10/12/2020 09:36
La France est suspendue aux lèvres de Jean Castex : le Premier ministre doit dire jeudi 10 décembre, au lendemain d'un Conseil de défense décisif, si le confinement pourra être levé ou non comme prévu le 15 décembre.

Évolution en France du nombre de nouveaux cas, hospitalisations, entrées en réanimation et décès, totaux et tendances pour ces quatre indicateurs, au 7 décembre. Photo : AFP/VNA/CVN

"Moi qui suis un libéral intellectuellement, je ne devrais pas m'occuper de ce qu'il se passe dans les familles. Et maintenant je suis obligé de dire aux gens comment ils doivent réveillonner. C'est difficile pour moi !", a glissé M. Castex en marge d'un déplacement dans l'Essonne lié au projet de loi controversé sur le séparatisme. La perspective d'échouer à atteindre le seuil de 5.000 cas de COVID-19 détectés par jour, fixé par Emmanuel Macron pour enclencher un déconfinement, place le gouvernement face à un casse-tête.

14.595 nouveaux cas ont été enregistrés entre mardi 8 décembre et mercredi 9 décembre, soit une moyenne quotidienne de 11.000 sur les sept derniers jours. C'est beaucoup moins que le pic de la 2e vague, 60.000 cas fin octobre-début novembre, mais cela reste plus du double de l'objectif fixé par le chef de l'État pour entrer dans la deuxième phase d'allègement des mesures sanitaires, après la réouverture des commerces le 28 novembre. "Nous n'y serons pas", a admis la députée LREM Aurore Bergé mercredi matin 9 décembre sur BFMTV. Dès lors, "tout est sur la table", a-t-elle ajouté.

Couvre-feu avancé ?

"Il est possible que l'ouverture des activités culturelles soit reportée", estime un ministre, alors que le 15 décembre doit marquer la réouverture des cinémas, théâtres et musées. "Il pourrait être aussi décidé un couvre-feu avancé", ajoute ce membre du gouvernement, pour qui, en revanche, "il paraît difficile que les allégements annoncés sur les fêtes soient remis en cause". La principale crainte du gouvernement est que la circulation du virus ne soit pas assez basse au moment critique des fêtes de Noël et du jour de l'An, quand les réunions familiales vont se multiplier et faire courir le risque d'un redémarrage de l'épidémie.

"Le virus ne diminue pas autant qu'on l'espérait, avec la réouverture des commerces, on a recréé des flux", a constaté mercredi matin 9 décembre sur BFMTV le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux. Pour plusieurs experts, il est encore trop tôt pour dire si cette réouverture des commerces est à l'origine de la stagnation du nombre de cas détectés. "Est-ce que c'est un plateau ? Est-ce que c'est un ralentissement de la baisse ? Un rebond ? Il faut attendre quelques jours pour comprendre et agir en conséquence", indiquait mardi 8 décembre une source au ministère de la Santé.

Des soignantes dans l'unité de soins pour patients atteints du COVID-19 à la polyclinique privée Jean Villar, le 3 décembre à Bruges, en Gironde.
Photo : AFP/VNA/CVN

Au niveau hospitalier, le nombre d'entrées sur la semaine écoulée s'est stabilisé autour de 8.500 nouveaux patients depuis plusieurs jours, alors qu'il avait fortement baissé. Au total, 25.526 malades du COVID-19 sont hospitalisés, dont 3.031 en réanimation. 296 morts liés au COVID ont été enregistrées dans les hôpitaux entre mardi 8 décembre et mercredi 9 décembre, soit 56.648 décès depuis le début de l'épidémie.

Maximum de tests

Un autre débat monte autour des tests avant les fêtes en général et le réveillon en particulier. "On essaye de faire un maximum de tests. On peut en faire entre 2,5 et 3 millions par semaine, mais pas 70 millions en deux jours", a prévenu Lionel Barrand, président du Syndicat des jeunes biologistes médicaux (SJBM), mercredi matin 9 décembre. Et de mettre en garde : "Il faut prioriser, faire des tests pour isoler et pas pour lever les gestes barrière et embrasser tout le monde à Noël". M. Barrand a rappelé que si les tests antigéniques permettaient d'avoir des résultats très rapidement, ils sont "moins sensibles" que les tests RT-PCR et produisent plus de faux négatifs.

Beaucoup d'élus pensent déjà également à programmer des tests après les fêtes de fin d'année. Frédéric Valletoux, qui est également maire (Agir) de Fontainebleau (région parisienne), prévoit ainsi une "campagne de dépistage début janvier, pour faire un point de situation". La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse (Libres !), a déjà lancé un appel dès lundi 7 décembre sur France Inter pour que les Franciliens se fassent tester "massivement" après les fêtes afin d'"éviter à tout prix une troisième vague".

AFP/VNA/CVN


 
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