Appel à l'aide urgent de la coordinatrice de l'ONU au Népal

La coordinatrice des agences des Nations unies au Népal, Lila Pieters Yahia, a insisté dimanche 6 septembre sur le désarroi et la précarité extrêmes des survivants de la crue dévastatrice du 26 août dans l'Himalaya, renouvelant son appel à l'aide internationale.

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Des maisons endommagées et couvertes de boue au lendemain de crues soudaines à Trishuli, dans le district de Nuwakot, le 6 septembre au Népal. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Dans un entretien accordé à l'AFP, Mme Pieters Yahia a souligné l'ampleur des destructions causées par la vague d'eau glacée, de boue et de roches qui a anéanti plusieurs vallées, à la frontière du Népal et de la Chine.

"Vous perdez votre toit, vous perdez vos moyens de subsistance, vous perdez ceux que vous aimez, vous perdez celui qui ramène l'argent du ménage, et tout ça en une ou deux minutes", a-t-elle déclaré.

Selon les bilans officiels publiés dimanche, la catastrophe a fait au moins 1.384 morts - 1.341 au Népal et 43 morts sur le territoire chinois du Tibet - et plus de 5.500 disparus - respectivement 4.996 et 519.

Plus de 80.000 personnes ont en outre été sinistrées par les crues, privées de tout, selon l'ONU.

Vue aérienne de militaires construisant un pont sur la rivière Tadi, au lendemain de crues soudaines à Devighat, dans le district de Nuwakot. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Onze jours plus tard, les proches de l'épicentre de la catastrophe restent isolées et difficilement ravitaillables par les autorités, les ONG ou les agences onusiennes.

"Ces gens sont coupés du reste du monde parce qu'il n'y a plus de route", a indiqué la coordinatrice de l'ONU. "Et quand vous avez trouvé une solution pour leur expédier de l'aide, une autre difficulté surgit (...) il faut absolument améliorer les accès" à ces populations.

Risques sanitaires

La plupart des routes ou des ponts ayant été emportés, un parcours de deux heures peut désormais s'étirer sur une journée entière.

"L'Himalaya est absolument magnifique (...) éblouissant, sacré, mais c'est aussi un environnement très, très difficile", a poursuivi Mme Pieters Yahia, "il y a des glissements des terrains et la saison de la mousson n'est pas finie".

Des habitants traversent la rivière Tadi à l'aide d'une tyrolienne après des crues soudaines à Devighat, dans le district de Nuwakot. 
Photo : AFP/VNA/CVN

En plus des difficultés d'approvisionnement en nourriture, en eau et en abris, elle s'est inquiétée de la dégradation des conditions sanitaires dans les centres d'accueil d'urgence, ainsi que de la sécurité des femmes.

Des chiffres du gouvernement indiquent que 5.000 têtes de bétail et 20.000 volailles au moins ont péri dans la crue.

"C'est une sérieuse menace, car ça peut favoriser la propagation des maladies contagieuses", a-t-elle fait valoir. "On ne peut pas écarter le risque du choléra, il faut améliorer l'assainissement et l'hygiène".

Des personnes participent à une veillée aux bougies pour les victimes des crues soudaines au Népal, le 5 septembre à Katmandou.  
Photo : AFP/VNA/CVN

Lila Pieters Yahia a une nouvelle fois exhorté la communauté internationale à venir en aide au Népal.

"Il est temps de venir en aide au Népal. Maintenant. On ne peut pas les abandonner", a-t-elle souligné.

Vendredi, les agences des Nations unies ont lancé un appel d'urgence pour collecter près de 50 millions de dollars pour subvenir aux besoins essentiels des sinistrés.

AFP/VNA/CVN

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