Une pépinière de la paix du Vietnam en France

Durant près de cinq années de négociation des Accords de Paris de 1968 à 1973, la maison sis au 49, aujourd'hui 17, rue Cambacérès dans la ville de Verrières-le-Buisson, en banlieue parisienne, est le lieu où séjournait la délégation du Gouvernement révolutionnaire provisoire du Sud Vietnam, conduite par sa ministre des Affaires étrangères Nguyên Thi Binh, qui est devenue plus tard vice-présidente de la République socialiste du Vietnam.

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Photos de la maison ancienne et actuelle.

Une visite à la maison d’antan, considérée comme une des pépinières de la paix du Vietnam.

Située en hauteur, et donnant une belle vue sur le lac de Cambacérès, cette charmante villa est entourée de jardins de fleurs, de plantes ornementales et d'arbres fruitiers, créant une ambiance de détente et de paix.

Les hôtes présentent des photos prises avec Mme Binh et les souvenirs qu'elle leurs a offerts lors de leur visite au Vietnam en 2018.

Une plaque reconnaissant la valeur des reliques historiques a été placé devant la maison, il y a dix ans, à l'occasion du 40e anniversaire de la signature des Accords de paix de Paris, avec les mots : "Ici, a séjourné de 1968 à 1973 la délégation du Gouvernement révolutionnaire provisoire de la République du Sud Vietnam, qui participa aux négociations et à la signature des Accords de Paix de Paris le 27 janvier 1973".

M et Mme Henrie lors de leur rencontre avec l'ancienne vice-présidente Nguyên Thi Binh (gauche) lors d'une visite au Vietnam.
Photo : VNA/CVN

Par rapport à il y a 50 ans, l'architecture à l'intérieur de la maison a beaucoup changé. Il est plus beaux et moderne, mais les souvenirs de l'histoire sont toujours conservés et chéris par les propriétaires de la villa.

Lors de l'achat de cette maison en 2016, M et Mme Henrie ont été particulièrement impressionnés de savoir que cet endroit avait été témoin d'une période de l'histoire du Vietnam. Mme Danièle Henrie, n’a pas caché son honneur de vivre dans ce pavillon.

Prise de photo de la délégation vietnamienne et la famille propriétaire de la maison.

"Pour moi, chaque maison a son histoire et l’histoire de celle-ci a commencé depuis 1903, quand elle était un café-restaurant au bord du lac de Cambacérès, et où se fréquentaient les Parisiens venant canoter au lac et se promener dans les bois de Verrières pendant les vacances ou week-ends. Ensuite, en 1968, Mme Binh est venue séjourner pour participer à la négociation et à la signature des Accord de paix de Paris. Et donc pour moi c'est un signe historique très important", a-t-elle déclaré.

Appréciant les valeurs historiques de la maison, M et Mme Henrie se sont même rendus visite au Vietnam en 2018 et ont eu la chance de rencontrer l'ancienne vice-présidente Nguyên Thi Binh, la seule femme à avoir signé les Accords de Paris sur la cessation de la guerre et le rétablissement de la paix au Vietnam.

Mme Danièle Henrie accueille des descendants des anciens étudiants vietnamiens qui viennent visiter la maison où vivaient leurs parents ou grands-parents.

Exprimant son admiration, Mme Danièle a déclaré que Mme Binh avait été très "courageuse" parce qu'elle a accepté de quitter le Vietnam pour la France, loin de son mari et de ses enfants pour participer au processus de négociation qui a duré jusqu'à cinq ans. "Elle m'a dit que son seul désir à cette époque-là, en tant que mère, femme vietnamienne, était que le Vietnam retrouve ses origines et la paix. Chaque fois qu'elle regardait par la fenêtre, elle voyait les cygnes sur le lacs Cambacérès, et espérait pouvoir revenir bientôt chez elle. J’étais très émue !", a raconté Mme Danièle.

Prise de photo de la délégation vietnamienne devant la villa 17, rue Cambacérès, ville de Verrières-le-Buisson.

D’après elle, cette maison est non seulement un lieu chargé d’histoires du Gouvernement révolutionnaire provisoire du Sud Vietnam, mais aussi de souvenirs des étudiants vietnamiens qui ont résider pour faire leurs études en France pendant les années 1970-80. Beaucoup d'entre eux, et plus tard leurs descendants, fréquentaient ce lieu quand ils avaient l'occasion de venir à Paris. "Donc, chaque fois que les Vietnamiens viennent sonner à la porte, je les accueille toujours avec plaisir, sachant que cette maison est très importante pour eux", a-t-elle ajouté.

De retour dans ce lieu historique, l'ambassadeur du Vietnam en France, Dinh Toàn Thang, a été très touché, notamment par l'accueil chaleureux des hôtes, qui avaient un sentiment particulier pour le Vietnam. "La maison marque non seulement une période historique du pays, mais préserve également les sentiments des deux peuples du Vietnam et de la France", a affirmé l'ambassadeur vietnamien.

Texte et photos : Nguyên Thu Hà (France)


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