27/10/2020 11:32
Deux jours avant une audition parlementaire sur les plateformes et les contenus qu'elles hébergent, des modérateurs de Facebook, en première ligne face aux messages de haine et images violentes, demandent à être mieux traités et écoutés par le géant des réseaux sociaux.
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(Gauche-droite) montage photos du 1er octobre de Sundar Pichai, patron de Google, Mark Zuckerberg, patron de Facebook, et Jack Dorsey, patron de Twitter. Photo : AFP/VNA/CVN

Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, devrait "trouver une façon d'embaucher les modérateurs à plein temps", au sein même de l'entreprise, au lieu d'avoir recours à des sous-traitants, a dit lundi 26 octobre Allison Trebacz, une ancienne modératrice. Elle s'exprimait lors d'une conférence de presse organisée par le Real Facebook Oversight Board ("Véritable conseil de surveillance de Facebook"), un collectif d'associations qui accuse la plateforme de ne pas lutter suffisamment contre la désinformation, les messages de haine et les campagnes de manipulation, qui ont des répercussions dans la vie réelle et dans les processus démocratiques.

"Les modérateurs sont passionnés par leur travail et comme ils sont en première ligne ils ont beaucoup d'idées géniales sur comment rendre le réseau meilleur et plus sûr", a continué Allison Trebacz. "Ils sont au cœur des activités de Facebook et devraient être traités comme tels". Facebook n'emploie pas directement la majorité de ses milliers de modérateurs de contenus dans le monde. Le groupe californien fait appel à des sous-traitants aux États-Unis et dans le monde pour ces tâches devenues cruciales alors qu'il est régulièrement accusé de servir de plateforme à des groupes violents et individus racistes, notamment.

"À chaque fois que j'essayais de gérer des contenus dégoulinants de racisme, ou même des menaces, on me disait de rentrer dans le rang. Notre boulot, c'était d'être d'accord", a raconté Viana Ferguson, aussi ancienne modératrice. "Facebook doit réformer la façon dont il écrit ses règlements et écouter les modérateurs".

"Quand vous serez au Sénat cette semaine, et que vous parlerez de tout ce que vous faîtes pour protéger les élections américaines (...), vous parlerez de notre travail, vous direz que nous sommes 30.000 dans le monde (...) mais vous n'admettrez pas que vous refusez de nous embaucher directement, vous ne direz pas que les sous-traitants nous payent mal", a déclaré un modérateur anonyme, s'adressant à Mark Zuckerberg.

Il a choisi de rester anonyme parce qu'il n'a pas le droit de dire qu'il travaille pour Facebook, "même à sa famille". La plupart des modérateurs sont dans ce cas. MM. Zuckerberg, Jack Dorsey (patron de Twitter) et Sundar Pichai (patron de Google), seront auditionnés mercredi par une commission au Sénat sur la Section 230 du "Communications Decency Act", une loi relative à la liberté d'expression sur Internet et à la responsabilité des grandes plateformes.

AFP/VNA/CVN

 

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