05/12/2021 15:01
Le président français Emmanuel Macron a terminé samedi 4 décembre sa tournée express dans le Golfe en lançant une initiative pour aider le Liban avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, avec lequel il affirme avoir eu une discussion "sans tabou" sur les droits de l'Homme.
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Le président français Emmanuel Macron (gauche) et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, à Jeddah, en Arabie saoudite, le 4 décembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les retrouvailles avec l'homme fort de Ryad, "MBS", étaient très attendues, trois ans après le choc provoqué par l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat du royaume à Istanbul.

"Nous avons parlé de tout sans aucun tabou. Et nous avons pu évoquer évidemment la question des droits de l'Homme (...) et cela a été un échange direct", a déclaré Emmanuel Macron. "Les prochaines semaines et les prochains mois nous permettront de voir si nous avançons sur ce sujet."

Ryad avait affirmé que l'assassinat de Khashoggi avait été commis par des agents saoudiens ayant agi seuls mais un rapport des services de renseignement américains accuse le prince héritier de l'avoir "validé", une accusation rejetée avec force par l'Arabie saoudite.

Emmanuel Macron a justifié sa rencontre avec le prince héritier, l'une des premières pour un dirigeant occidental depuis cette affaire, parce que "le dialogue avec l'Arabie saoudite est une nécessité" en raison de son "poids démographique, économique, historique et religieux".

Les deux dirigeants ont, a rapporté M. Macron, "longuement parlé" du Liban au cours de leur entretien au palais royal de Jeddah (Ouest) avant d'appeler ensemble au téléphone le Premier ministre libanais, Najib Mikati, pour tenter de trouver une issue à la brouille diplomatique entre Beyrouth et Ryad.

"Réengagement"

"L'Arabie saoudite et la France veulent s'engager pleinement" en vue d'un "réengagement de la relation" entre Beyrouth et le royaume.

L'Arabie saoudite a rappelé fin octobre son ambassadeur à Beyrouth et expulsé l'ambassadeur libanais à la suite de propos du ministre de l'Information George Kordahi critiquant l'intervention militaire menée par le royaume saoudien, à la tête d'une coalition, au Yémen et défendant les rebelles Houthis pro-iraniens dans ce pays.

M. Kordahi a depuis annoncé sa démission vendredi 3 décembre, en soulignant que c'était un souhait de la France.

Ryad a également interdit les exportations en provenance du Liban, et trois autres pays du Golfe --Bahreïn, les Emirats arabes unis et le Koweït-- ont pris des mesures de rétorsion à l'égard de Beyrouth. Ce qui a encore aggravé la sévère crise économique libanaise.

MM. Macron et Ben Salmane ont également exprimé leur "volonté que le gouvernement (libanais) puisse travailler de manière normale, se réunir au plus vite, et mener les réformes utiles", a ajouté le président français, précisant qu'il appellerait dimanche son homologue libanais Michel Aoun.
 
AFP/VNA/CVN
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