06/01/2017 19:26
Le troisième fabricant mondial de smartphones, le groupe chinois Huawei, a affiché le 5 janvier un agenda ambitieux pour les marchés américains et mondiaux, balayant les inquiétudes politiques qui ont freiné jusqu'ici sa croissance.
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Richard Yu, le patron de la division de Huawei consacrée aux appareils grand public, au salon de Las Vegas, le 5 janvier. Photo : AFP/VNA/CVN

"Nous voulons être numéro deux dans les deux prochaines années. Dans cinq ans, nous voulons être numéro un", a indiqué Richard Yu, le patron de la division du groupe consacrée aux appareils grand public, lors d'une rencontre avec des journalistes au salon d'électronique de Las Vegas.

Le groupe chinois a annoncé cette semaine au CES le lancement sur une douzaine de marchés mondiaux, dont les États-Unis et plusieurs pays européens (France, Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas), d'un modèle milieu de gamme disponible jusqu'ici seulement en Chine et visant une clientèle jeune, le Honor 6X.

Il a aussi promis l'arrivée "début 2017" sur l'important marché américain de son smartphone à grand écran Mate 9, une phablette conçue pour rivaliser avec les modèles de Samsung et Apple, les deux premiers fabricants mondiaux, et qui n'était vendue pour l'instant qu'en Europe et en Asie.

Richard Yu a reconnu que Huawei devait mieux faire aux États-Unis, en particulier sur le créneau haut de gamme, et qu'il avait besoin pour cela de développer ses relations avec les opérateurs de téléphonie mobile, par l'intermédiaire desquels sont vendus la plupart des smartphones dans ce pays.

Il a balayé les critiques sur ses liens supposés avec le gouvernement chinois, qui ont fait surface à plusieurs reprises ces dernières années aux États-Unis, estimant qu'elles étaient basées sur "une mauvaise connaissance" du groupe et peut-être alimentées par des concurrents, qui "utilisent ceci pour nous combattre".

"Nous n'avons pas de relations avec un quelconque gouvernement", a-t-il assuré, ajoutant que Huawei était "une entreprise privée détenue par ses salariés".

Il a également affirmé que Huawei ne collaborerait pas avec des gouvernements pour espionner ses clients, car "si nous faisons cela avec un gouvernement, nous aurions des problèmes avec d'autres pays".

Richard Yu a aussi relativisé l'impact sur les activités du groupe du changement d'administration aux États-Unis.

"Mon sentiment, c'est que Trump est un homme d'affaires", a-t-il répondu aux questions des journalistes. Malgré les discours durs du président élu au sujet de la Chine et du commerce, il a espéré que Donald Trump comprendrait que le commerce bilatéral était avantageux pour les deux pays.

"Nous ne pouvons pas tout faire nous-mêmes", a-t-il dit. "L'économie est mondialisée. Les États-Unis profitent aussi beaucoup de la Chine, des entreprises chinoises".
 
AFP/VNA/CVN
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