20/05/2015 01:02
De nombreux jeunes contribuent à la prospérité de la bande dessinée (BD) vietnamienne. Pourtant, ils rencontrent des difficultés financières et doivent trouver un autre travail pour pouvoir vivre de leur passion de la BD.

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La jeune peintre de BD, Pham Kiêu Oanh.


Au Vietnam, le marché de la bande dessinée a été relancé en 1992. On le doit au succès des éditions de mangas japonais, notamment ceux du chat-robot Doraemon. Ont suivi ensuite Dragon Ball, Sailor Moon, Maruko, Teppi...

Après plusieurs débats autour de ce secteur éditorial au Vietnam et pour mettre en avant les valeurs traditionnelles, certains éditeurs nationaux ont essayé de publier des BD d’auteurs vietnamiens. Le pionnier de ce mouvement reste la société Phan Thi avec sa célèbre série de mangas
Thần đồng đất Việt (Le prodige vietnamien).


Le mouvement de mangas vietnamiens a progressé régulièrement depuis avec de jeunes artistes dits de la génération 8X (nés dans les années 1980) comme BRO ou le groupe Phong Duong Comics. Dix ans après, le nombre d’associations, de groupes, d’individus et de forums de BD a décuplé. Selon un forum, presque chaque province ou ville a au moins un auteur de BD. «À Hanoi et Hô Chi Minh-Ville, il y a une dizaine de groupes de génération 8X et 9X qui sont actifs dans ce secteur. Leurs productions sont publiées sur Internet», a expliqué Khuong Phuc, un spécialiste des mangas.
 

Les écoliers aiment beaucoup les BD vietnamiennes.


Mme Nga, administratrice d’un forum Internet de BD, a relevé que son forum recevait plusieurs dizaines de créations d’amateurs. «Chaque œuvre est évaluée et reçoit les suggestions des membres du forum. Nous organisons aussi, régulièrement, des prix pour les œuvres particulièrement intéressantes et soignées».


La BD vietnamienne a un nouveau visage 

Les nombreuses histoires et les valeurs culturelles sont bien exploitées et tournent autour de la vie quotidienne pour attirer les jeunes lecteurs. La diversité des thèmes, l'humour et une langue moderne sont des facteurs importants pour assurer l’avenir de la BD du Vietnam. Le style de ces jeunes auteurs se rapproche néanmoins des mangas et des comics traditionnels.

Les mangas Le prodige vietnamien, Générateur Long ou encore Orange, entre autres, ont eu des effets positifs sur le marché. Mme Huê, de l’arrondissement de Binh Tân, à Hô Chi Minh-Ville, a confié que 
«mes enfants aiment beaucoup "Le prodige vietnamien". Parfois, leurs attitudes et comportements sont similaires aux actions des personnages».
 

Deux des trois membres du groupe BRO.


L’artiste Nguyên Thanh Phong, du groupe Phong Duong Comics, a indiqué : «Récemment, les lecteurs s'intéressent aussi à d’autres albums : Les histoires de Or Or de Phan Kim Thanh, Le Journal intime du chat par Moc, les histoires ultra-courtes de Dào Quang Huy, tout comme les sites numériques de BD. Ce sont des signes positifs pour nos créateurs vietnamiens».

Difficultés

Bien que la BD soit en pleine croissance, les jeunes peintres rencontrent pourtant des difficultés. En effet, beaucoup de jeunes artistes doivent encore avoir un autre travail pour pouvoir vivre de leur passion de la BD. C’est le cas de Lê Bách qui doit dessiner des panneaux et des banderoles pour arrondir ses fins de mois ! Le 
spécialiste des mangas Khuong Phuc a confié : «Actuellement, la majorité des jeunes créateurs passent par des commandes de l’étranger pour gagner de l’argent et céder à leur passion».

À côté de la question des rémunérations, trouver des débouchés pour les œuvres est toujours un problème. «Les besoins des jeunes lecteurs sont très difficiles à cerner. Aucun auteur n’ose investir dans telles ou telles publications, sans parler de distribution. Les éditeurs locaux n’osent pas non plus s’aventurer avec des œuvres vietnamiennes, surtout face à la concurrence des œuvres étrangères. Alors, nos relations avec les éditeurs sont très difficiles», a déclaré avec tristesse Lê Bách.

Dans le même sens, l'artiste Hông Son, ancien employé d’un studio d'animation, a souligné que les prix des concours de création de BD étaient d’une faible valeur et que cela n’encourageait pas les plus jeunes dessinateurs. Auparavant, la société Phan Thi était pionnière dans la mise en place de concours de BD. Cependant, aujourd’hui, elle ne s’intéresse plus beaucoup à ce genre d’évènements.

«L'animation reste pourtant de mise au Vietnam. Les jeunes auteurs vietnamiens ont autant de compétences que les auteurs étrangers. S’il y a suffisamment d'investissement et de soutien, la BD vietnamienne brillera», a affirmé Nguyên Thanh Phong.

 

Texte et photos : Quang Châu/CVN

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