cause des restrictions sanitaires liées au COVID-19 -, de nombreux supporters ont investi les multiples cafés diffusant le match, comme ceux situés au pied d'un imposant palais ottoman, dans le centre-ville de Benghazi.

Revoir l'équipe nationale jouer sur son sol "nous fait oublier les guerres et nous donne une énergie positive", souffle un supporter attablé dans un de ses cafés. "C'est une bonne nouvelle pour toute la Libye. En plus l'équipe a bien joué", l'interrompt son compagnon.

À Tripoli, le match a été diffusé sur un écran géant installé Place des Martyrs, vaste esplanade bordée de palmiers et de bâtiments à l'architecture italienne au cœur de la capitale, autrefois appelée "Place verte". Kadhafi aimait y prononcer des discours.

"Les matchs internationaux de la sélection nous ont beaucoup manqué", sourit Hafed, un Tripolitain sexagénaire.

"Le mot national prend tout son sens aujourd'hui parce que nous sommes fatigués des divisions", ajoute-t-il.

"C'est un événement important", lance Adel, lui aussi de Tripoli. "Voir des joueurs sélectionnés provenant des différentes régions, villes et communautés libyennes est une preuve de notre cohésion."
 
AFP/VNA/CVN
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