10/05/2019 12:44
L'ancien président brésilien Michel Temer, poursuivi pour corruption, s'est présenté jeudi 9 mai à la police fédérale de Sao Paulo (Sud-Est), au lendemain d'une décision de justice ordonnant son retour en prison.

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L'ex-président brésilien Michel Temer, en juin 2017. Photo: AFP/VNA/CVN


L'ex-chef d'État est arrivé dans un convoi de voitures aux vitres teintées au siège de la police fédérale en milieu d'après-midi, deux heures avant l'expiration du délai imparti, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Une cour d'appel de Rio de Janeiro avait ordonné mercredi 8 mai la réincarcération de Michel Temer, 78 ans, infirmant une décision de remise en liberté de l'ex-président rendue le 25 mars par un juge de première instance. Ses avocats ont présenté une demande d'habeas corpus qui permettrait sa libération de nouveau.

Le président de centre droit, qui a quitté le pouvoir le 31 décembre 2018 après un mandat de deux ans et demi entaché par les scandales de corruption, avait déjà passé quatre jours en détention après son arrestation. Il est soupçonné par la justice d'être à la tête d'une "organisation criminelle" ayant détourné jusqu'à 1,8 milliard de réais (417 millions d'euros).

"C'est une surprise désagréable pour moi, mais je me livrerai volontairement demain", a déclaré l'ex-chef de l'
État mercredi soir 8 mai devant sa résidence à Sao Paulo. Il a toutefois estimé que la décision de l'emprisonner de nouveau était "complètement erronée sur le plan juridique".

"Il n'y a aucun fondement à cette incarcération. Les juges disent eux-mêmes qu'il n'y a pas de risque" de fuite ou de destruction de preuves, a affirmé pour sa part l'avocat de M. Temer, 
Éduardo Carnelos. "L'argument, c'est qu'il faut faire un exemple pour la société. Cette décision est une page triste de plus dans l'histoire récente de la justice brésilienne".

Prédécesseur du président Jair Bolsonaro, Michel Temer avait été arrêté à Sao Paulo dans le cadre de l'opération "Lavage express". Cette enquête tentaculaire, lancée il y a cinq ans, a mis au jour le plus grand scandale de corruption de l'Histoire du Brésil, autour de contrats de la compagnie pétrolière publique Petrobras, avec des grands groupes du BTP. Le parquet a notamment évoqué un "système criminel sophistiqué" sur des projets de génie électro-mécanique dans la centrale nucléaire d'Angra, qui n'est toujours pas achevée.

M. Temer était arrivé au pouvoir en août 2016, après la destitution brutale de la présidente de gauche Dilma Rousseff - pour maquillage des comptes publics -, dont il était le vice-président. Il est le deuxième président brésilien incarcéré dans le cadre de l'opération "Lavage express", après Luiz Inacio Lula da Silva (Lula), en prison depuis avril 2018 pour corruption et blanchiment d'argent.


AFP/VNA/CVN

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