16/03/2020 09:06
Confinement généralisé ? Annulation du second tour des municipales ? Fermeture des frontières ? Coordination avec l'UE et le G7 ? Sans s'attarder sur un premier tour chamboulé, Emmanuel Macron doit prendre cette semaine de lourdes décisions pour lutter contre l'épidémie de coronavirus.
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Désinfection d'un bureau de vote pendant la journée du premier tour des municipales, le 15 mars. Photo : AFP/VNA/CVN

Hormis un aller-retour au Touquet pour voter, le chef de l'État a passé son week-end à préparer la guerre contre le virus, entre consultation de ses ministres, des scientifiques et des chefs d'État étrangers. Alors que les municipales sont devenues secondaires au milieu d'une épidémie galopante, qui touche déjà au moins 5.000 personnes, le chef de l'État devra en début de semaine décider ou non du maintien du second tour, après avis du comité scientifique.

Il ne devrait en revanche pas s'attacher au résultat, qui non seulement est défavorable - comme prévu - à son jeune parti mais auquel il n'a jamais voulu accorder de portée nationale. Et qui s'annonce encore plus illisible en raison de l'abstention. Plus que le résultat des urnes, c'est sa décision de maintenir le premier tour, au risque d'annuler le second, qui en est devenu ce week-end l'enjeu autant politique que sanitaire.

Après avoir cédé jeudi 12 mars à la pression notamment des ténors de la droite pour le maintenir, le chef de l'État a été vivement critiqué sur cette décision ce week-end par des leaders politiques et une partie de l'opinion. Sa décision a en effet semblé contradictoire avec les mesures de plus en plus drastiques annoncées depuis jeudi 12 mars, notamment la fermeture brutale des commerces annoncée samedi soir 14 mars par son Premier ministre. La forte abstention, de plus de 50%, a d'ailleurs alimenté les critiques de ceux qui appellent à l'abandon du vote.

Emmanuel Macron a assumé sa décision dimanche 15 mars en votant au Touquet, appelant les Français à faire de même et en affirmant qu"on pourra continuer à sortir, à prendre l'air", quand en Italie personne ne doit plus sortir. Le taux d'abstention record apparaît finalement comme une victoire pour les recommandations sanitaires du Premier ministre samedi 14 mars de se déplacer le moins possible, mais une défaite pour Emmanuel Macron qui a appelé à voter. Plusieurs leaders politiques ont d'ailleurs réclamé dimanche soir l'annulation du second tour, comme le leader des Verts Yannick Jadot et Marine Le Pen, le dirigeant du RN.

Confinement et international

Mais Emmanuel Macron doit trancher sur une décision bien plus grave, celle d'un éventuel confinement obligatoire de toute la population pour une longue durée, comme l'ont déjà décidé l'Italie ou l'Espagne. Ce qui règlerait évidemment la question du second tour.

Un bureau de vote à Richwiller, dans l'Est de la France, le 15 mars.
Photo : AFP/VNA/CVN

Il tente aussi de susciter des mesures coordonnées au plan international, alors que les pays font tous cavalier seul. Le président français pousse ainsi l'UE à mettre en place dès lundi 16 mars un contrôle des frontières extérieures. Mais il a échoué à convaincre ses homologues européens de renoncer à fermer leurs frontières entre eux, un choix qu'il critique depuis plusieurs jours.

Même l'Allemagne a adopté cette politique. Paris a dû accepter une fermeture réciproque partielle de la frontière franco-allemande dès lundi 16 mars. La France et l'Allemagne ont ainsi décidé de fermer leur frontière commune dès lundi matin 16 mars sauf pour les frontaliers et le transport de marchandises. L'Allemagne a également fermé sa frontière avec l'Autriche, la Suisse, le Danemark et le Luxembourg. Il a en revanche réussi à convaincre les dirigeants du G7 à tenir une visioconférence lundi sur la recherche et les mesures économiques. Elle devrait notamment se concentrer surtout sur les tests de médicaments et la recherche de vaccins.

Ce sera sa 3e semaine presque exclusivement consacrée au coronavirus, une épidémie pour laquelle il a appelé à l'"union sacrée" et qui met en pause tous ses projets. L'équilibre budgétaire, l'examen du projet de loi retraites ou encore la privatisation d'Aéroports de Paris, tout est reporté à après l'épidémie.

AFP/VNA/CVN




 

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