Changement climatique
Climat : les banques centrales doivent prendre part à la bataille, plaide Christine Lagarde

Les banques centrales doivent s'impliquer dans la bataille contre la changement climatique, a plaidé vendredi 22 avril la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde.

>>Efforts pour bien mettre en œuvre trois programmes cibles nationaux

>>Table ronde sur les expériences de la transition écologique de l’économie européenne

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, à l'issue de la première réunion du Conseil des gouverneurs depuis le début du conflit en Ukraine, le 10 mars 2022 à Francfort.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Les banques centrales ne conduisent pas le bus de la lutte contre le changement climatique", a déclaré la présidente de l'institution, estimant qu'elles devraient pourtant "être dans le bus".

"Elles doivent voir comment le changement climatique affecte leur stratégie, les instruments, les politiques", a-t-elle argumenté.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, considère le changement climatique comme l'un des risques majeurs pour l'économie et le secteur bancaire dans les prochaines années.

Elle avait, dès son arrivée à la tête de l'institution fin 2019, souhaité que la protection du climat soit un "élément fondateur" de l'action de la BCE.

La BCE a ainsi décidé cet été, à l'occasion d'une révision de sa stratégie, d'intégrer de nouveaux critères relatifs au climat dans sa politique, notamment concernant ses rachats d'actifs. Et elle a récemment lancé son premier test de résistance aux chocs climatiques auprès des grandes banques de la zone euro.

"Le changement climatique est un facteur très important dans ce que nous étudions, dans la manière dont nous prenons nos décisions, encadrons nos outils et nos politiques d'investissement", a encore déclaré Mme Lagarde

"Cependant, le sujet relève surtout des gouvernements", a-t-elle ajouté, estimant notamment qu'"un ajustement fiscal aux frontières est la voie à suivre".

La Commission européenne avait proposé en juillet d'établir un "mécanisme d'ajustement carbone aux frontières" de l'UE, pour taxer dès 2023 certaines importations (acier, aluminium, ciment, engrais, électricité) au prix du marché carbone européen, en fonction des émissions liées à leur production.

Les États membres de l'UE ont entériné le mois dernier leur feuille de route sur ce projet, mais sans trancher sur certaines modalités clé qui divisent encore les 27 et seront débattues ultérieurement.


AFP/VNA/CVN