Du déchet à la valeur sociale à Nghê An

En recyclant bouteilles, canettes ou papiers en ressources financières, l’Union des femmes de Nghê An transforme un geste individuel de propreté en acte collectif d’entraide. Le déchet cesse d’être une souillure pour devenir une monnaie d’échange bienveillante.

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La “Maison verte”, un modèle efficace de collecte de déchets pour venir en aide aux femmes démunies et aux orphelins à Nghê An.
Photo : VNA/CVN

Avec plus de 704.000 adhérentes réparties des montagnes aux zones côtières, l’Union des femmes de la province de Nghê An (Centre) s’impose comme un acteur majeur de la transition écologique locale. À travers ses actions, elle encourage des modes de vie plus durables et mobilise les communautés autour de la protection de l’environnement.

Portées par des initiatives telles que les “maisons vertes”, “Transformer les déchets en argent” ou encore “J’aime la mer bleue”, les matières recyclables sont transformées en ressources au service de la collectivité. Ces modèles contribuent à améliorer le cadre de vie, à soutenir les populations vulnérables et à promouvoir une croissance plus verte et inclusive.

Maisons vertes et solidarité

Dans les quartiers résidentiels, les “maisons vertes” font office de points de collecte pour les canettes, bouteilles en plastique, vieux papiers et autres matériaux recyclables. Les habitants y déposent les déchets triés à la source, dont la vente permet de financer des actions de solidarité.

Les recettes générées servent notamment à soutenir plus de 100 adhérentes en situation de précarité, parmi lesquelles des femmes défavorisées, en situation de handicap ou confrontées à de grandes difficultés.

L’Union des femmes a également créé une base de données électronique recensant 109 orphelins afin de mieux adapter les dispositifs d’aide. Grâce au programme “Transformer les déchets en argent - Réaliser les rêves des orphelins”, elle a mobilisé 46 organisations et donateurs pour parrainer 79 enfants, avec des engagements financiers dépassant 1,5 milliard de dôngs (près de 57.000 dollars) sur trois ans.

Pour Nguyên Thi Loi, présidente de l’Union des femmes de la commune de Đô Luong, le modèle des “maisons vertes” permet de donner une seconde vie à des objets autrefois considérés comme des déchets tout en générant des ressources au service de la communauté.

“Lorsque les habitants voient que les revenus issus de la vente des matériaux recyclables servent à soutenir les personnes vulnérables de leur propre localité, ils participent de manière volontaire et responsable. Nous continuerons à étendre ce modèle afin que personne ne soit laissé de côté”, souligne-t-elle.

À Quynh Mai, l’Union des femmes associe quant à elle la protection de l’environnement à la préservation du littoral et au développement d’un tourisme durable. Depuis 2017, elle anime le club “J’aime la mer bleue”, qui rassemble plus de 50 membres actifs.

Chaque mois, les participantes organisent des opérations de nettoyage des plages et collectent les déchets marins. En parallèle, les projets “maisons vertes” et “Transformer les recyclables en actions de solidarité”, déployées dans les 36 antennes locales, contribuent à assainir l’environnement, embellir le paysage côtier et financer des actions sociales.

Défis et perspectives

Un point de collecte de déchets recyclables à Đô Luong, province de Nghê An (Centre). 
Photo : VNA/CVN

Selon Hô Thi Thuy, présidente de l’Union des femmes de la commune de Quynh Mai, ces initiatives ne se limitent pas à l’amélioration de l’environnement. Elles contribuent également à renforcer l’attractivité du littoral en créant des espaces plus propres, plus accueillants et plus respectueux de l’environnement.

“Nous voulons bâtir un cadre de vie agréable et durable. Lorsque chaque femme adopte des gestes simples, comme transformer les déchets organiques en compost ou utiliser des sacs réutilisables au marché, elle contribue à préserver les ressources de sa famille tout en renforçant l’attrait touristique de la localité”, explique-t-elle.

Convaincue que la transition écologique repose sur des actions de long terme et une mobilisation collective, l’Union des femmes de Nghê An a multiplié ces dernières années les initiatives visant à promouvoir des modes de vie durables et à renforcer le rôle des femmes dans la préservation de l’environnement. Malgré ces avancées, la province demeure confrontée à plusieurs défis. La pollution de l’eau, de l’air et des sols continue d’affecter la qualité de vie et la santé des habitants.

Si la Loi de 2020 sur la protection de l’environnement impose le tri des déchets à la source et la réduction des plastiques à usage unique, sa mise en œuvre se heurte encore à certaines habitudes de consommation profondément ancrées.

À cela s’ajoutent des infrastructures de collecte et de traitement encore insuffisantes dans plusieurs zones rurales et montagneuses, ainsi que des ressources limitées pour assurer la pérennité des modèles communautaires de gestion environnementale.

Pourtant, de nombreux modèles innovants, tels que “Transformer les recyclables en actions utiles” ou encore “Les routes fleuries des femmes”, génèrent un double impact à la fois social et environnemental.

Grâce aux fonds issus de la collecte de matériaux recyclables, les unions de femmes ont distribué près de 15.000 paniers à provisions en plastique, plus de 10.000 contenants alimentaires, offert plus de deux millions de têtes de bétail et fourni environ 2.500 cartes d’assurance maladie à des femmes et des enfants en situation difficile, renforçant ainsi la solidarité communautaire.

Hoàng Thi Thu Hiên, présidente de l’Union des femmes de la province de Nghê An, rappelle que “la protection de l’environnement ne commence pas par de grands gestes, mais par une prise de conscience individuelle, à partir des habitudes quotidiennes des ménages”.

Elle appelle également les ministères et secteurs concernés à poursuivre l’amélioration des mécanismes, à renforcer les infrastructures de traitement des déchets en zones rurales et à encourager les modèles d’économie circulaire liés aux moyens de subsistance des femmes.

Dans sa stratégie de développement durable pour les années à venir, l’Union des femmes de la province de Nghê An prévoit de mettre en œuvre cinq axes prioritaires, dont l’accélération de la transformation numérique, l’exploitation des réseaux sociaux et des pages officielles pour diffuser le message du “vivre vert”, ainsi qu’un renforcement des actions de communication.

Huong Linh/CVN

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