Tour de France : Groenewegen, un succès à point(s) pour BikeExchange

En battant de justesse Wout van Aert à Sonderborg, Dylan Groenewegen a collecté 120 points précieux. Pas pour le maillot vert mais le classement UCI, qui décidera à l'issue de la saison de la relégation de deux équipes du WorldTour, une première.

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Le coureur Dylan Groenewegen (droite).

Dix-huitième de ce classement compilant les résultats des trois dernières années, BikeExchange sentait dans sa nuque le souffle de Lotto, premier relégable. Au dernier décompte avant le départ du Tour de France, 21 points séparaient l'équipe australienne de la formation belge: 12.705 points contre 12.684. Un écart encore moindre que le boyau d'avance de Groenewegen dimanche 3 juillet.

Contre toute attente, le sprinteur néerlandais a été aligné avant la Grande boucle au Tour de Slovénie, malgré six étapes du montagneux Critérium du Dauphiné courues quelques jours plus tôt.

Cette participation inhabituelle à une deuxième course à étapes juste avant le Tour de France était-elle liée à la course aux points ? "Je ne crois pas" avait-il évacué en conférence de presse avant le Grand départ à Copenhague. "C'était une bonne préparation même si le Dauphiné était vraiment dur", assurait-il. Les faits lui donnent raison.

Fuglsang et Woods au Mercan'Tour

La plupart des équipes démentent tout calcul. "Nous essayons de ne pas nous concentrer là-dessus", assure Nicki Sorensen, directeur sportif d'Israel Premier Tech, actuellement en position de relégation comme Lotto, avec 12.346 points avant le Tour de France.

Pourtant, ses leaders Jakob Fuglsang et Michael Woods ont disputé fin mai la modeste Mercan'Tour Classic où ils ont signé un doublé avec 125 et 85 points à la clef.

Le discours est le même chez Lotto. "On est là pour gagner et faire notre course, pas pour regarder les points", affirme le patron de l'équipe belge John Lelangue.

Malheureuse, sa formation n'a que peu profité de Caleb Ewan entre le COVID-19, qui l'a privé de Milan-Sanremo et Gand-Welvelgem, puis sa chute dès la première étape du Giro. Mais le jeune Arnaud De Lie, dès sa première année pro, l'a maintenue proche de la ligne de la flottaison grâce à ses six succès ayant rapporté 1.505 points. Ainsi que le vétéran Philippe Gilbert, ayant cumulé 18 jours de course entre la fin de la saison des classiques et le début du Tour dans un programme assez inaccoutumé.

"Là où nous pouvons marquer le plus"

"Je ne pense pas que cela va augmenter le nombre de jours de course de l'équipe", estime le directeur sportif de Movistar Patxi Vila. "Mais changer notre programme, c'est certain, reconnaît-il. Nous courons là où nous pensons pouvoir marquer le plus de points. Ce n'est pas quelque chose que nous faisions. Ce n'est pas notre philosophie, mais maintenant, c'est une priorité."

Avec 13.272 unités avant le début de la Grande boucle, l'équipe espagnole est encore loin d'être sauvée et figure en queue de peloton au 16e rang.

"C'est du travail supplémentaire, décrit Patxi Vila. Ce (dimanche 3 juillet) matin, nous en avons discuté pendant deux heures. Même si le Tour est en cours, nous n'avons que huit coureurs ici mais 21 autres à gérer".

Dernières participations inhabituelles : EF Education (17e rang, 13.261 pts) et Israel Premier Tech s'aligneront en septembre à la première édition de la Maryland Cycling Classic, ont annoncé ses organisateurs. BikeExchange était déjà au programme.

Mais si plutôt que sur des courses de second rang, la lutte pour le maintien en World Tour se jouait à coups de bidon ? Dimanche 3 juillet, cinq coureurs, mais aucun de ceux des équipes en difficulté, ont été sanctionnés d'un retrait de 25 points pour avoir jeté un déchet en dehors des zones prévues.

AFP/VNA/CVN