Sri Lanka : le président veut former un gouvernement d'union

Le nouveau président du Sri Lanka, Ranil Wickremesinghe, a formellement invité les députés des différents partis à rejoindre un gouvernement d'union afin de relancer l'économie en faillite en entreprenant des réformes de fond, a déclaré son bureau dimanche 31 juillet.

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Le nouveau président sri-lankais Ranil Wickremesinghe prête serment le 21 juillet au Parlement à Colombo.

M. Wickremesinghe a pris ses fonctions au début du mois après que la colère de l'opinion publique face à la pire crise économique traversée par la nation insulaire a contraint son prédécesseur, Gotabaya Rajapaksa, à démissionner et fuir le pays.

Samedi 30 juillet, devant les moines influents du Temple de la Dent à Kandy, l'un des sanctuaires les plus sacrés du bouddhisme, le président a dit "souhaiter commencer un nouveau voyage", a indiqué son bureau dans un communiqué dimanche 31 juillet.

"Je voudrais entreprendre ce voyage et former un gouvernement qui rassemblerait tous les partis" du Parlement, une nécessité pour faire passer des "réformes douloureuses", selon lui.

Le président a écrit samedi 30 juillet à tous les députés du Parlement pour leur demander de rejoindre un gouvernement d'union. Il a concédé face aux moines que l'économie allait continuer à chuter cette année avec une contraction de 7,0%, mais qu'il s'attendait à une reprise l'année prochaine.

Le nouveau président a assuré qu'il œuvrait à "restabiliser l'économie". C'est une tâche difficile. "Mais si nous ne le faisons pas maintenant, ce sera plus difficile. Nous devons nous demander si nous devons essayer de guérir le patient en lui donnant des médicaments ou si nous devons le laisser mourir sans lui donner de médicaments".

L'inflation, qui atteint actuellement 60,8%, pourrait encore augmenter, a averti le président.

Le pays est confronté à une crise historique, subissant depuis des mois des pénuries de nourriture, de carburant, de matières premières et de médicaments, faute de devises étrangères nécessaires pour financer les importations.

Le Sri Lanka est actuellement en pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue d'un éventuel renflouement, mais les responsables estiment que le processus pourrait prendre des mois.

Le pays a fait défaut sur sa dette extérieure de 51 milliards d'USD en avril et, début juillet, d'immenses manifestations de Sri-Lankais excédés ont abouti au départ du président Rajapaksa, qui s'est réfugié à Singapour avant de démissionner.

Selon le Programme alimentaire mondial, près d'un quart des 22 millions d'habitants de l'île, a besoin d'une aide alimentaire, et plus de cinq familles sur six ne mangent pas à leur faim ou achètent des aliments de moindre qualité.

Le mois dernier, les Nations unies ont lancé un appel à l'aide internationale afin de réunir 47,2 millions d'USD et d'apporter une aide devenue vitale, à ce stade.


APS/VNA/CVN