30/05/2020 10:33
Gérant de la pagode de Phap Luân à Huê, le bonze supérieur Thich Tuê Tâm se consacre corps et âme aux malades déshérités. Une façon concrète, selon lui, de suivre les enseignements de Bouddha.
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Le bonze supérieur Thich Tuê Lâm s’affaire autour de ses patients.
Photo : CTV/CVN

Sise 3 rue Lê Quy Dôn, ville de Huê (province de Thua Thiên-Huê, Centre), la pagode de Phap Luân est une adresse très fréquentée par les fidèles bouddhistes. À la différence des autres pagodes imprégnées de l’odeur d’encens, Phap Luân dégage le parfum subtil des herbes médicinales. 

"Sauver la vie des malades, c’est mon choix"  

Vêtu d’une blouse blanche, le bonze supérieur Thich Tuê Lâm, gérant de la pagode de Phap Luân et directeur du Centre de médecine traditionnelle Tuê Tinh Duong Liên Hoa, s’affaire autour de ses patients. Consultations, préparation des remèdes, acupuncture…, ses journées sont bien remplies. "À vrai dire, les malades sans le sou ont plus besoin de médicaments et de soins que d’enseignements bouddhiques", a expliqué le bonze sexagénaire.

Sa journée de travail dure souvent jusqu’à la tombée de la nuit. Installé dans l’enceinte de la pagode de Phap Luân, le centre de Tuê Tinh Liên Hoa Duong, capable de traiter environ 250 patients par jour, est le plus important établissement de médecine traditionnelle à Huê.

Lors d’une  belle matinée ensoleillée, des journalistes visitent cette "pagode-infirmerie". Thich Tuê Tâm les accueille avec des tasses de thé préparées à partir d’herbes médicinales. Le visage jovial et de belle stature, le bonze supérieur respire la santé. Avec son doux sourire, il dévoile son histoire personnelle : "Chaque bonze est animé par un souhait particulier : certains veulent prêcher le Dharma, d’autres  souhaitent méditer ou écrire des livres liturgiques… Moi, j’ai choisi de soulager gratuitement des malades par la médecine traditionnelle".

Une mission sacrée qu’il a démarrée il y a 42 ans, alors qu’il était religieux dans la pagode de Huyên Không située au col de Hai Vân (Centre). Thich Tuê Tâm est issu d’une famille pratiquant la médecine traditionnelle dont son père s’était même fait une certaine réputation dans la région. "Sa profession, mon père l’a apprise à mes quatre grands frères dès leur plus jeune âge, hormis à moi, le cadet. On a commencé à me l’enseigner qu’à l’âge de 16 ans, alors que j’avais déjà commencé ma vie religieuse", a confié le bonze.

Après ses longues heures de méditation et de prières, Thich Tuê Tâm se mit à étudier la médecine orientale, à rechercher en forêt des plantes médicinales, à préparer des remèdes… Ses premiers patients furent des coreligionnaires et des habitants du village de Lang Cô, au pied de la montagne de Hai Vân. Studieux et consciencieux de nature, ce bonze s’est rendu jusqu’à Huê et Hô Chi Minh-Ville pour perfectionner ses connaissances auprès de maîtres religieux et de praticiens de médecine orientale.

En 1978, la pagode de Huyên Không déménagea dans la banlieue de Huê où le bonze médecin continua  sa mission sacrée : consultation (prise du pouls), préparation de remèdes, acupuncture, kinésithérapie… au service de patients pauvres. Et tout cela gratuitement.

À cœur vaillant, rien d’impossible

Le bonze supérieur Thich Tuê Lâm (1er à droite) faisant l’aumône.
Photo : CTV/CVN

En 1982, motivé par l’idée d’établir un Institut de médecine traditionnelle capable d’accueillir un grand nombre de patients, Thich Tuê Tâm décida de descendre de sa montagne. Accompagné de six confrères, le bonze médecin ouvrit une salle de consultation à la pagode de Tang Quang, dans le centre-ville de Huê. Avec le temps, cet établissement médical a fait parler de lui et le nombre de patients n’a cessé de croître.

Les efforts inlassables des bonzes ont porté leurs fruits : le Centre de médecine traditionnelle de Tuê Tinh Duong a vu le jour en 1989, installé initialement dans le domaine de la pagode de Diêu Dê. Il déménagea en 2005 pour s’implanter à proximité de la pagode de Phap Luân. Désormais, le bonze  Tuê Tinh Tâm est chargé d’assurer simultanément le poste de gérant de la pagode et celui de directeur du Centre de Tuê Tinh Duong Liên Hoa.

"Nous avons connu bien des difficultés pour la naissance du centre. Mais, à cœur vaillant, rien d’impossible !", a  souliqué le bonze avec un léger sourire. Jour après jour, Thich Tuê Tâm travaille sans relâche, avec un agenda chargé : levé à 04h00 du matin, méditation d’une heure, lecture des journaux, puis examens médicaux jusqu’au soir. Il s’occupe aussi des cours de médecine traditionnelle à l’intention de jeunes bonzes et aussi d’étudiants laïcs. Après le dîner, il se plonge avec délectation dans les livres de pharmacie et de méthodes thérapeutiques.

"Avec un agenda aussi chargé, comment pouvez-vous mener une vie religieuse comme les autres moines?". À cette question, Thich Tuê Tâm réplique avec joie: "Prendre soin des malades, leur sauver la vie, c’est ainsi que je vis ma vie religieuse".        

Actuellement, le Centre de Tuê Tinh Duong Liên Hoa continue de dispenser des soins et d’offrir des produits médicinaux aux patients défavorisés. Ceux qui bénéficient de conditions de vie aisées payent les  médicaments. La source de revenu du centre provient essentiellement de sa cantine qui propose des repas végétariens.

"Je suis content des activités du centre. Mon dernier souhait est de créer un centre de convalescence, aussi au profit des malades pauvres", a connu le moine philanthrope. Espérons que son vœu soit exaucé dans un proche avenir…
 
Nghia Dàn/CVN 

 
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