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| L’ambassadrice de la culture vietnamienne auprès de l’AAFF, Mai Thu Huyên, représentante du pays, reçoit le prix du “Meilleur réalisateur” pour Quan Ky Nam, le 21 mai à Macao (Chine). |
| Photos : VNA/CVN |
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Placée cette année sous le thème “L’arbre de l’art est éternellement vert”, l’édition 2026 du Festival du film d’art d’Asie (AAFF) a rassemblé à Macao (Chine) des œuvres cinématographiques provenant de 45 pays et territoires.
Le Vietnam y était représenté par une sélection de quatre productions : Quan Ky Nam (La Taverne de Ky Nam), Chi dâu (La Belle-sœur), Bus - Chuyên xe môt chiêu (Bus - un aller simple) et le film d’animation Wolfoo và Cuôc dua tam gioi (Wolfoo et la course des trois mondes). Lors de la cérémonie de clôture du festival tenue le 21 mai, Quan Ky Nam a été honoré par le prix du “Meilleur réalisateur”. Une récompense pour Leon Lê.
Quan Ky Nam marque le grand retour du réalisateur Leon Lê sur le grand écran depuis le succès retentissant de Song Lang (Deux frères) en 2018. Ce long-métrage scelle également la seconde collaboration du trio emblématique : Leon Lê (réalisation et scénario), l’écrivaine Nguyên Thi Minh Ngoc (co-scénariste) et l’acteur Liên Binh Phat (rôle principal).
Un musée du Saïgon des années 1980
Quan Ky Nam a été tourné en pellicule 35 mm. Ce parti esthétique implique de braver de nombreux défis techniques, financiers et logistiques, notamment en post-production, dans un contexte où le pays manque encore d’infrastructures dédiées à ce support. Pour rappel, il y a 10 ans, le film Nguoi tro vê (Le Revenant) de la réalisatrice Dang Thai Huyên avait déjà été salué par l’industrie cinématographique comme étant potentiellement la toute dernière œuvre nationale tournée dans ce format.
Quan Ky Nam, dont le tournage s’est achevé fin 2023 pour une sortie nationale le 27 novembre 2025, vient enfin concrétiser l’aspiration profonde de Leon Lê pour la pellicule.
Le film, placé dans le contexte du Sud du Vietnam des années 1980, se concentre sur les relations discrètes et subtiles entre une femme et un homme, entre deux mondes partageant un même recoin de Saïgon. Le récit suit Ky Nam (incarnée par Dô Thi Hai Yên), une femme originaire du Nord, silencieuse et solitaire, habitée par des pertes indicibles, et Khang (Liên Binh Phat), un jeune traducteur fraîchement installé en ville pour un nouveau poste, porté par ses propres aspirations.
Leurs relations se tissent au cœur d’une société encore marquée par les barrières, les préjugés et les blessures, où même les regards les plus complices deviennent fragiles - non seulement par pudeur personnelle, mais par le poids même de l’époque dans laquelle ils vivent et aiment.
Le perfectionnisme, la finesse et la sensibilité de Leon Lê, attentif au moindre détail, font de Quan Ky Nam bien plus qu’un simple récit émouvant ou une œuvre mélancolique. Pénétrer dans l’univers du film, c’est de s’immerger dans un véritable musée du Saïgon d’autrefois - ses espaces, ses objets, ses rituels et des interactions humaines si familières à la mémoire des générations nées avant les années 1980.
C’est aussi un sanctuaire de silences suspendus, chargés d’une émotion indicible, où les sentiments s’expriment sans mots, invitant le spectateur à une attention recueillie. Enfin, le film s’offre comme un musée d’œuvres d’art auxquelles le cinéaste rend un vibrant hommage : une chanson, un fragment de poème, une séance de cinéma interrompue, un classique de la littérature, une nouvelle dont le protagoniste rejette la fin, ou encore l’ombre d’un poète errant éternellement dans les rues...
Promouvoir le 7e art national à l’étranger
Invitée d’honneur de l’AAFF 2026, la consule générale du Vietnam à Hong Kong et Macao (Chine), Lê Duc Hanh, a estimé que les événements internationaux tels que ce festival représentent des plateformes importantes permettant de présenter le cinéma vietnamien au public régional et mondial, tout en favorisant les échanges académiques et le partage d’expériences afin d’enrichir et d’élever le niveau artistique national.
Selon elle, les échanges entre les peuples, la coopération culturelle et le tourisme contribueront à renforcer la compréhension mutuelle et à consolider durablement les relations d’amitié traditionnelle et de coopération globale entre le Vietnam et la Chine.
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| Des scènes du film Quan Ky Nam du réalisateur Leon Lê. Photos : CTV/CVN |
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Présente lors de la cérémonie de remise du prix, l’ambassadrice de la culture vietnamienne auprès de l’AAFF, Mai Thu Huyên, a exprimé sa fierté d’être invitée pour la deuxième fois à ce festival. L’an dernier, elle avait reçu le prix de la “Meilleure réalisatrice et productrice” pour son film Doa hoa mong manh (Une fleur fragile).
Cette année, elle représentait le réalisateur Leon Lê pour recevoir le prix attribué à Quan Ky Nam. Elle a indiqué que les quatre films vietnamiens présentés avaient été retenus pour participer à la compétition officielle, tandis que Quan Ky Nam avait obtenu deux nominations dans les catégories du “Meilleur film” et du “Meilleur réalisateur”, avant de remporter finalement le deuxième.
Selon Mai Thu Huyên, les productions vietnamiennes ont multiplié récemment les apparitions remarquées dans plusieurs festivals régionaux et internationaux, où elles ont obtenu diverses distinctions. Cette dynamique contribue non seulement à renforcer les échanges culturels, mais aussi à affirmer progressivement la place du Vietnam sur la scène cinématographique mondiale.
Linh Thao/CVN










