03/11/2018 10:00
Octobre, 8e mois du calendrier julien, 10e du calendrier grégorien, 9e du calendrier soli-lunaire vietnamien. On comprend qu’avec une telle difficulté, à savoir à quel rang il se trouve, ce mois est envie de faire la fête.
>>Quel bonheur: du bon air!
>>Repas de famille
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Octobre, un bon mois pour faire la fête.
Photo: CTV/CVN

Pour moi, venu de France, octobre avait toujours été le mois des marrons et des noix. Je n’évoque pas ici les bagarres de cours de récréation, ou les épithètes dont nous pouvions qualifier nos adversaires. Non, je fais simplement allusion à ces fruits à bogues que nous allions gauler le long des routes, armées de longues branches, alors que les arbres se coloraient de roux et que les premières feuilles mortes commençaient à jouer avec le vent.

Au Vietnam, point de feuilles roussies par l’âge, mais des rizières aux épis dorés qui se font raser de près, des châtaignes aussi que l’on va récolter dans les montagnes du Nord, et surtout des jours de fête pour tous les âges. Comme s’il fallait en rajouter dans la liesse pour mieux affronter les frimas du prochain hiver.
Éructations de plaisirs

Le Vietnamien est un joyeux drille, ou en tout cas, il aime se détendre. À tel point que non content de s’offrir des fêtes locales, il est allé faire son marché au rayon des fêtes internationales. Et, il a rempli son panier! Noël, Jour de l’An, St Valentin, Fête de la femme, celle des grands-mères, St Patrick, Fêtes des mères et des pères, ça n’arrête jamais.

L’OktoberFest, la Fête de la bière, un événement incontournable à Munich, en Allemagne.
Photo: ST/CVN

Pour le mois d’octobre, l’occasion est trop belle de ne pas manquer l’OktoberFest, la Fête de la bière. Dans un pays où la boisson mousseuse est reine, imaginez un peu les sommets que peut atteindre le jour de la Fête de la bière! C’est Munich puissance 10. Chopes, galopins, flûtes, calices, tulipes et autres demis s’en donnent à cœur joie. Les canettes, bouteilles, fûts et citernes de bière s’écoulent en fleuve dans les gosiers. Des tavernes provisoires s’ouvrent un peu partout. On voit surgir une armada de serveuses à perruques blondes et à corsages bavarois. Ça éructe dans tous les coins, ça tangue dans les rues, ça s’épand contre les murs…

J’ai toujours été surpris par l’extraordinaire capacité des Vietnamiens à ingurgiter ce breuvage, sans que leur tour de taille n’en subisse d’effet notoire! En effet, en Occident, le buveur de bière porte souvent le plus grosse et basse une bedaine flamboyante qui, telle un étendard, signe son appartenance à la confrérie des amoureux de la boisson maltée. Rares sont ceux qui peuvent se permettre de garder la ligne tout en levant régulièrement la pinte aux lèvres. Ici, il m’est souvent arrivé de participer à des ripailles au cours desquelles la consommation individuelle pouvait se mesurer en litres, sans que la ceinture abdominale des buveurs ne se laisse aller à un quelconque glissement de terrain. Et, qu’importe les explications aussi logiques soient-elles, il reste un fait: tous les hommes ne sont pas égaux devant la bière! 

Dites-le avec des fleurs!

Les femmes vietnamiennes ont bien de la chance. Quand nous, pauvres hommes,  n’avons aucun jour de fête dans l’année, elles ont trois journées pour entendre  des éloges et être l’objet de toutes les attentions: le 20 octobre, le 14 février et le 8 mars.

Comme s’il fallait régulièrement rappeler que, à part une brève participation masculine, sans elles, nous ne serions pas là... Et, pas question de passer à côté de ces journées d’hommages depuis une semaine, mon épouse me rappelait quotidiennement que le 20 octobre approchait, que dans deux jours ce serait le 20 octobre, que demain c’est le 20 octobre.

Et, cette année, pas question d’invoquer le travail ou un emploi du temps chargé: le 20 octobre, c’est un samedi. Il faut sacrifier au rituel.

D’abord, se lever à l’aurore, alors que l’on aimerait profiter de cette matinée pour en faire une grasse.

Ensuite, errer dans les rues à la recherche d’une marchande de fleurs qui, elle, a toutes les bonnes raisons de se lever tôt. Choisir les fleurs qui, je l’espère, traduiront le mieux l’amour intense, unique, inconditionnel, et plus encore que je porte à la partie féminine de ma famille. Oui, car il ne s’agit pas seulement de vénérer son épouse, c’est toute une solidarité féminine qui se lève ce jour-là, pour que depuis la nouvelle-née jusqu’à l’ancêtre la plus âgée, ce soit devant toute la gent féminine que l’homme s’agenouille.

Enfin, écumer les pâtisseries pour dénicher l’indispensable gâteau décoré de cœurs en crème au beurre qui, en accompagnant l’énorme bouquet, doit lever tous doutes sur ma qualité de mari et père attentionné. Et, comme c’est samedi, ne pas hésiter à en rajouter en trouvant un restaurant pour fêter comme il se doit la Journée de la femme vietnamienne! J’attends la fête des pères avec impatience.

La rue Hàng Ma (Hanoï), une des rues spécialisées dans la vente de produits pour Halloween.
Photo : Net/CVN

L’horreur dans la joie

Et, pourquoi se priver, puisque octobre c’est aussi Halloween. La Fête des lumières à la sauce horreur. Dans tous les magasins de jouets, les masques de vampires, zombies et autres habitants des limbes pendent en grappe orange et noir. Sur leurs cintres, des combinaisons de squelettes grimaçants attendent preneur. Des capes de vampires rouges et noires claquent au vent et gigantesques chauve-souris qui s’impatientent pour s’envoler le 30 octobre. Et, des citrouilles en veux-tu en voilà, déclinées sous tous les genres: masques, cerfs-volants, lanternes, écussons, casques…

Dans 15 jours, ça va être la Fête du potiron. Coiffés de la cucurbitacée, les enfants vont parcourir les rues et les ruelles pour frapper aux portes et demander des bonbons ou de la menue monnaie. Les enfants des maternelles, déguisés de noir et d’orange, vont défiler en longues chaines tenues par des maîtresses. Dans les boîtes de nuit et les cafés, les soirées Halloween et Vampires vont battre leur plein à s’en faire exploser les tympans.

Octobre au Vietnam, un mois à avoir la tête comme une citrouille!

Gérard BONNAFONT/CVN

 

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