Carburants: grèves reconduites chez TotalEnergies après un compromis sans la CGT

Le bras de fer continue: les salariés grévistes de TotalEnergies ont voté vendredi 14 octobre la poursuite de la grève après un projet d'accord sur des hausses de salaires rejeté par la CGT, à l'origine du mouvement social qui a provoqué une rare pénurie d'essence en France et menace de s'amplifier.

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Des salariés grévistes et des syndicalistes devant l'entrée de la raffinerie TotalEnergies de Markyck, le 13 octobre dans le Nord.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le mouvement a été reconduit sur les cinq sites de TotalEnergies après les votes de relèves entre 04H et 06H, a confirmé à l'AFP le coordinateur CGT Eric Sellini.

"Avis favorable"

Il n'y a "pas un site" de TotalEnergies où la grève est levée, a aussi dit Hakim Bellouz, de Force Ouvrière.

La grève se poursuivait notamment vendredi matin au dépôt des Flandres, seul site de TotalEnergies où des salariés ont été réquisitionnés pour assurer les expéditions de carburant.

En revanche, elle a été levée tôt vendredi à la raffinerie Esso-ExxonMobil de Gravenchon, en Normandie, comme dans celle de Fos-sur-Mer la veille. Ce sont les deux seules raffineries du groupe en France.

A l'issue de négociations nocturnes conviées pour la première fois depuis le début de la grève le 27 septembre par TotalEnergies sous pression du gouvernement, un compromis semblait près d'être scellé vendredi entre la CFDT et la CFE-CGC, qui se sont déclarées favorables à la dernière proposition de la direction d'une augmentation, selon eux, de 7% dès novembre et de 3.000 à 6.000 euros de primes.

"L'équipe de négociation CFDT donne un avis favorable aux mesures qui sont sur la table", a déclaré Geoffrey Caillon, coordinateur CFDT. L'avis est également "plutôt favorable" à la CFE-CGC, selon son coordinateur Dominique Convert.

Chaque syndicat devait depuis la fin de la négociation consulter ses adhérents pour décider de signer, ou non, l'offre, avant vendredi midi 14 octobre.

Le gouvernement avait fait fortement pression pour que ces négociations commencent, et Emmanuel Macron a assuré que le retour à la normale interviendrait "dans le courant de la semaine qui vient".

"Nous ne sommes pas très loin d'un accord", a assuré la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, sur LCI, invitant la CGT à continuer le dialogue ou signer l'accord.

La CGT, elle, a claqué la porte des négociations, en dénonçant par avance l'accord des deux autres syndicats, forts de 56% de représentativité à eux deux.

"Ca ne changera rien à l'état d'esprit et à la détermination des grévistes", a prédit Alexis Antonioli, espérant désormais "la généralisation du mouvement."

De fait, des appels à la "grève générale" ont déjà été lancé, et mardi prochain devrait être l'occasion d'une journée de grève nationale, des transports aux fonctionnaires, suite à l'appel jeudi de quatre syndicats (CGT, FO, Solidaires, FSU) et de plusieurs organisations de jeunesse. Cette grève doit toucher en particulier la SNCF et la RATP.

"La catastrophe" 

File d'attente à une station-service TotalEnergies, le 13 octobre à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

Cinq raffineries, sur sept en France, étaient à l'arrêt avant le vote à Gravenchon, ainsi que plusieurs dépôts dont un immense près de Dunkerque, appartenant à TotalEnergies.

Dans les Hauts-de-France, en Ile-de-France et dans le Centre-Val-de-Loire, particulièrement touchés par les pénuries créées par les grèves dans les raffineries et dépôts de carburants, les automobilistes ont continué jeudi leur quête d'essence et de diesel, chassant les ravitaillements de camions-citernes et surveillant les applications. Une pénurie qui fait perdre un temps considérable aux professionnels qui dépendent de leur véhicule: transporteurs routiers, artisans, ambulanciers...

"Depuis quatre-cinq jours, c'est la catastrophe", s'exclame Françoise Ernst, monitrice d'auto-école à Paris. "On ne peut plus travailler".

"C'est un vrai problème, pas que pour les chefs d'entreprise, pour tout le monde", témoignait aussi Enzo Rougès, chef d'entreprise dans l'automobile, à une station BP de Paris prise d'assaut.

A 17H00 jeudi, 29,1% des stations manquaient d'un ou plusieurs carburants, selon le ministère de la Transition énergétique, à peine moins que la veille (30,8%). Dans le Centre Val-de-Loire, la proportion monte à 44,7%.

L'ouverture des négociations s'est faite après les réquisitions gouvernementales de salariés dans la raffinerie Esso-ExxonMobil de Gravenchon et au dépôt de Flandres de TotalEnergies, pour rouvrir les vannes.

AFP/VNA/CVN

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